« En Israël, on offre un environnement stimulant aux chercheurs »

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Entretien Né au Maroc, Daniel Rouach possède la double nationalité française et israélienne. Il fait la navette entre Paris et Israël, enseignant aussi bien à l’ESCP Europe qu’à Technion (l’Ecole polytechnique, à Haïfa). Daniel Rouach est en outre l’auteur de plusieurs ouvrages économiques consultant en transferts de technologie et intelligence économique.


Comment expliquez-vous la vigueur des entreprises en Israël dans l’innovation et les hautes technologies ?
Daniel Rouach : En toile de fond, il y a l’ambiance culturelle juive, si particulière. Les juifs mettent en avant la culture, l’éducation, le savoir. Dans ce pays, on aime à aller jusqu’au bout de ses performances. Même les femmes bien installées dans la vie se mettent à passer des MBA.
On exige beaucoup des professionnels tout en leur offrant une ambiance de travail stimulante. Prenons l’exemple des universitaires israéliens : pour obtenir un poste de professeur, ils doivent avoir fait le plein de capacités et d’expériences, de sorte qu’ils constituent un corps d’élite. La société israélienne, par définition, vous pousse vers le haut.

Quelles sont les facilités, en termes financiers, qu’obtiennent les chercheurs et les PME innovantes ?
Il existe tout un système facilitateur. Le gouvernement, par le biais des organismes compétents, n’hésite pas à accorder une dotation de 200.000 dollars à une entreprise de pointe, avec la garantie de lui octroyer toute la quiétude nécessaire pour obtenir le succès escompté. Ce n’est pas du tout comme en France. Dans notre pays, quand une start up commence à avoir des difficultés, l’administration lui envoie des courriers menaçants. Les Israéliens ont mis au point un environnement porteur, avec une très grande souplesse administrative et une réceptivité accrue vis-à-vis des problèmes susceptibles de surgir.
Et puis, dans ce pays s’est développée toute une infrastructure de « venture capital » : des sociétés très au fait de la technologie sont prêtes à faire des apports de capital de l’ordre de plusieurs centaines de milliers dollars, si nécessaire, dans des PME dont les efforts en R&D ouvriront de nouveaux horizons.

Quels sont les secteurs qui ont le vent en poupe, ces temps-ci, en Israël ?
Les nano-technologies, la biotechnologie, l’instrumentation médicale, les industries liées à la sécurité, les softwares. Les clusters foisonnent, autour d’idées parfois inédites et qui méritent le détour. Par exemple, des Israéliens travaillent sur un projet d’avion sans pilote.

Propos recueillis par Y. Le Houelleur

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