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L'Usine Maroc

En mission au Maroc, les experts du FMI abaissent la prévision de croissance à 3% pour 2016

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Publié le

Venue au Maroc pour une mission d'évaluation, une équipe d'économistes du FMI estime que la croissance du royaume ne devrait pas dépasser 3% l'an prochain contre 3,7% prévus jusque là. Ces experts restent par ailleurs positifs sur l'état des grands équilibres macro-économiques du Maroc.

En mission au Maroc, les experts du FMI abaissent la prévision de croissance à 3% pour 2016 © ifm.org

Les experts du FMI deviennent un peu moins optimistes sur les prévisions de croissance pour le Maroc sur 2016. Dans le cadre de ses prévisions mondiales ("global outlook"), le FMI anticipait encore en octobre une progression de 3,7% de l’économie marocaine.

Mais selon l’équipe d'économistes du fonds dirigée par Nicolas Blancher qui vient de conduire du 21 octobre au 4 novembre une mission d’étude au Maroc, la croissance ne devrait être que de 3% l’an prochain.

Pour rappel le HCP, Haut commissariat au plan du Maroc table lui sur 2,6% pour 2016 après 4,3% selon son estimation pour cette année porté par une très bonne récolte agricole.

Ce séjour au Maroc des experts du FMI entre dans le cadre d’une mission d’évaluation des différents indicateurs macro-économiques et sociaux du royaume liés notamment au dispositions dites de l’article IV (examen périodique) et à la « ligne de précaution et de liquidité » (LPL ou PLL en anglais) de 5 milliards dollars accordée par l’institution de Bretton Woods au Maroc en juillet 2014.

Cette PLL constitue une sorte d’assurance en cas de coup dur (par exemple déséquilibre subit des comptes courants) auquel le Maroc n’a encore jamais eu recours.

Selon les responsables de la mission du FMI cités dans un communiqué daté du 4 novembre, "la croissance devrait ralentir à 3 % en 2016, du fait du retour de l’activité agricole à un niveau normal, et devrait s’accélérer progressivement à moyen terme pour s’approcher de 5% ».

Pour ces experts, "les risques liés au ralentissement de la croissance dans les pays avancés et émergents, à une hausse des prix mondiaux de l’énergie due aux tensions géopolitiques dans la région, et à une augmentation de la volatilité sur les marchés financiers mondiaux demeurent importants".

Ceci étant, comme lors des examens précédents, le FMI porte un regard plutôt positif sur l’évolution de la situation économique du royaume.

« Une gestion macroéconomique prudente et la poursuite des réformes structurelles ont été bénéfiques pour le Maroc au cours des dernières années. La croissance se raffermit et devrait atteindre 4,7 % en 2015, en partie grâce à une bonne campagne agricole. Cependant, la reprise de l’activité non agricole reste modérée, notamment en raison d’une reprise économique en Europe plus lente que prévu. L’inflation est faible et le crédit reste modéré".

Selon le communiqué du fonds "le déficit des transactions extérieures courantes continue de se réduire en 2015 et devrait atteindre 1,5 % du PIB, et les réserves internationales ont augmenté davantage pour s’établir à près de 6,5 mois d’importations. Ces résultats s’expliquent en partie par la diminution de la facture des importations d’énergie et d’alimentation, et une croissance des exportations d’automobiles et des transferts de fonds des marocains résidents à l’étranger ».

Alors que la discussion du projet de loi de finances 2016 est entrée en phase active au parlement à Rabat, les experts du FMI apportent leur soutien à la politique macro-économique du gouvernement d’Abdelilah Benkirane et de son ministre des Finances Mohammed Boussaïd.

Selon le communiqué du FMI « le déficit budgétaire a continué de baisser ces dernières années grâce aux mesures prises par le gouvernement, notamment la réforme des subventions aux produits pétroliers. Le taux de pauvreté, le chômage et les inégalités ont diminué au cours des dix dernières années ».

