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"Encore trop peu d’entreprises marocaines sont en bourse", selon le patron de la place de Casablanca

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L’Usine Nouvelle a rencontré Karim Hajji, directeur général de la Bourse de Casablanca, en marge de la World investment conference le 22 mars à Marrakech. Il fait le point sur l’avenir du marché financier marocain.

Encore trop peu d’entreprises marocaines sont en bourse, selon le patron de la place de Casablanca © DR

L'Usine Nouvelle : La bourse de Casablanca dont la capitalisation reste modeste à environ 45  milliards d’euros vient de céder 25% sur deux ans, n’est ce pas inquiétant pour l’avenir du marché financier marocain ?

Karim Hajji : Lors de la crise de 2008, la bourse de Casablanca avait plongé beaucoup moins que le reste du monde car nous n’avons reculé que de 14% seulement. Mais en fait, par la suite, la correction s’est poursuivie dans le temps car nous n’avons pas de mécanismes qui permettent de corriger les excès de valorisation comme la vente à découvert notamment. De plus, malheureusement les résultats financiers des entreprises cotées à Casablanca ne sont pas au rendez-vous depuis deux ans, ce qui n’a pas incité les investisseurs à retourner vers le marché.

Justement comment faire pour attirer des investisseurs, notamment les épargnants particuliers ?

Beaucoup de travail est déjà fait en ce sens, avec par exemple une "école de la bourse" qui forme 3 000 personnes tous les ans. Pour susciter l’intérêt des épargnants nous avons aussi lancé un concours qui s’appelle les "champions de la bourse" avec un prix qui sera attribué au meilleur portefeuille virtuel. Nous avons créé aussi un programme auprès des lycées qui s’appelle "La bourse en action" décliné sur 8 établissements secondaires à Casablanca et sera même utilisé par l’association "Junior achievement" à travers le monde.

Et du côté des entreprises, il faut convaincre d’entrer sur le marché pour se financer…

Oui et pour cela nous visitons 200 entreprises tous les ans, presque une par jour avec malheureusement assez peu de succès jusqu’à présent. Aujourd’hui, la place compte 76 sociétés, et c’est vrai qu’il y a trop peu d’entreprises cotées. Mais, je ne désespère pas de voir plusieurs nouvelles introductions sur le marché cette année.

La bourse de Casablanca est le théâtre d’un grand nombre d’opérations sur de grosses valeurs rachetées par des groupes internationaux comme la Centrale laitière acquise par Danone ou Maroc Telecom dont les 53% détenus par Vivendi doivent être vendus. N’y a-t-il pas un  risque fort de diminution de la liquidité ?

Non, car en ce qui concerne Centrale laitière, le groupe SNI détient toujours un petit pourcentage qu’il a prévu d’introduire en bourse. Centrale Laitière ne sortira pas de la bourse et sa liquidité sera même améliorée après cette opération. Pour Maroc Telecom, les accords qui seront pris avec le futur acquéreur mentionneront clairement que le groupe restera coté à la bourse de Casablanca. Il n’est pas question de voir sortir cette valeur phare du marché.

On a assisté ces derniers mois à de nombreux "profit warning", la qualité de l’information financière est-elle bonne, selon vous ?
Elle peut être clairement améliorée, notamment par sa diffusion en langue anglaise car nous avons beaucoup d’investisseurs étrangers venant de pays anglophones.

Enfin, qu’en est-il du projet "Casablanca financial city", ce projet d’un grand complexe d’affaires dédié à la finance au centre de Casablanca ?

Il est plus que jamais d’actualité. Beaucoup de textes de loi ont été élaborés pour proposer un cadre règlementaire attractif aux entreprises marocaines ou internationales du secteur financier qui souhaiteraient s’implanter à Casablanca dans ce centre. C’est un projet majeur qui se situe à l’échelle de la sous-région : l’Afrique du nord, l’Afrique de l’ouest et centrale francophone. Tout est fait pour que ce projet soit bien visible en 2015.

Propos recueillis à Marrakech par Pierre-Olivier Rouaud
 

 

 

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