ENERGIEMOINS DE CROISSANCELa consommation d'énergie restera stable en France en 1996 en raison de la faible croissance économique et des gains dans l'efficacité de son utilisation.

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ENERGIE

MOINS DE CROISSANCE

La consommation d'énergie restera stable en France en 1996 en raison de la faible croissance économique et des gains dans l'efficacité de son utilisation.



A moins d'un prochain hiver particulièrement rigoureux, on peut évaluer à environ 1 %, hors effet de prix, le progrès de la production française d'énergie attendu en 1996, à comparer avec 2,3 % en 1995. Deux raisons majeures à cette prévision. Tout d'abord, le développement de l'économie sera plus lent cette année (+ 1,6 %, contre + 2,1 % l'an passé). Et la demande d'énergie lui est directement liée. Seconde raison : après une remontée au début des années 90, l'" intensité énergétique " s'oriente à nouveau à la baisse et devrait diminuer sensiblement en 1996. L'intensité énergétique est le ratio - hors effet de prix - entre la consommation d'énergie corrigée des aléas climatiques et le Produit intérieur brut. Plusieurs causes sont à l'origine de cette tendance : les activités tertiaires, moins consommatrices d'énergie, ont une part croissante dans la production ; les efforts d'investissement et les gains de productivité réalisés par les entreprises débouchent sur des économies ; enfin, les consommations de carburant augmentent peu (moins de 1 % l'an) en dépit de la forte progression du trafic routier de marchandises (+ 6 % en 1994 et + 7,5 % en 1995). Pour les particuliers, les parcours automobiles s'allongent, mais la consommation de carburant diminue dans l'ensemble (même si les consommations de gazole et de super sans plomb s'élèvent). En 1995, la production d'énergie primaire en France a atteint 116,2 Mtep. La croissance (2,3 %) a été exclusivement assurée par la production d'électricité d'origine nucléaire (+ 3,8 %). La disponibilité du parc nucléaire s'est élevée à 81 %, avec une puissance installée stable à 58,5 GW. Le nucléaire a couvert ainsi près de 37 % (36 % en 1994) des besoins en énergie du pays, qui se sont établis à 226,4 Mtep et dont la progression (1,7 %) s'explique uniquement par une rigueur climatique un peu plus forte qu'en 1994. La consommation de pétrole (94,1 Mtep) a diminué de près de 1 %. Elle n'en constitue pas moins 41 % de la demande d'énergie. Le fait marquant est la forte avance de l'utilisation du gaz naturel (+ 2,5 %), notamment dans l'industrie (+ 8 %), où il atteint une part de marché de 22 %. Dans le résidentiel tertiaire, cette part de marché est de 20 %. La période récente a été caractérisée par une demande d'énergie plus élevée que prévu à l'échelle mondiale, mais la tendance pourrait se retourner au second semestre (lire le commentaire de notre invité).













L'invité de la semaine

Philip Starling


Chef de la division " produits pétroliers " de l'Agence internationale de l'énergie

"En mars et avril, les prix sur le marché spot ont été bien au-dessus de ceux du marché à terme, ce qui a contribué à une forte volatilité des cours.

Nous anticipons un important changement pour le reste de cette année. Principalement en raison d'une forte croissance des approvisionnements pétroliers des pays non membres de l'Opep, il est prévu que les besoins en pétrole brut d'origine Opep seront bien inférieurs aux niveaux actuels de production, en supposant des conditions climatiques normales et l'absence de rupture inattendue des approvisionnements. Dans la pratique, la production de pétrole brut de l'Opep a augmenté. Le retour d'exportations limitées de pétrole irakien s'ajoute au potentiel. Ceci devrait amener une offre additionnelle de 800 000 barils/jour à l'offre mondiale sur une période de un à trois mois. Les prix ont baissé à partir de leur maximum du printemps. L'incertitude plane sur l'amplitude de baisses à attendre dans les prochains mois, et sur la réaction des pays de l'Opep, dans le cas où, comme il est prévu, les approvisionnements seraient excessifs. "

USINE NOUVELLE N°2553

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