ENSEIGNEMENTFRONDE DES IUT POUR UN DIPLOME DE QUALITELes directeurs d'IUT ont négocié avec le ministre de l'Education des notes éliminatoires pour garantir la professionnalisation du diplôme. Et attendent l'audit promis sur les moyens des différents établissements.

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FRONDE DES IUT POUR UN DIPLOME DE QUALITE

Les directeurs d'IUT ont négocié avec le ministre de l'Education des notes éliminatoires pour garantir la professionnalisation du diplôme. Et attendent l'audit promis sur les moyens des différents établissements.



Les directeurs d'IUT ont du vague à l'âme ! Au point d'avoir engagé ces jours derniers un véritable bras de fer avec le ministre de l'Education nationale, François Bayrou. Avec deux priorités : préserver la " qualité " du DUT, un diplôme professionnel prisé par les entreprises, et assurer le bon fonctionnement des 545 départements de cette filière en panne de moyens. De fait, après une rentrée universitaire plutôt calme, la contestation est venue d'un front inattendu. Celui de 400 responsables d'établissement dans toute la France. Et une journée de grève le 21 octobre suivie de quatre heures de négociations serrées autour de la table ronde organisée rue de Grenelle le 28 octobre auront à peine réussi à mettre les protagonistes d'accord. C'est dire que le climat reste tendu, alors même que le ministre inaugure cette semaine les groupes de travail sur la réforme de l'enseignement supérieur, dont l'équipe chargée de réfléchir sur la création d'une filière technologique. Au coeur des revendications ? La concrétisation formelle et effective de la réforme pédagogique décidée en avril 1994 et discutée au sein de commissions " ad hoc ", avec, notamment, un nouveau mode de validation du diplôme. Les directeurs d'IUT réclamant un système basé sur le principe d'une " note seuil " incontournable pour les deux ou trois matières principales. Des notes prises en compte tant pour le passage de la première à la deuxième année que pour l'obtention du DUT. Opposé à cette formule " sélective ", le syndicat étudiant Unef-ID a fait pression. Craignant des réactions comparables à celles qui avaient suivi la création du CIP (contrat d'insertion professionnelle), François Bayrou avait décidé de passer outre l'avis des commissions nationales. La moyenne générale suffirait. Du coup, les chefs d'entreprise s'en s'ont mêlés. " Pour eux planait une menace sur la professionnalisation même du diplôme ", souligne Jean-Jacques Challes, directeur de l'IUT de Metz. Certains patrons imaginant déjà de passer au crible les bulletins de notes des candidats à l'embauche pour rétablir un tri par eux-mêmes. Résultat : après d'âpres discussions ces derniers jours, le principe de la note seuil est acquis, ainsi que celui d'une note de stage, délivrée par un jury auquel participeront des tuteurs d'entreprise, et qui pourra à elle seule être éliminatoire pour le diplôme. Cependant, l'Adiut (Assemblée des directeurs d'IUT) réclame aussi un plan d'urgence au même titre que les universités. " On crée de nouveaux départements, avec maintenant des projets tutorés sans personnel supplémentaire ", plaide Jean-claude Martin, président de l'Adiut. Or avec 52 600 francs en moyenne, un étudiant d'IUT coûte moins cher qu'un futur ingénieur (72 700 francs). François Bayrou l'a donc promis, il fera mener un audit sur les be- soins des IUT. Des initiatives qui restent bienvenues à l'heure où ces établissements enrayent à peine la chute des candidatures, notamment dans les spécialités du secteur se- condaire.





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USINE NOUVELLE N°2569

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