Technos et Innovations

En perte de vitesse dans les mobiles, Microsoft se réorganise

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En butte à la concurrence d'Apple et de Google, Microsoft vient de confirmer la réorganisation de son activité E&D (pour "Entertainment and Devices"), en charge des mobiles et des consoles vidéos. Principales victimes : Robbie Bach, patron de cette division, qui partira "à la retraite à l'automne", et James Allard, qui était jusqu'ici vice-président d'E&D.

En perte de vitesse dans les mobiles, Microsoft se réorganise
Windows Marketplace for Mobile
© DR

Le retour à l'équilibre de la division « Entertainment & Devices » de Microsoft (qui a enregistré 165 millions de dollars de bénéfices au premier trimestre 2010, contre 41 millions de pertes à la même période un an plus tôt) n'aura pas permis à Robbie Bach, le patron de cette branche, de sauver sa place. L'éditeur vient en effet de confirmer le départ à la retraite de ce vétéran du groupe, âgé de 48 ans, dont 22 passés chez Microsoft. Aucun remplaçant n'a été nommé. A partir du 1er juillet 2010, c'est Steve Ballmer, PDG du groupe, qui supervisera directement les activités liées aux jeux (Xbox...) et aux mobiles (Windows Phone...).

Si Microsoft reste muet sur les motivations qui ont conduit à ce remaniement, les analystes sont nombreux à y voir la conséquence directe des récentes déconvenues du groupe dans les smartphones. Selon Gartner Microsoft a vu ses parts de marché dégringoler à 6,8% au dernier trimestre, contre 10,2% à la même période un an plus tôt, sous l'effet de la concurrence de l'iPhone (Apple) et d'Android (Google). Déjà distancé par Apple, le groupe est désormais aussi devancé par Google : d'après Gartner toujours, 5,2 millions de mobiles tournant sous Android ont été commercialisés dans le monde au cours des trois premiers mois de l'année (contre 3,7 millions de terminaux sous Windows Mobile).

Des difficultés persistantes

Les raisons qui ont conduit à creuser l'écart entre Microsoft et ses concurrents sont multiples. « Microsoft a plus ou moins loupé son virage vers le mobile en essayant de calquer son système d'exploitation sur ce qu'il faisait déjà pour les postes de travail », estime Basile Carle, consultant du cabinet français Idate. « Sans adapter l'interface aux spécificités du mobile, contrairement à ce qu'a su faire Apple avec les interfaces tactiles ».

Même constat chez Frost & Sullivan, un autre cabinet spécialisé dans les télécoms : « Microsoft vient du monde des PC. Il n'a pas une très longue expérience dans les technologies mobiles et il doit affronter sur ce terrain des entreprises qui sont mieux préparées que lui », confie l'analyste Saverio Romeo. « Avant l'iPhone, Apple a commencé à se développer dans la mobilité avec l'iPod », rappelle-t-il. Avant de préciser que « le souhait de Microsoft de se positionner à la fois dans les logiciels et les équipements mobiles - avec les Kin - a nécessité de lourds investissements et a probablement contribué à ralentir son avancée ».

Ce qui n'empêche pas Microsoft de continuer à mettre l'accent sur le mobile. « Depuis deux ans, Microsoft a multiplié ses efforts pour améliorer sa compétitivité sur ce segment », précise Saverio Romeo, qui souligne que « Windows Phone 7 repart de zéro et sur une meilleure base » mais regrette « la pauvreté persistante de la plate-forme Windows Marketplace for Mobile ». Autre obstacle pour l'éditeur : « Les plus gros équipementiers se tournent actuellement vers les systèmes les plus ouverts - Android ou Limo [pour « Linux Mobile »]. Avec deux principaux avantages : 1. Il est possible de fédérer une communauté de développeurs plus importante avec un système ouvert qu'avec un système fermé. 2. Les interfaces sont plus facilement personnalisables ».

Un mauvais départ dans les tablettes

S'ajoute à ces difficultés dans les smartphones l'abandon récent par Microsoft de son projet de tablette tactile à double écran (Courier) et le rachat de Palm par HP. Une emplette qui a entraîné l'abandon par HP de son projet de tablette tournant sous Windows 7. Jugeant ce système « trop lourd et gourmand en ressources », le constructeur – jusqu'ici étroitement partenaire de Microsoft - a finalement opté pour « WebOS, le système d'exploitation de Palm, qu'il fera tourner sous une architecture ARM », rappelle Basile Carle.

Christophe Dutheil

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