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Eno ouvre ses ateliers au handicap

Cécile Maillard ,

Publié le

Sur les 85 salariés de son usine niortaise, une vingtaine est en situation de handicap mental. Comment s’y prend le premier fabricant français de planchas ?

Eno ouvre ses ateliers au handicap
Chaque travailleur handicapé travaille en binôme avec un ouvrier qualifié.
© D.R.

Raphaël décroche les plaques de fonte fraîchement émaillées et les raccroche sur un convoyeur. Comme d’autres travailleurs de l’entreprise Eno, installée dans les ateliers d’une ancienne fonderie à Niort (Deux-Sèvres), l’ouvrier est handicapé. Sur 85 personnes actuellement dans l’usine, une vingtaine sont en situation de handicap mental. Un engagement personnel des deux dirigeants, Laurent Colas et Antoine Thomas. Amis d’enfance, diplômés l’un d’une école d’ingénieurs, l’autre d’une école de commerce, ils ont repris la société en 2003. Eno, premier fabricant mondial de matériel de cuisson pour bateaux, développe surtout sa production de planchas émaillées, qui représente aujourd’hui 60 % de son chiffre d’affaires (10 millions d’euros en 2015). En treize ans, son effectif a doublé.

Depuis une dizaine d’années, l’entreprise a noué un partenariat avec Les Ateliers niortais, une entreprise adaptée (un Esat, mais à statut public) qui lui propose le travail de 15 à 25 personnes handicapées, selon les périodes. « On parle de handicap mental, mais il s’agit surtout d’un handicap social, d’un manque d’autonomie, d’illettrisme, explique Laurent Colas. Ces personnes doivent absolument travailler avec des encadrants. » Les travailleurs handicapés fonctionnent en binôme avec un ouvrier qualifié. Au départ, certains salariés l’ont mal accepté, estimant que cela dévalorisait leur travail. « En réalité, sur chaque poste, une partie des tâches peut être déléguée, estime Laurent Colas. Le soudeur, par exemple, apprécie qu’on lui prépare ses pièces, qu’on les lui nettoie après soudure. Cela permet aux salariés qualifiés de se consacrer au cœur de leur métier, là où ils apportent le plus de valeur ajoutée. » Mais les salariés ne peuvent pas répondre à toutes les sollicitations des travailleurs handicapés. Les Ateliers niortais mettent à disposition de l’entreprise un moniteur pour dix travailleurs handicapés. « Présents en permanence, ils se placent à des points clés de la production, où ils peuvent repérer les éventuelles erreurs, précise le patron d’Eno. Sans cet accompagnement, ce ne serait pas possible. »

Tirer parti de leurs compétences particulières

Répartis dans tous les services, les travailleurs handicapés travaillent principalement au sein des ateliers de montage et d’emballage. « On constate qu’ils ont des compétences d’observation, d’implication, de motivation, observe Laurent Colas. Ils ont souvent un goût prononcé pour l’ordre, sont très méticuleux, repèrent le moindre défaut sur une plaque. Nous avons tâché de tirer parti de ces compétences. »

Certains ont dix ans d’ancienneté, d’autres ne restent que très peu de temps. Cinq travailleurs handicapés ont été recrutés en CDI. « Nous embauchons une personne quand elle a pris son autonomie sur certaines tâches. C’est un événement que l’on célèbre tous ensemble. » En revanche, les contrats de prestation sont les premiers arrêtés en période de tourmente économique. Ce fut le cas après 2008, quand Eno a subi de plein fouet les conséquences de la crise sur le marché du nautisme. Aujourd’hui, l’entreprise se heurte à un autre problème : son partenaire a du mal à trouver des personnes handicapées intéressées par ce type de travail. Quand les anciens partent, ils sont difficilement remplacés.

Laurent Colas s’agace de ceux qui soupçonnent Eno de faire appel à des personnes handicapées pour réaliser des économies. « Si certaines travaillent mieux que les permanents, d’autres nous demandent beaucoup d’attention… On a fait ce choix parce qu’on y est attaché. C’est tout. » 

Les clés de la réussite

  • Repérer sur chaque poste, en s’appuyant sur les ouvriers qualifiés, les tâches qui peuvent être déléguées. Et celles qui correspondent aux compétences des travailleurs handicapés.
  • Se faire aider de l’organisme extérieur pour l’encadrement. Ces moniteurs rassurent les personnes handicapées et l’entreprise, puisqu’ils vérifient la qualité du travail.
  • Accepter un certain turn-over. Certains travailleurs handicapés ne s’habituent pas, d’autres n’ont plus la résistance physique suffisante en prenant de l’âge.

 

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