En Inde, les constructeurs guettent le retour de la croissance automobile

Le salon automobile de New Delhi ouvre ses portes, ce mercredi 5 février. Les constructeurs espèrent un rebond après une année 2013 décevante.

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En Inde, les constructeurs guettent le retour de la croissance automobile

Panneaux publicitaires géants pour l'Audi R8 à l'aéroport de New Delhi, publicités redondantes pour Honda le long de l'autoroute express de Greater Noida, la ville qui abrite le centre des expositions India Expo Mart. New Delhi va vivre pendant une semaine au rythme de son salon automobile.

L'édition 2014 a ouvert, mercredi 5 février, ses portes aux professionnels (le public y aura accès dès le vendredi 7) dans un contexte attentiste. "En 2013, le premier trimestre était très bon puis le marché a reculé à cause notamment de la baisse de la roupie, rappelle Sumit Sawhney, président de Renault India. En 2014, il y a beaucoup d'incertitude en attendant les élections générales. Nous espérons que le marché renoue avec la croissance".

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Un marché en devenir… depuis une décennie

L'an dernier, le marché indien a, en effet, reculé de 8% à seulement 2,6 millions de véhicules vendus, pour une population d'1,2 milliard d'habitants. Et si on jette un coup d'œil à la Chine, les performances indiennes sont encore plus décevantes : 15,6 millions de véhicules ont été écoulées dans l'Empire du milieu en 2013. Mis sur un pied d'égalité comme deux marchés à forte croissance dans les années 2000, l'Inde et la Chine ont, dix ans plus tard, pris des chemins différents.

La structure des deux pays est bien différente. En Inde, contrairement à la Chine, les infrastructures sont souvent insuffisantes, parfois en mauvais état. Autour de New Delhi, des bretelles d'autoroute recèlent des nids de poule si profonds que voitures, bus et rickshaw roulent au pas comme dans un chemin de terre. Or le chemin de terre, c'est encore souvent la seule voie de circulation. "L’Inde est un pays rural aux deux tiers. Une fois dans les campagnes, on ne voit plus de voitures, mais des camions, des motos. Ce marché dépasse largement les 10 millions d’unités", remet en perspective Sylvain Bilaine, directeur général de Sy.B Consulting.

La classe moyenne atteint selon les meilleures estimations 200 millions de personnes. Le chiffre brut est impressionnant mais ne permet pas une croissance aussi rapide que la Chine, faute de moyens financiers. A moins de 2 600 euros de salaire par an, il est impossible de s'acheter un véhicule. Un ouvrier chez les grands constructeurs du pays gagne, lui, entre 200 et 400 euros par an. "La voiture est un rêve, pas un choix en Inde", résume Sylvain Bilaine.

Une féroce guerre des tarifs

Le marché se concentre donc sur les véhicules les moins chers. 50% du marché environ tient dans les véhicules à moins de 450 000 roupies (soit moins de 5 300 euros). Deux signatures dominent le marché. "Maruti Suzuki et Hyundai sont les marques qui sont les plus accessibles pour les consommateurs indiens, détaille Puneet Gupta, analyste senior chez HIS en charge de l’automobile. Il y a trois décennies, ces deux constructeurs ont installé un tissu de fournisseurs et de concessions et ont localisé la production de leur gamme". Depuis, les autres cravachent derrière. "L'Inde est le seul grand marché ouvert où un constructeur seul dispose de 46% du marché", constate Gilles Normand, patron de la région Asie-Pacifique chez Renault.

La marque française affiche 2,6% de parts de marché avec 64 000 véhicules vendus en 2013. Le Duster, positionné comme un véhicule plutôt haut de gamme, a remporté un franc succès. "Avec les petits véhicules, le segment des SUV marche très bien en Inde, souligne Gilles Normand. Nous avons adapté le Duster au marché local et l'avons vendu au prix des petites berlines tricorps. Il a donc eu du succès car il avait une valeur supérieure à ce que supposait son prix".

Des clients indiens très exigeants

Si les prix sont bas, les clients n'en sont pas moins exigeants. Ils achètent souvent leurs premiers véhicules et souhaitent une voiture statutaire mais robuste, le tout à un prix raisonnable. "La voiture représente le second poste de dépenses des ménages après l’habitation. Les temps de vie des produits sont aussi très courts : les consommateurs indiens ne veulent pas de produits anciens", explique Puneet Gupta.

Très connectés, ils utilisent beaucoup les réseaux sociaux pour s'informer et attachent beaucoup d'importance à l'image de marque. La place à l'arrière doit être importante, pour transporter une famille nombreuse ou avoir un chauffeur. Les équipements à l'arrière, comme la climatisation, sont donc fortement regardés.

Cette équation prix/valeur demande de gros efforts industriels et économiques aux constructeurs. "Les occidentaux n’ont pas réussi à baisser leurs coûts. Les spécifications des véhicules sont souvent trop élevés, ils ne peuvent donc pas avoir de prix compétitifs, analyse Puneet Gupta. Ils n’ont pas non plus assez localisés : ils ne disposent en moyenne que de 60/65% de pièces communes".

Renault avait ainsi échoué en introduisant la Logan sur le marché en 2008. Fort du succès de ses modèles plutôt haut de gamme, le constructeur français cherche aujourd'hui à pénétrer le segment des véhicules à moins de 450 000 roupies. Il présentera un projet de véhicule de segment A low-cost en 2015.

Pauline Ducamp, à New Delhi

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