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L'Usine Auto

En Norvège, Nissan pense l’écosystème du véhicule électrique

Julie Thoin-Bousquié ,

Publié le

Le constructeur japonais Nissan pense sa voiture à batterie comme un élément permettant de stocker ou redistribuer l’électricité dans le réseau, afin d’en assurer notamment la stabilité.

En Norvège, Nissan pense l’écosystème du véhicule électrique
Au-delà de la Leaf, Nissan pense l'écosystème du véhicule électrique.
© Nissan/DR

Ce n’est pas un hasard si Nissan a choisi la Norvège, et sa capitale Oslo, pour faire un point début octobre sur sa vision de l’écosystème du véhicule électrique – et présenter la nouvelle version de la Leaf en Europe. Sur les routes boisées de cette contrée scandinave, on croise bien sûr l’emblématique véhicule 100% électrique du constructeur japonais, mais aussi des Tesla, des BMW i3, des Hyundai Ionic ou encore des Peugeot iOn ou Citroën C-zéro. Pour l’année 2017, "les véhicules électriques devraient représenter autour de 20% du total des ventes" d’automobiles enregistrées dans ce petit pays d’un peu plus de 5 millions d’habitants, sourit Christina Bu, secrétaire générale de l’association norvégienne pour les véhicules électriques.

Il faut dire que le pays – qui, ironiquement, vit confortablement grâce à ses réserves de pétrole et de gaz – se montre généreux vis-à-vis des acquéreurs de voitures dites "zéro émission". Pour développer un marché de masse, le gouvernement a choisi d’exempter de taxes les voitures électriques, tandis que leurs équivalents roulant à l’essence ou au diesel sont lourdement pénalisés – une pratique "ancienne", signale Marianne Mølmen, qui travaille pour la municipalité d’Oslo. Au total, la liste des avantages est longue : accès gratuit aux parkings ainsi qu’à l’infrastructure de recharge, possibilité de circuler sur les voies réservées aux transports publics…

Une voiture qui redistribue l’électricité

De quoi faire de ce marché très subventionné un terrain de jeu prometteur pour Nissan. Dans une ancienne centrale électrique réaménagée en lieu de conférences – encore un symbole –, le constructeur japonais a donc annoncé lundi 2 octobre l’arrivée d’un deuxième véhicule. A côté de la Leaf version 2017, le groupe a indiqué avoir l’intention de commercialiser un nouveau fourgon e-NV 200 à destination des professionnels, dotée d’une autonomie rehaussée de 100 kilomètres grâce à un nouveau pack de batteries, pour un total de 380 kilomètres en cycle théorique NEDC. Nissan veut aussi poursuivre le déploiement de son réseau de recharge européen. Sur les 18 mois à venir, 1 000 nouvelles bornes devraient être installées en Europe.

Mais surtout, le groupe réfléchit à l’intégration du véhicule électrique dans son environnement, en le transformant notamment en un rouage au sein du réseau électrique. "Les besoins en électricité vont croître dans les années à venir, et pas seulement à cause de la demande supplémentaire liée au véhicule électrique", détaille Philippe Saillard, vice-président de Nissan en charge des ventes et du marketing. "Cela devrait sans doute aboutir à la nécessité de gérer plus finement la production d’électricité, avec des capacités de stockage accrues, plutôt que vers la multiplication de centrales à charbon ou nucléaires. Nos projets s’intègrent dans cette vision".

Le fabricant automobile a mis en place un système de recharge bidirectionnel. En clair, les possesseurs d’une Leaf ou d’un e-NV 200 peuvent recharger la batterie de leur véhicule dès que nécessaire en puisant dans le réseau électrique. Mais ils ont également la possibilité de réinjecter leur énergie dans ce même réseau. Une aubaine pour les clients qui, en revendant leur électricité, pourraient donc se retrouver à conduire leur véhicule gratuitement, défend le constructeur, en ne payant plus l’électricité nécessaire à sa charge. "Il s’agit également d’une solution pour stabiliser le réseau", ajoute Paul Willcox, le patron de Nissan Europe.

Déploiement au Danemark et au Royaume-Uni

La solution pourrait permettre de répondre, par exemple, et au moins en partie, à la problématique de l’intermittence des énergies renouvelables, en réinjectant dans le réseau le surplus d’énergie accumulé pendant les périodes creuses au cours des pics de consommation. Certains constructeurs, comme Toyota, préfèrent envisager cette question en misant sur l’hydrogène.

L’initiative a déjà fait l’objet d’un test au Danemark au cours de l’année dernière. L’offre a depuis été généralisée dans le pays, au regard des gains réalisés par certains clients – jusqu’à une cinquantaine d’euros par mois gagnés dans certains cas, affirme-t-on chez Nissan. Via un partenariat avec le fournisseur d’énergie britannique Ovo, le constructeur veut maintenant proposer cette offre aux propriétaires de véhicules électriques Nissan au Royaume-Uni dès janvier 2018.

Une fois mis en place, le dispositif permettra de contrôler la charge du véhicule, au cours des heures creuses, puis de revendre si besoin une partie de l’électricité accumulée dans les batteries du véhicule pendant les pics de consommation. A terme, ce système pourrait constituer une véritable "transformation" dans la gestion du réseau, met en avant le directeur exécutif d’Ovo, Stephen Fitzpatrick. Encore faut-il que le parc de véhicules électriques atteigne à plusieurs millions d’unités.

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