Entre angoisse et système D, les patrons s'organisent pour faire face à l'absence d'une partie de leurs salariés

La fermeture des écoles va éloigner un certain nombre de salariés des lieux de production. L'Usine Nouvelle a interrogé ces entreprises où les possibilités de télétravail sont restreintes, et qui se préparent à cette nouvelle période difficile, entre système D et gestion des plannings.

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Entre angoisse et système D, les patrons s'organisent pour faire face à l'absence d'une partie de leurs salariés
"La fermeture des écoles risque d'avoir un fort impact sur notre organisation", craint le patron du spécialiste des machine outils Redex.

Les réunions de crise s'enchaînent un peu partout sur le territoire. Le principal sujet ? La fermeture des écoles durant trois à quatre semaines, actée par le gouvernement à partir du 6 avril pour tenter de faire face à la flambée de l'épidémie de Covid-19, qui va obliger les entreprises à se passer d'une partie de leurs salariés. "Les parents qui devront garder leurs enfants et ne peuvent pas télétravailler auront droit au chômage partiel", a prévenu Emmanuel Macron, lors de son allocution mercredi 31 mars. Un véritable casse-tête pour des entreprises, dont beaucoup sentait le vent de la reprise souffler.

"L'activité commençait à redémarrer, ça nous coupe les pattes", déplore Bruno Grandjean, PDG de l’entreprise de machine outils Redex. La fermeture des écoles va beaucoup peser et risque d'avoir un fort impact sur notre organisation, parce que ce sont des congés non planifiés. Et même si on maîtrise le télétravail et le protocole sanitaire, ce sera u?ne baisse de productivité, qui arrive au mauvais moment."

5 à 10% des salariés au chômage partiel

Prises de court par ce troisième confinement, les entreprises tentent de s'organiser en quatrième vitesse, en espérant que ces baisses d'effectifs ne perturbent pas trop les chaînes de production. "Nous avons des réunions avec les ressources humaines sur le sujet ce vendredi, explique Bruno Grandjean. Le premier point à éclaircir demeure le nombre de salariés concernés. "La fermeture des écoles va peut-être perturber l'organisation, mais on ne connaît pas encore l'ampleur de ces changements, estime Bernard Reybier, le PDG du groupe Fermob, qui fabrique du mobilier de jardin dans l’Ain. Nous avons demandé à nos managers d'être attentifs aux situations familiales et de les gérer avec un triptyque congés, renforcement du télétravail quand c'est possible et en dernier recours le chômage partiel".

Même son de cloche pour Bruno Voland, PDG de TRA-C industrie, une PME lyonnaise spécialisée dans l’assemblage et le traitement des métaux : "Pour le moment, tout le monde essaie de trouver une solution. Nous sommes à la campagne, c’est peut-être plus facile de se faire dépanner pour la garde des enfants. Mais nous avons immédiatement ouvert un dossier de chômage partiel, au cas où un de nos salariés en aurait besoin. Et bien sûr, on pourra s’entendre pour changer les dates des congés si besoin." Chez Mode Grand Ouest, une fédération rassemblant 110 entreprises de la filière textile, les premières données de terrain remontent. "Les fabricants s'attendent à une baisse de 5 à 10 % des effectifs", détaille Lidie Michaud, juriste au sein de la fédération.

Système D

Pour certaines entreprises, impossible de se passer d'une partie de leurs salariés. "Je ne peux pas me permettre de mettre des employés au chômage partiel en ce moment, lâche, catastrophé, un patron de PME spécialisée dans la fabrication de tissu, qui estime qu'il mettra la clé sous la porte en cas de retard dans les livraisons. "Nous pensons mettre en place une garderie sur le site de production pour maintenir l'activité, même si l'Etat nous l'interdit".

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