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L'Usine Maroc

En litige avec le gouvernement et ses créanciers, la raffinerie Samir en quasi faillite s'en remet à la justice commerciale

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Publié le

La seule raffinerie du Maroc totalement à l'arrêt depuis l'été veut se mettre sous la protection de la loi sur les faillites. Son principal actionnare, l'homme d'affaires saoudien Mohamed Al AMoudi n'a pas apporté les plus de 650 millions d'euros de cash promis le 15 novembre dernier pour renflouer ce groupe qui affiche de lourdes pertes.

En litige avec le gouvernement et ses créanciers, la raffinerie Samir en quasi faillite s'en remet à la justice commerciale
Al Amoudi, principal actionnaire de la raffinerie marocaine Samir
© dr

Au bord de la faillite, en litige avec d’innombrables créanciers privés, mise en cause par le gouvernement, la Samir, seule raffinerie du Maroc a indiqué par un communiqué publié sur son site le vendredi 3 décembre qu’elle recherchait un règlement amiable dans le cadre d'une procédure collective..

"La Samir confirme que son actionnaire principal œuvre pour l’obtention d’un règlement global des difficultés de la société avec toutes les instances publiques et privées. Dans ce cadre, la Samir a déposé une requête auprès du Président du Tribunal de Commerce de Casablanca aux fins d’ouverture d’une procédure de règlement amiable, conformément aux dispositions du livre V du Code de Commerce Marocain" (NDR redressement judiciaire avec plan de continuation ou plan de cession).

Selon la Samir, "cette procédure devrait permettre de traiter, dans de meilleures conditions, les difficultés économiques, juridiques et financières de la société et de favoriser le dialogue avec l’ensemble de ses créanciers".

En ajoutant qu’elle est "dans l’attente de décisions judiciaires pour permettre la reprise de ses activités et d’assurer la continuité d’exploitation". Celle-ci étant arrêtées pour rappel. D’après le site d’information Médias24, le tribunal de commerce aurait déjà entamé ses consultations.

Cotée en bourse mais détenue en majorité par le holding Corral Petroleum Holdings AB basé en Suède qui appartient à l’homme d’affaires saoudien d'origine éthiopienne Mohamed Al Amoudi, 69 ans, la Samir a commencé à rencontrer de graves difficultés financières en 2014 (encadré). Celles-ci se sont confirmées dans la première partie de cette année.

En cause pour partie de fortes dépréciations de stocks liées à la baisse du cours du pétrole. Mais d’autres problèmes de gestion pourraient se greffer. Le groupe a ainsi connu cet été des litiges avec plusieurs armateurs.

La raffinerie, basée sur le port de Mohammedia à quelques dizaines de km au nord de Casablanca, assurait environ un tiers de l’approvisionnement en carburant du Maroc.

Elle a cessé sa production au mois d’août. Et le titre Samir est suspendu en bourse depuis.Les distributeurs de carburants pour leur part se sont rabattus sur les importations.

L’Etat marocain, les douanes en particulier, lui réclamerait 13 milliards de dirhams (1000 dirhams = 92 euros) selon la presse marocaine.

Le gouvernement notamment le ministre de l’énergie Abdlekader Amara a plusieurs fois accusé le principal actionnaire de la Samir de chantage.

"Il est inadmissible que l'Etat assume la responsabilité de la mauvaise gestion de la société, a assuré Abdelkader Amara, dans des déclarations rapportées par la MAP début novembre. Il est illogique de demander à l'Etat d'intervenir pour éponger les dettes d'une société qui ont atteint 42,5 milliards de dirhams ; d'autant que la Samir était parfaitement consciente de sa situation financière qui lui a été rappelée à plusieurs reprises en lui demandant de trouver un plan de sortie de crise."

Depuis après avoir fait voté lors d’une assemblée générale extraordinaire le 15 octobre le principe d'une augmentation de capital de 1 milliard de dollars auquel Corral devait souscrire pour plus de 650 millions de dollars Mohamed Al Amoudi s’est finalement... abstenu de verser le cash le 15 novembre comme prévu. Sans information préalable, ni explication.

Depuis le bras de fer est engagé avec le gouvernement qui semble impuissant et la situation reste bloquée. Pour nombre d'observateurs au Maroc, la cause est entendue : Mohamed Al Amoudi, richissime homme d'affaires très en vue au plan international veut désormais tout simplement sortir de ce dossier. Le démentira-t-il?

P.-O.R

Pertes déjà en 2014
En 2014, la Samir avait réalisé un chiffre d’affaires de 44 milliards de dirhams (1 000 dirhams =92 euros) et enregistré une perte de 3,4 milliards de dirhams. En 2013, son résultat net, positif, s'élevait à 320 millions de dirhams.

 

 

 

 

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