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L'Usine Agro

En ripostant sur les vins, la Chine vise la France, l'Italie et l'Espagne

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Analyse Ce n’est pas par hasard si la Chine a annoncé aujourd’hui, 5 juin, qu’elle avait accepté la plainte de l’association chinoise des producteurs de vins pour une enquête anti-dumping et antisubventions des vins européens. Elle frappe les pays du Sud de l’Europe concernés par ce type d’exportations et ouvre un front interne dans ces pays après avoir créé un premier front entre les différents pays européens.

En ripostant sur les vins, la Chine vise la France, l'Italie et l'Espagne © jean-louis Zimmermann - Flickr c.c.

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Il n’a pas fallu une journée pour que la Chine riposte à la mise en place (pour 6 mois) de la taxe anti-dumping sur les panneaux solaires mise en place par la commission de Bruxelles. Elle l’a fait en choisissant astucieusement son secteur et les pays concernés. En acceptant officiellement une plainte déposée par son association nationale de producteurs de vin (la CADA), elle porte le fer sur un secteur clé pour les pays qui sont partisans d’une ligne ferme en matière de politique commerciale : c’est-à-dire principalement la France, l’Italie et l’Espagne. 

La France est le premier importateur de vin en Chine avec une part de marché de 47,7 % en volumes et la Chine est le cinquième marché des exportateurs français. Et dans la réalité ces volumes sont sans doute bien supérieurs car une grande partie des exportations des vins et spiritueux français passe par Singapour pour rejoindre ensuite l’Empire du milieu. L’Espagne et l’Italie sont également de gros producteurs et si leur niveau d’exportations n’atteint pas en Chine celui de la France, ces pays font leur plus belle progression là-bas. Après avoir ouvert un front de division entre les pays européens, en réussissant à convaincre dix-huit d’entre eux de s’élever contre la décision de la Commission sur la taxe panneaux (suite à une visite opportune du premier ministre chinois à Angela Merkel) la Chine ouvre désormais un front à l’intérieur même de ces pays.

Le PDG de Pernod-Ricard avait anticipé le danger

Avant même cette décision, Pierre Pringuet, le PDG de Pernod-Ricard, qui était en Chine la semaine dernière pour y célébrer le succès du cognac français, confiait à l’Usine Nouvelle "je pense que cette taxe panneaux serait une très mauvaise idée. Elle risquerait d'avoir des répercussions sur les exportations françaises, notamment de vins et spiritueux." Il ajoutait en défense et illustration : "La Chine a joué remarquablement le jeu de l'OMC ces dernières années, en ouvrant, plus que d'autres pays, comme l'Inde, ses frontières aux importations et aux entreprises étrangères". Les pays comme la France, qui prône une relation avec la Chine fondée sur des pratiques loyales, quitte à mettre en œuvre des mesures répressives, vont désormais devoir affronter leurs propres exportateurs. Le président Hollande a demandé, mercredi 5 juin, une "réunion" des 27 pays de l'UE pour dégager "une solidarité de point de vue" sur les négociations commerciales avec la Chine.

Anne-sophie Bellaiche

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