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En Provence-Alpes-Côte d’Azur, victoire d’Estrosi et enracinement du Front National

Publié le

Le Conseil Régional de Provence-Alpes-Côte d'Azur sera finalement géré par le leader des Républicains, Christian Estrosi, vainqueur de Marion Maréchal-Le Pen. Les milieux économiques s'avouent soulagés. Mais la seule opposition dans l'assemblée sera représentée par le Front National. 

 

La crainte de voir le Front National remporter la majorité au Conseil Régional de Provence-Alpes-Côte d'Azur aura finalement été la plus forte. La mobilisation des électeurs de gauche a permis à Christian Estrosi de combler ses 15% de retard sur Marion Maréchal-Le Pen au 1er tour. Les Républicains, l'UDI et le Modem, présideront donc aux destinées du territoire. La dramatisation du débat entre les deux tours, la participation supérieure des citoyens, à 54,85%, ont réussi à inverser la tendance.

La plupart des élus de droite, du centre et de gauche promettent de modifier leurs pratiques pour renouer le lien avec la population. Mais si le "barrage républicain" a fonctionné, le Front National atteint aujourd'hui des niveaux auxquels personne ne l'aurait imaginé raisonnablement il y a cinq ans. Après avoir gagné des sièges dans les municipalités et les conseils départementaux, il va constituer la seule opposition au sein de la Région, ce qui va accroître encore sa capacité à se faire entendre pour apparaître un jour comme une alternative.

Son discours inquiète toujours la majorité des électeurs, mais le temps jouera pour lui si les élus des autres partis ne parviennent pas "à faire de la politique différemment", comme ils l'ont tous affirmé ce dimanche, d'autant plus que le travail d'opposition participera à la formation de tous ses élus et à renforcer leur crédibilité pour les prochaines échéances. 

Du mal à convaincre

"Nous sommes prêts", affirmait Marion Maréchal-Le Pen sur ses affiches avant le deuxième tour. Les électeurs de Provence-Alpes-Côte d'Azur n'y ont pas cru. Mais sa détermination à "renverser le système" s'ancre dans les esprits. Autour de l'étang de Berre, l'un des principaux bassins industriels de la région, le Front National est le plus souvent en tête. Dans le Vaucluse, il gagne.

Le "spectacle" offert entre les deux tours n'aura pas aidé à redorer la réputation des politiques. Le dirigeant d'une société marseillaise dans le domaine de la sécurité, en forte croissance en 2015, confiait vendredi soir qu'il allait voter FN alors qu'il avait toujours voté à droite, parce qu'il trouvait excessifs et abusifs les termes de "résistance" ou de "guerre civile" employés par Christian Estrosi et Manuel Valls.

L'un des responsables locaux d'une multinationale nuançait de son côté l'impact potentiellement négatif d'une victoire du FN par le cadre imposé aux régions, tant par leurs compétences que par les contrats Etat-Région ou leurs budgets limités par rapport à d'autres collectivités. Tout en glissant avec le sourire que "du changement ne ferait pas de mal".  

"Co-construire" l'avenir économique

Conscient du mécontentement de nombre de ses pairs qui a pu s'exprimer dans les urnes, le président de l'Union Pour les Entreprises des Bouches-du-Rhône (UPE 13), Johan Bencivenga, réclame à Christian Estrosi et sa majorité, mais aussi aux partis de gauche désormais sans représentants dans l'assemblée régionale, de ne pas ignorer les résultats du premier tour, au risque dans le futur de voir encore le Front National progresser alors que son programme économique n'a, à ses yeux, aucune consistance. "Nous ne voulons pas être considérés comme des spectateurs, des cautions, mais être associés aux décisions sur les projets et co-construire les actions avec les élus. L'économie, c'est notre quotidien, notre savoir-faire. Nous pouvons participer à l'analyse de la pertinence des projets, apporter notre expérience et notre expertise pour être utiles. »

L'inquiétude a été réelle chez les entrepreneurs de la région qu'une victoire du Front National n'entache l'image du territoire, avec de fortes répercussions sur le tourisme ou l'attractivité d'investisseurs, ou en opposant les grandes entreprises aux petites (TPE, commerçants, artisans, professions libérales...). L'homogénéité globale de la couleur politique des principales collectivités régionales aujourd'hui, grandes villes, conseils départementaux et région, devrait faciliter l'expression d'une ambition commune. Pour Johan Bencivenga, quatre enjeux sont à attaquer prioritairement : les transports, la digitalisation à très haut débit de l'ensemble du territoire, la clarification des filières et l'attractivité de la région avec une vraie stratégie de marketing territorial, portée par les mondes politique, économique et académique. 

Jean-Christophe Barla

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