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L'Usine Aéro

En pleine tourmente, ArianeGroup change de tête

Hassan Meddah , , ,

Publié le

André-Hubert Roussel succède à Alain Charmeau au poste de président exécutif d’ArianeGroup. La société, qui vient d'annoncer 2 300 suppressions de postes, a confirmé le calendrier du futur lanceur européen Ariane 6 avec un premier tir en 2020.

En pleine tourmente, ArianeGroup change de tête
L'Europe spatiale et Ariane Group comptent sur le futur lanceur Ariane 6 pour être compétitifs face à SpaceX.

Y-a-t-il le feu au lac chez ArianeGroup? Après avoir annoncé 2 300 suppressions de postes d’ici 2022 le 13 novembre dernier, le groupe vient d’annoncer le départ de son numéro un, Alain Charmeau. Il laissera les rênes le 1er janvier 2019 à André-Hubert Roussel, 53 ans, actuel directeur des opérations d’Airbus Defence and Space, la filiale d’Airbus en charge des activités de défense et d’espace.

Agé de 62 ans, Alain Charmeau fera valoir ses droits à la retraite après une période de transition avec son successeur. Selon son entourage, il aurait préféré passer la main maintenant plutôt que de rester en poste jusqu’en 2023, année où Ariane 6, le futur lanceur européen en cours de construction, aura totalement remplacé Ariane 5.

Un départ qui surprend

Cette annonce a de quoi surprendre. Alain Charmeau a présidé ArianeGroup depuis sa création en 2014 regroupant près de 9 000

personnes. Alors nommé Airbus Safran Launchers, le groupe a été constitué en réunissant les actifs spatiaux de ses deux actionnaires, Airbus alors maître d’œuvre industriel d’Ariane et Safran son motoriste. En quelques années, ce vétéran du secteur spatial civil et militaire a imposé ArianeGroup comme l’acteur spatial européen de référence en récupérant au CNES le rôle d’autorité de conception du lanceur et en absorbant Arianespace en charge de la commercialisation des lanceurs européens.

Ce faisant, il comblait en partie le fossé avec son concurrent américain SpaceX capable de casser les prix grâce à son organisation industrielle tout-intégrée. En octobre dernier, Alain Charmeau avait accueilli les journalistes sur le site des Mureaux (Yvelines) réaffirmant que le programme Ariane 6 était toujours à l’heure pour un premier vol en 2020. Son départ n’avait pas été évoqué.

Une période de transition

En interne, on insiste toutefois sur la transition en douceur à venir entre les deux dirigeants. Alain Charmeau assurera une période de transition en tant que conseiller spécial auprès de son successeur. André-Hubert Roussel a l’avantage de faire déjà partie de la maison et de bien connaître l’industrie des lanceurs. Membre du conseil d’administration d’ArianeGroup, il est depuis juillet dernier directeur des opérations d’Airbus Defence and Space. Il sera remplacé à ce poste par l'airbusienne Barbara Bergmeier, 50 ans, le 1er décembre prochain.

André-Hubert Roussel a occupé le poste dès 2014, de directeur des programmes de lanceurs d'Airbus. Son expérience lui sera nécessaire face aux défis qui l’attendent. Sur le plan social, il devra mener à bien le plan des 2 300 suppressions de postes d’ici 2022 annoncées mi novembre lié au ralentissement du marché des satellites et aux objectifs de compétitivité. Les syndicats s’opposent à cette décision. "En effet, les deux projets majeurs en cours (Ariane 6 et M51.3, activité liée à la dissuasion nucléaire) vont nécessiter sur cette fin d’année 2018 et en 2019 un maximum de ressources pour poursuivre le développement et honorer nos engagements", a rétorqué la CFDT à la direction.

Sur le plan commercial, le nouveau PDG devra convaincre ses grands clients européens institutionnels (agence spatiale européenne, états membres…) de tenir leurs promesses et de commander 5 vols d’Ariane 6 par an pour garantir son équilibre financier. Sur le plan industriel, André-Hubert Roussel doit s’assurer que la fusée sera bien prête pour un premier tir en 2020 avec des coûts de production réduits de 40 à 50% par rapport à Ariane 5. L’échec n’est pas une option. L’Europe spatiale joue son avenir face aux nouveaux acteurs américains (SpaceX, BlueOrigin) mais également chinois, russes et indiens.

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1 commentaire

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01/12/2018 - 09h34 -

je ne suis as sûr qu'à vouloir absolument vendre ses voitures haut de game aux Etats Unis , soit compatible avec le développement de la défense Européenne et donc du développement des satellites ? L'Europe crée plus de problème qu'elle n'en règle ! S'il s'agit de faire l'Europe pour que l'Allemagne soit seule à gagner, je n'en voit pas la nécessité! Car continuer sur ce chemin nous coûte plus qu'il ne nous rapporte.
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