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[Entracte- BD] Radium girls ou quand les montres au radium empoisonnaient les ouvrières

Christophe Bys ,

Publié le

Vidéo Dans Radium Girls, la bédéiste Cy exhume une terrible histoire. Dans le New York des années folles, des femmes se sont empoisonnées en utilisant de la peinture au radium. Un hommage grandiose tant le travail graphique et le scénario sont des réussites. 

[Entracte- BD] Radium girls ou quand les montres au radium empoisonnaient les ouvrières
Dans ce roman graphique, Cy révèle une histoire largement inconnue du public français.
© Ed Glénat

C'est une histoire oubliée. Aux Etats-Unis, dans les années 20', pour produire montres et horloges avec des chiffres brillants même dans la nuit, on les recouvrait d'une peinture contenant du radium. Pour cela, les jeunes ouvrières qui s'attelaient à la tâche avaient adopté une méthode nommée "lip dip paints". Et le problème vient du lip, soit l'action d'humidifier le pinceau en l'introduisant dans la bouche... ce qui revenait à ingurgiter du radium. 

Soif de vivre

C'est cette histoire que sort de l'oubli et raconte brillamment la bédéiste Cy. Très bien scénarisé, le roman graphique replonge dans la vie d'un groupe de filles qui certes s'empoisonnent à petit feu, mais s'amusent aussi. Avant d'en mourir, elles sont vivantes et bien vivantes, elles courent les bals et les cinémas, se fâchent sur la question du droit de vote pour les femmes, partent à la plage...

Ce sont les années folles : la prohibition règne alors, on danse dans des bars clandestins. On découvre qu'à l'époque des policiers inspectaient les plages avec un mètre pour vérifier que les maillots des baigneuses n'étaient pas trop impudiques.

Une menace mortelle  

Quand survient les premières malades, personne ne fait le lien, l'information passe presque inaperçue. Puis, la coïncidence se fait de plus en plus pressante, transformant ce qui semblait un accident en hasard surprenant et bientôt en suspicion que quelque chose ne tourne pas rond. L'affaire devient alors judiciaire. L'employeur savait-il ? A-t-il sciemment caché les dangers de la peinture au radium ? Quelle indemnité pour ces femmes condamnées à une mort prochaine ? Cy ne s'épuise pas dans les prétoires et préfère imaginer une sorte de vengeance... qu'on laisse les lecteurs découvrir. 

Répétons-le le scénario est très bien écrit. Surtout, ce roman graphique brille par la qualité esthétique du travail de CY. Entièrement réalisé au crayon de couleur, dans des tons de violet et de vert (Cy explique n'avoir utilisé que huit crayons de couleurs différentes pour le réaliser), le dessin restitue merveilleusement le passé pas si lointain. Surtout le dessin de CY donne toute la fougue nécessaire à ce projet. Certaines planches grand format sur une ou deux pages sont des réussites totales, notamment celles d'un bal particulièrement soignées.

On trouve en fin d'album une interview avec l'auteure et un dossier expliquant comment cette histoire a contribué à changer le droit social des Etats-Unis. Beau et déchirant, Radium Girls rend un hommage étincelant à ces jeunes femmes sacrifiées et oubliées de ce côté de l'Atlantique. 

Cliquez ICI pour en savoir plus et lire un extrait de Atomic Girls

Atomic Girls par CyEditions Glenat collection Karma

 

Pour en savoir plus sur la véritable histoire des Radium Girls, cette vidéo de France Culture est très didactique:

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