Abonnez-vous Identifiez-vous

Identifiez-vous

Vos codes d'accès sont erronés, Veuillez les saisir à nouveau. Mot de passe oublié ?

L'Usine Matières premières

En Savoie, la métallurgie a de l'avenir

, ,

Publié le

Dans les vallées alpines, les métaux sont le premier secteur industriel. Les entreprises investissent, embauchent et exportent.

En Savoie, la métallurgie a de l'avenir
Avec des entreprises aux carnets de commandes bien remplis et des start-up innovantes, la métallurgie savoyarde se porte bien.

Certains chiffres en disent plus qu’un long discours. En Savoie, le plus gros employeur privé est Ugitech, à Ugine, avec 1 200 salariés, un fabricant de barres en acier inoxydable et d’alliages, filiale du groupe allemand Schmolz & Bickenbach. Il est suivi par General Electric à Aix-les-Bains, avec 900 personnes. Le groupe américain a mis la main en octobre 2015 sur le site aixois d’Alstom (ex-Savoisienne). Autre caractéristique de l’économie locale, l’industrie de la neige a engendré une importante activité industrielle, comme la fabrication et la maintenance des remontées mécaniques, avec les entreprises Joly & Philippe, le groupe MND, Doppelmayr et le groupe Pomagalski, présents sur les marchés internationaux.

L’innovation, facteur de différenciation

La métallurgie est une histoire ancienne en Savoie, avec des entreprises plus que centenaires qui comptent de nombreux leaders mondiaux. « Ces groupes se sont appuyés sur de petites sociétés qui ont grandi à leurs côtés, explique Jean-Patrick Bailhache, le secrétaire général de l’Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM) de Savoie. D’où un tissu industriel savoyard très diversifié. » À Saint-Jean-de-Maurienne, Trimet France, une ancienne filiale de Rio Tinto reprise en 2013 par le groupe allemand Trimet, produit 145 000 tonnes d’aluminium, contre 95 000 avant la reprise. Les engagements annoncés ont été tenus, avec un programme d’investissement de 100 millions d’euros sur trois ans et une centaine d’embauches. L’usine emploie 580 personnes et a retrouvé sa capacité de production, ce qui profite à ses sous-traitants. On estime que pour un emploi chez Trimet, trois sont induits sur le territoire. En 2015, l’usine a acheté 50 millions d’euros de biens et services, dont 30 % à des fournisseurs mauriennais et 20 % à des sous-traitants régionaux.

La métallurgie est le premier secteur de l’industrie savoyarde. Malgré des fermetures en 2015, notamment GrafTech et MT Technologies, les indicateurs économiques sont positifs, avec des carnets de commandes pleins et des investissements. Ce dynamisme bénéficie à la croissance de start-up comme Dense Fluid Degreasing (DFD) au Bourget-du-Lac, qui fabrique et commercialise des procédés de nettoyage, de dégraissage et de départiculage de pièces au CO2 supercritique. Développée depuis 2011, cette technologie brevetée offre une alternative propre aux procédés lessiviels traditionnels, solvants chlorés ou pétroliers. « Notre objectif est de démocratiser l’usage du CO2 supercritique pour le nettoyage de pièces mécaniques et de textile, explique Dominique Rossignol, le PDG de DFD. Cet usage inédit implique un changement culturel chez les industriels, car on ne nettoie plus les pièces avec des produits liquides, mais avec du gaz sous pression. » Le développement a été achevé en 2015 après un investissement de 1,5 million d’euros. La première machine a été installée en septembre dans la vallée de l’Arve, chez Eclide, spécialisé dans le microdécolletage de pièces en alliages cuivreux et polymères. DFD vise un chiffre d’affaires de 5 millions d’euros dans cinq à six ans, dont 60 % à l’export.

L’innovation comme facteur de différenciation, c’est aussi la stratégie adoptée par Atawey, une autre start-up du Bourget-du-Lac qui conçoit et fabrique des équipements de stockage d’énergies renouvelables sous forme d’hydrogène. Créé en 2009 par deux associés, Atawey emploie huit personnes et prévoit pour 2016 un chiffre d’affaires de 1 million d’euros. « Ce sont des systèmes autonomes de stockage massif et longue durée de l’hydrogène, explique Jean-Michel Amaré, son président. Nous sommes dans une logique décentralisée : l’énergie est produite et consommée localement. » Après une phase de R & D qui a nécessité un investissement de 2 millions d’euros, l’entreprise finalisera en décembre une levée de fonds de 1,5 million d’euros pour accélérer l’industrialisation de ses produits et vise l’international d’ici à deux ans.

