Quotidien des Usines

Endress+Hauser résiste face à la crise

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Entretien Les investissements, l’innovation et la diversification ont été les trois axes sur lesquels le groupe Endress+Hauser a misé pour sortir renforcé de la crise. Avec profit, en 2010, le groupe a consolidé sa position financière, aujourd’hui très sûre. Urs Endress, le PDG d'Endress+Hauser pour la France détaille la stratégie du groupe.

Endress+Hauser résiste face à la crise © DR

L’Usine Nouvelle : Quelle est la situation de votre groupe ?

Urs Endress : En 2009, Endress+Hauser a pour la première fois de son histoire, vu son chiffre d’affaires reculer de 9,5 % par rapport à 2008, à 1,096 milliard d’euros. Le nombre des employés, lui, est resté pratiquement inchangé. Fin 2009, l’entreprise comptait 8419 collaborateurs dans le monde, soit 15 personnes de moins qu’un an plus tôt. Rappelons qu’au cours des cinq dernières années, Endress+Hauser a créé 2125 emplois, dont 1418 en Europe. Pour la seule région franco-germano-suisse près de Bâle, 775 postes ont été créés au cours de cette période.

Le groupe, dont le siège social est à Reinach en Suisse, est parvenu à enregistrer un profit pour l’exercice en question. Quant à la capacité financière de notre entreprise familiale, elle a augmenté une fois de plus. Notre bilan est parfaitement sain, davantage encore que lors de l’année-record 2008. Les liquidités ont fait un bond, passant à 244,3 millions d’euros (+34,0 pour cent). Pour un total de bilan de 1,048 milliard d’euros (+1,0 pour cent), l’entreprise a augmenté sa part de capitaux propres de 3,6 points à 64,9 %. Les emprunts bancaires ont diminué de 10,3 millions, passant à 67,1 millions d’euros.

L’UN : Quelle a été le domaine industriel le plus touché lors de la crise ?

UE : Nous avons enregistré un recul douloureux dans l’industrie chimique, le secteur le plus important pour l’entreprise. Les pertes de chiffre d’affaires ont concerné principalement les pays industriels classiques comme les États-Unis, l’Allemagne et le Japon. Globalement, Endress+Hauser s’est maintenu à un meilleur niveau que le secteur de l’automatisation des process qui a enregistré un recul de 16 %.

L’UN : Comment avez-vous réagi ?

UE : Nous avons tout d’abord, renforcé le réseau mondial de commercialisation et de production. Une filiale propre au Qatar devrait donner des ailes aux activités au Proche-Orient, et un Sales Center en Lituanie, améliorer le suivi des États baltes. Au cours des cinq dernières années, nous avons investi plus de 400 millions d’euros pour renforcer notre compétitivité. En 2009 par exemple, Endress+Hauser a ouvert des sites spécialisés dans la mesure du débit, du niveau et de la pression en Inde. L’usine d’appareils de mesure du niveau et de la pression de Maulburg dans le sud de l’Allemagne a achevé d’importants travaux d’agrandissement et de modernisation. Endress+Hauser Conducta, le spécialiste de l’analyse physico-chimique implanté à Gerlingen près de Stuttgart, a réalisé une importante étape en agrandissant son site. À Wroc?aw, le Sales Center Polonais a emménagé dans un nouveau bâtiment. Un nouveau centre de logistique à Shanghai améliore la distribution des marchandises en Chine. Parallèlement, les dépenses pour la recherche et le développement sont passées à 94,1 millions d’euros (+ 6,0 %), soit 8,6 % du chiffre d’affaires net. Les deux cents demandes de brevet – autant qu’en 2008 – témoignent d’une force d’innovation intacte. Avec une participation minoritaire dans la société américaine Integrated Sensing Systems Inc. (ISSYS), le groupe s’est assuré un savoir-faire dans le domaine de la débitmétrie par microcapteurs selon le principe de Coriolis. Et grâce à l’acquisition de la majorité de la société britannique MHT Technology Ltd., Endress+Hauser a renforcé ses compétences dans le domaine du jaugeage des cuves et de l’automatisation des parcs de stockage.

Deux entreprises du groupe seulement, Endress+Hauser Wetzer, le spécialiste de la mesure de la température de Nesselwang en Allemagne, et Innovative Sensor Technology, le fabricant de capteurs en Suisse, ont dû prendre des mesures de réduction du temps de travail.

L’UN : Quelles sont vos prévisions pour cette année ?

UE : Nous pensons que les marchés en croissance reprendront rapidement de l’importance. Outre en Asie, en Amérique latine et au Proche-Orient, les activités vont notamment se développer en Afrique. Endress+Hauser voit dans les nouveaux défis de protection du climat, d’utilisation des ressources, d’efficacité énergétique, de biotechnologie et de mutations démographiques, d’importants moteurs de développement. Au bout de premiers quatre mois de 2010, notre carnet de commandes dépasse nettement les chiffres de 2009 et la croissance du chiffre d’affaires est supérieure aux objectifs, prudents, de 5 à 6 %. Les activités ont bien repris aux États-Unis, tout comme en Allemagne. La Russie a vite récupéré et la Chine a retrouvé une croissance dynamique. En Europe, seuls les pays scandinaves sont encore en phase de récession. Si cette évolution persiste, il est possible que nous atteignions une croissance de 10%. Mais même dans ces conditions, nous n’atteindrions pas le niveau de chiffre d’affaires de 2008. Le groupe s’attend à ce que, malgré la croissance, les bénéfices restent au même niveau qu’en 2009. Quoi qu’il en soit, la prudence est de mise car en principe, les causes de la crise n’ont pas été éliminées. Le futur reste sujet à de nombreuses incertitudes. Si l’année 2009 a été difficile, 2010 ne sera en aucun cas une année facile, et il est fort probable que la crise va continuer de nous accompagner pendant un certain temps encore…

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