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L'Usine Aéro

[En images] Trois leçons à retenir des astronautes du programme Apollo

Simon Chodorge , , ,

Publié le

Images Cinquante ans après, que retenir du mythique programme Apollo ? Invités au salon aéronautique du Bourget 2019, trois astronautes de la NASA ont livré leurs enseignements sur l’exploration de l’espace.

[En images] Trois leçons à retenir des astronautes du programme Apollo
L'astronaute Charles Duke en visite sur le stand Embraer au salon du Bourget.
© Embraer / Twitter

Les entreprises citées

Les décennies ont passé depuis la fin du programme Apollo. Plusieurs nations rêvent à nouveau d’exploration spatiale et les témoignages des astronautes de la NASA gardent toute leur pertinence, cinquante ans après le premier pas de l’homme sur la Lune.

Le 18 juin, trois membres de la NASA et un spationaute de l’Agence spatiale européenne (ESA) ont décrit leur expérience de l’espace au salon aéronautique du Bourget. Réflexions sur la Lune et rêves martiens… Nous avons sélectionné quelques leçons à retenir de ces hommes extraterrestres.

S’entraîner pour ne pas se laisser surprendre

Certains entraînements s’avèrent presque aussi dangereux que les véritables sorties dans l’espace. Souvenez vous du simulateur de module lunaire piloté par Neil Armstrong. Les astronautes seraient-ils des aventuriers trompe-la-mort ? Leur recul par rapport au danger peut parfois surprendre.

Un état d’esprit expliqué par Walter Cunningham, 87 ans, pilote du module lunaire sur Apollo 7 pour la première mission habitée dans l’espace du programme Apollo : “Nous étions tous compétitifs, nous essayions tous de faire partie de la mission suivante, quelle qu’elle soit. Nous ne passions pas notre temps à nous concentrer sur les risques. Nous avions été des pilotes de chasse et nous savions tous que nous faisions des choses qui pouvaient nous tuer. L’une des principales raisons grâce auxquelles nous avons réussi est que nous avions toujours le sentiment de pouvoir faire ce que nous devions faire.”

(Le spationaute Jean-François Clervoy lors d'un entraînement en piscine en 2007. Crédit : ESA - S.Koenen)

Alfred “Al” Worden, 87 ans, pilote du module de commande et de service sur la mission Apollo 15, relativise aussi avec humour les accidents rencontrés lors des entraînements. “Le meilleur moment pour voler sur un avion ou un vaisseau spatial est juste après un accident, parce que toutes les équipes vont examiner les choses de cinq façons différentes. Il n’y a plus de complaisance, tout le monde va s’assurer que chaque chose est en place et va marcher correctement.”

Charles “Charlie” Duke, 83 ans, astronaute sur la mission Apollo 16, est la dixième personne à avoir marché sur la Lune. Il a restitué son expérience sur le satellite : “Je me sentais comme chez moi. À travers les hublots du module lunaire, je pouvais voir d’un côté la Stone Mountain, de l’autre les Smoky Mountains. Nous reconnaissions ces caractéristiques majeures que nous avions passé deux ans à étudier. [...] J’avais un sentiment d’appartenance.”

(Charlie Duke en sortie extravéhiculaire sur la Lune lors de la mission Apollo 16 en 1972. Crédit : NASA John W. Young )

Prendre au sérieux la science-fiction

Les projets d’exploration de l’espace lointain peuvent paraître surréalistes. À juste titre, Al Warden rappelle la précision de certains livres de science-fiction : dès 1865, dans son livre De la Terre à la Lune, Jules Vernes prédit un lancement vers l’espace depuis Cap Canaveral en Floride, aujourd’hui la principale base de lancement de l’agence spatiale américaine.

Interrogés sur le type de missions qu’ils aimeraient mener si l’argent n’était pas une limite, les astronautes ont évoqué des projets variés. Charlie Duke est resté relativement terre à terre en évoquant l’installation d’une base permanente sur la Lune. De son côté, Al Worden mise sur le développement d’un “moteur à distorsion” (warp drive) façon Star Trek : “Proxima B est l’exoplanète la plus proche sur laquelle nous pourrions peut-être vivre, nous ne savons pas encore. Elle est située à 4,2 années-lumière, ce qui signifie que nous pourrions l’atteindre en 40 000 années à notre vitesse actuelle. Si j’avais tout l’argent du monde, je développerais un moteur à distorsion parce que nous ne pouvons pas nous permettre de passer 40 000 ans pour aller quelque part [...] et je crois sincèrement que nous pouvons construire quelque chose qui nous pousserait au-delà de la vitesse de la lumière.”

Mars, un défi humain derrière les problèmes technologiques

Retourner sur la Lune en 2024 est déjà un défi important. En avril 2019, l’administrateur de la NASA a planifié pour 2033 la première mission humaine sur Mars. Une échéance à laquelle semble peu croire Walter Cunningham. “Je pense être réaliste. Cela va demander un certain nombre de décennies avant de nous rendre sur Mars, juge l’astronaute. Nous devrons trouver une façon de nous déplacer beaucoup plus rapide que lorsque nous allons sur la Lune.”

(Walter Cunningham dans la capsule de la mission Apollo 7 en 1968. Crédit : NASA)

Les quatre invités sont tombés d’accord sur un autre point : explorer la planète rouge va exiger une importante adaptation humaine. “C’est un long voyage, vous devez apprendre à vous entendre les uns avec les autres, estime Charlie Duke. C’était déjà le cas pour le programme Apollo. Il y avait beaucoup de personnalités différentes dans les équipages mais nous avons appris à travailler ensemble pour le bien de la mission.”

Al Worden est allé dans le même sens : “Je pense que le secret pour être un bon membre d’équipage en route vers Mars est la patience, beaucoup de patience et de persévérance, ne pas être découragé par le fait d’être enfermé dans une très petite cage sur une longue période.”

(Al Worden en sortie extravéhiculaire lors de la mission Apollo 15 en 1971. Crédit : NASA)

Jean-François Clervoy estime plus largement que les études psychologiques doivent être un terrain de recherche des agences spatiales. Quelle mission engagerait-il s’il avait carte blanche côté budget ? “J’aimerais aller sur la face cachée de la Lune pour expérimenter ce que nous ressentons quand nous ne voyons pas la Terre sur le long terme, répond le spationaute. Cela doit être étrange pour un être humain et cela n’a jamais été fait, si ce n’est pendant quelques dizaines de minutes. Je pense que vivre sans voir notre propre planète pendant un long moment a un impact fort que nous devons comprendre avant d’aller sur Mars.”

La conférence complète des quatre astronautes est disponible en anglais ci-dessous.

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