Avis de recherche de fraiseurs et de chaudronniers

Cette stratégie de niche est associée à une forte tradition exportatrice. C’est le cas de Timet, à Ugine, seul producteur français d’alliages de titane, filiale du groupe américain Titanium Metals et d’Areva, et de MSSA, sous pavillon japonais à Pomblière-Saint-Marcel, la seule usine française qui fabrique du sodium, du chlore et des dérivés. En Haute-Savoie voisine, à Saint-Pierre-en-Faucigny, Cime Bocuze est l’unique fabricant français de composants en métal lourd à base de tungstène. Cette filiale du groupe autrichien Plansee commercialise sous la marque Plansee Tungsten Alloys des alliages fabriqués à partir de poudres métalliques et exporte 80 % de ses produits dans 37 pays. Avec 68 salariés, il enregistre un chiffre d’affaires de 26,1 millions d’euros.

En Savoie, un salarié sur deux travaille dans l’industrie. Mais dans certains métiers en tension (fraiseurs, chaudronniers, soudeurs, régleurs), les candidats ne se bousculent pas, au point que l’UIMM affichait en mars 2 000 offres de recrutement dans la métallurgie en Haute-Savoie et 800 en Savoie. Des industriels locaux n’ont pas hésité au printemps à placarder dans les abribus des affiches sous forme d’avis de recherche. Dès son arrivée à Saint-Jean-de-Maurienne, Trimet a monté un centre de formation interne, Cap’Alu. Avec succès : 71 personnes y sont passées en contrat de professionnalisation et 75 % d’entre elles ont été embauchées. 

« Notre politique d’innovation a évolué »

Loïc Maenner, directeur des opérations Trimet France à Saint-Jean-de-Maurienne

  • Comment la production a-t-elle évolué depuis l’arrivée de Trimet  ?

Après avoir longtemps été focalisés sur le fil aluminium, nous avons diversifié notre offre et investi dans une machine de lingots d’alliage pour les fonderies automobiles. C’est un marché que Trimet à Essen (Allemagne) connaît bien. Aujourd’hui, ce marché représente 15 % de notre production. Notre marque de fabrique, c’est la réactivité, la rapidité et le pragmatisme.

  • Avez-vous revu votre politique d’investissement ?

Pour réduire le coût logistique de nos matières premières, qui représentent plus de la moitié de nos coûts de production, nous avons investi dans un silo pour l’alumine, en cours de construction. Nous travaillons aussi sur la fiabilité de nos installations et sur l’efficacité de nos procédés, un programme de 15 millions d’euros. Enfin, un projet est en cours d’étude pour développer une activité de recyclage sur le site, sur le modèle appliqué par Trimet dans son usine d’Essen, où la moitié de la production vient du recyclage. C’est un projet à échéance 2017-2018.

  • Quelles sont vos priorités en matière de R & D ?

Notre politique d’innovation a évolué. Nous axions la recherche sur les procédés d’électrolyse. Nous avons renforcé la R & D sur le site et nous nous appuyons sur la force de frappe de Trimet à Essen, qui dispose d’un gros laboratoire, avec 30 personnes, où de nouveaux alliages sont développés. Nous sommes désormais plus actifs sur la recherche de nouveaux alliages et de nouvelles applications. 

Réagir à cet article

Testez L'Usine Nouvelle en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

1000 INDICES DE REFERENCE

  • Vous avez besoin de mener une veille sur l'évolution des cours des matières, la conjoncture et les coûts des facteurs de production
  • Vous êtes acheteur ou vendeur de produits indexés sur les prix des matières premières
  • Vous êtes émetteur de déchets valorisables

Suivez en temps réel nos 1000 indices - coût des facteurs de production, prix des métaux, des plastiques, des matières recyclées... - et paramétrez vos alertes personnalisées sur Indices&Cotations.

 

LES DOSSIERS MATIERES

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte
Suivez-nous Suivre Usine Nouvelle sur Facebook Suivre Usine Nouvelle sur Twitter RSS Usine Nouvelle