« L’évolution budgétaire jusqu’à fin septembre est positive et en ligne avec l’objectif de 4,3% du PIB fixé pour 2015. La mission salue les efforts déployés pour continuer de renforcer les finances publiques, comme en témoigne le projet de loi de finances 2016 qui vise une baisse du déficit budgétaire à 3,5 % du PIB", se félcite le fonds.

À moyen terme, les réformes budgétaires devraient continuer d’accroître la résilience de l’économie aux chocs et de renforcer les marges de manœuvre budgétaire afin d’investir dans les infrastructures, la santé, l’éducation et la protection sociale, qui sont cruciaux pour rehausser le potentiel de l’économie et mieux partager les bienfaits de la croissance. À cet égard, les avancées considérables dans la réforme du régime des subventions, ainsi que l’amélioration et la modernisation du cadre budgétaire, sont louables."

Du coté des équilibres financiers extérieurs alors que le Maroc affiche traditionnellement un très fort déficit commercial (qui s’est un peu atténué depuis 18 mois sous l'effet de la baisse du prix de l'or noir) l’équipe du Fmi estime que "l’amélioration du solde des transactions courantes, conjuguée à la vigueur des flux de capitaux, a contribué à renforcer les réserves internationales".

Alors que le Maroc stagne dans le classement de la Banque mondiale Doing Business le communiqué du FMI alerte néanmoins : "l est important de continuer d’améliorer le climat des affaires, la transparence et la gouvernance afin d’accroître la compétitivité extérieure. Nous souscrivons aux efforts déployés par les autorités pour accroître l’inclusion financière et l’accès au crédit, en particulier pour les très petites, petites et moyennes entreprises".

Selon le fonds, « priorité est de rendre le système fiscal plus efficient et plus équitable. Il est également urgent de réformer le régime des retraites afin d’assurer sa viabilité. Ces réformes contribueraient à orienter la dette publique à la baisse. En effet, celle-ci reste soutenable et en mesure de résister à divers chocs, mais, il est souhaitable de la réduire pour renforcer davantage les marges de manœuvre de l’économie. »

Au passage les experts de Washington alertent sur l’état de l'économie réelle et la situation des marocains : "il reste beaucoup à faire pour que les bienfaits de la croissance soient mieux partagés. En particulier, il convient de réduire les disparités sociales et régionales, de continuer d’accroître le taux d’activité des femmes, et d’améliorer la qualité de l’éducation et de la couverture médicale."

Dernier point sur un sujet d’éternel débat économique au Maroc, la flexibilité du dirham aujourd’hui de facto quasiment « peggé » à l’euro, « nous notons avec satisfaction que les autorités ont l’intention d’adopter un nouveau régime de taux de change plus flexible, qui faciliterait la diversification en cours de l’économie, renforcerait son intégration à l’économie mondiale et sa capacité d’absorption des chocs extérieurs

Pour le gouvernement constitué d’un coalition dominée  par le parti islamiste PJD et alors que s’annoncent les élections législative pour fin 2016, cette mission du FMI est une sorte de brevet de bonne gestion, dont il ne manquera pas sans doute de se prévaloir...

Hélas les chiffres du chômage viennent simultanément de tomber cette semaine et le taux officiel de chôamge pour l’ensemble du royaume vient de repasser au-dessus de la barre des 10% de la population active.

P.-O. R.

 Un système financier jugé plutôt résilient
"Le récent Programme d’Évaluation du Système Financier a confirmé que le secteur financier reste sain", indique le fonds dans son communiqué. Selon celui-ci : "les banques sont bien capitalisées et rentables, et leurs sources de financement sont stables. Les risques pesant sur la stabilité financière sont limités, mais il convient de surveiller étroitement l’augmentation des créances en souffrance et la concentration des engagements. Le contrôle bancaire est efficace et devrait continuer de se renforcer. La mission a pris note avec satisfaction des efforts déployés par les autorités pour continuer de renforcer le cadre de politique financière en mettant en œuvre la loi bancaire 2014 et les normes de Bâle III, ainsi que pour renforcer la surveillance des risques systémiques. L’adoption de la nouvelle loi portant sur les statuts de la banque centrale renforcerait davantage son indépendance et son rôle en matière de supervision bancaire et de stabilité financière."

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