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L'Usine de l'Energie

En plus de la sûreté nucléaire, L’ASN veut s’occuper aussi de sécurité nucléaire

Aurélie Barbaux ,

Publié le

L’Autorité de sûreté nucléaire ne veut plus être cantonnée à la prévention des accidents nucléaires. Elle veut aussi travailler à la résistance des installations aux attaques extérieures, comme c’est le cas à l’international.

En plus de la sûreté nucléaire, L’ASN veut s’occuper aussi de sécurité nucléaire
Pour son président Pierre-Frank Chevet, l'SAN doit s'impliquer dans le dimensionnement des installations nucléaires pour résister à des attaques extérieures.
© LUC PERENOM ©PERENOM

"Le contexte de sûreté nucléaire est moins préoccupant que l’année dernière", a expliqué Pierre-Franck Chevet, président de l'Autorité de sûreté nucléaire française, lors des traditionnels vœux à la presse. Selon lui, la question des anomalies techniques avec des excès de carbone dans pièces de fonderies, notamment la cuve de l’EPR de Flamanville, qui a entraîné par ricochet l’arrêt d’une douzaine de réacteurs en France pour vérifications, "est dernière nous", a-t-il expliqué. Et la revue des dossiers de fabrications de Creusot Forge à la recherche d’irrégularités et "de possibles falsification" par les équipes de l’usine et de Framatome sous la supervision d’EDF et de l’ASN, avance bien. "Il reste 50 % à faire. Je ne peux pas exclure de mauvaises surprises", a toutefois ajouté le président de l’ASN.

Ce dernier a aussi mis l’accent sur deux points de vigilance. Le premier en matière de nucléaire médical, qui a connu en 2017 une vingtaine d’incidents sur les patients et les soignants dans le cadre d’interventions radioguidées. Le deuxième concerne des problèmes d’organisation chez EDF pour la résolution d’incidents sur des matériels. "L'ASN a demandé à EDF un plan d’action", a rappelé Pierre-Franck Chevet. En revanche, si la question de l’enfouissage profond des déchets nucléaires de moyenne et longue vie à Bure (Meuse) pourrait poser des problèmes aux politiques, pour l’ASN le sujet suit son cours. L’Autorité vient de rendre un avis favorable sur le "bon dossier de sûreté" du projet Cigeo, malgré une réserve sur les colis bitumés.

La sécurité des piscines en question

En revanche, le sujet de la sécurité nucléaire devient pour l’ASN un sujet majeur, alors que seule la sûreté des installations est dans son périmètre. "La plupart de mes grands homologues étrangers sont en charge de la sécurité. Se mettre dans le droit commun international me parait important", a rappelé Pierre-Franck Chevet. Il ne s’agit bien sûr pas de se substituer aux forces de l’ordre pour la défense des installations ou les interventions en cas d’attaque, mais bien de participer "au dimensionnement technique des installations pour résister à des menaces". La vulnérabilité des piscines d’entreposages des combustibles nucléaires usés aux attaques extérieures, pointée il y a quelques semaines par un rapport alarmant de Greenpeace, serait donc bien une réalité. D’ailleurs, si EDF a déposé à l’ASN un dossier de sûreté pour une piscine centralisée, ce n’est peut-être pas pour rien.

Enfin, l’évolution de la politique énergétique du pays inquiète le président de L’ASN. En pleine préparation de la prochaine programmation pluriannuelle de l’énergie, qui doit fixer les objectifs pour 2019-2023 et fixer un calendrier pour la fermeture des centrales, Pierre-Franck Chevet a retenu à rappeler que « pour des raisons de sûreté on peut encore être amené à fermer une dizaine de réacteurs nucléaires. Il faut que le système électrique soit en mesure d’y faire face ». UN message déjà lancé en 2013, qui s’est concrétisé en 2017 avec le problème des anomalies détectées sur la cuve, et qui, homogénéité du parc nucléaire française oblige, pourrait encore se reproduire. "Il faut que le système électrique ait des marges", rappelle donc le président de l’ASN. En clair, attention à ne pas déstabiliser le système. À bon entendeur.

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