Abonnez-vous Identifiez-vous

Identifiez-vous

Vos codes d'accès sont erronés, Veuillez les saisir à nouveau. Mot de passe oublié ?

L'Usine Matières premières

En Nouvelle-Calédonie, le nickel a peiné à supporter les rêves indépendantistes

,

Publié le , mis à jour le 05/11/2018 À 08H25

[ACTUALISE le 5 novembre] Dimanche 4 novembre, la Nouvelle-Calédonie devait choisir entre la France ou l’indépendance. La campagne s’est déroulée dans une atmosphère apaisée. La crise du nickel a quelque peu douché les rêves des indépendantistes, qui préfèrent mettre en avant l’indépendance politique. C'est finalement la voie de la France qui a été retenue.

En Nouvelle-Calédonie, le nickel a peiné à supporter les rêves indépendantistes
Dimanche 4 novembre, la Nouvelle-Calédonie va choisir entre la France ou l’indépendance.

Près de 175 000 électeurs de cet archipel français depuis 1853 devaient dire dimanche 4 novembre s'ils voulaient que la Nouvelle-Calédonie accède à la pleine souveraineté et devienne indépendante, ou s’ils préféraient rester au sein d'une collectivité française. C'est finalement cette dernière voie qu'ils ont choisie, à 56,4%.

Ce référendum d’autodétermination était l’aboutissement d’un long processus de 30 ans de décolonisation, entamé en 1988 après plusieurs années de quasi guerre civile entre Kanak et Caldoches. Ces affrontements avaient culminé avec la prise d'otages et l'assaut de la grotte d'Ouvéa en mai 1988 (25 morts au total). Les accords de Matignon, consolidés par les accords de Nouméa ont conduit à ce référendum. Les sondages prédisaient déjà que le non l’emporte, avec une assez large majorité.

Quel que soit le résultat du vote, le Premier Ministre avait promis de se rendre sur place le lendemain du scrutin. Lundi 5 novembre, Edouard Philippe réunit donc l’ensemble des responsables politiques. En cas de victoire du oui, il aurait procédé à un transfert des pouvoirs régaliens. Avec la victoire du non, la Nouvelle-Calédonie restera une collectivité française, dont les compétences régaliennes seront toujours du ressort de l’Etat (monnaie, justice, défense…). Les élections provinciales seront donc maintenues pour mai 2019. De l’avis général, la campagne s’est tenue dans un climat apaisé et respectueux de l’avis de chacun. 

Les rêves d’indépendance portés par le nickel

Il y a 30 ans, les rêves d’indépendance étaient portés par le nickel. Le Caillou - surnom donné à la Nouvelle-Calédonie - abritant un quart des réserves mondiales, l’avenir économique de l’archipel à travers le secteur minier et industriel autour du nickel ne faisait pas de doute. La donne a changé. Après être montés au plus haut, les cours du métal ont chuté (50 000 dollars la tonne en 2007, contre environ 10 000 dollars la tonne aujourd'hui). 

Les usines ne sont plus rentables. Depuis six ans, La Société Le Nickel (SNL), filiale du groupe français Eramet perd de l’argent. Le sort de l’usine Vale est en suspens. Selon le Financial Times (FT), le PDG de la société brésilienne se donne deux mois pour prendre sa décision. La multinationale est toujours à la recherche d’un partenaire, pour partager les coûts (500 millions de dollars) de la nouvelle zone de stockage de déchets du complexe industriel de Goro. "Nous étudions différents scénarios, nous allons prendre une décision définitive d’ici la fin de l’année", a déclaré Fabio Schvartsman au FT. Le temps aussi de laisser passer le référendum et d’y voir plus clair.

Une économie dépendante et peu de visibilité

L’économie reste très dépendante du nickel qui représente 90 % des exportations. Ce secteur, premier employeur privé concentre aussi 20 % des emplois directes et indirectes. L’économie reste aussi très dépendante des subventions publiques : 1,3 milliard d’euros par an.

Depuis plusieurs mois, les entreprises calédoniennes restaient suspendues à cette échéance. Les investissements étaient gelés et les chefs d’entreprises ont certainement hâte de mettre un terme à cette absence de visibilité. L’avenir économique de l’archipel passe par sa diversification économique : pêche, énergies marines renouvelables, tourisme…

Une stratégie "d'axe indo-pacifique"

De passage sur le Caillou, en mai dernier le président Emmanuel Macron n’avait pas voulu prendre parti, mais s’était contenté de dire que "la France serait moins belle sans la Nouvelle-Calédonie", avant d’exposer sa stratégie "d'axe indo-pacifique", dans laquelle il attribue un rôle essentiel à l’archipel. Une stratégie aussi pour contrer l’hégémonie chinoise, qui tisse sa toile dans le Pacifique. Le Caillou abrite la base militaire française la plus importante du Pacifique : un point de stabilité nécessaire aux yeux de l'Australie et la Nouvelle-Zélande, les deux puissances régionales.

"La perte du territoire calédonien serait pour la France synonyme d'une perte majeure de souveraineté dans la Pacifique", estimait en 2017 Bastien Vandendyck, expert en relations internationales, dans une revue de l'Iris (Institut de relations internationales et stratégiques).

Si le oui l’avait emporté, les indépendantistes avaient plaidé pour un partenariat avec la France. Il aurait encore fallu transférer les pouvoirs régaliens. Avec la victoire du non, rien n’est définitif… Selon l'accord de Nouméa, deux autres référendums sont désormais possibles dans les quatre ans. De nombreux Kanaks se projettent déjà dans cette perspective. Certains loyalistes espèrent au contraire que le référendum de dimanche aura été le dernier. Rien n’est simple.

Réagir à cet article

Testez L'Usine Nouvelle en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

1000 INDICES DE REFERENCE

  • Vous avez besoin de mener une veille sur l'évolution des cours des matières, la conjoncture et les coûts des facteurs de production
  • Vous êtes acheteur ou vendeur de produits indexés sur les prix des matières premières
  • Vous êtes émetteur de déchets valorisables

Suivez en temps réel nos 1000 indices - coût des facteurs de production, prix des métaux, des plastiques, des matières recyclées... - et paramétrez vos alertes personnalisées sur Indices&Cotations.

 

LES DOSSIERS MATIERES

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte
Suivez-nous Suivre Usine Nouvelle sur Facebook Suivre Usine Nouvelle sur Twitter RSS Usine Nouvelle