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[En images] Relié au sol par un fil, ce drone made in France veut séduire le secteur de la défense

Simon Chodorge , , , ,

Publié le

Vidéo Elistair a dévoilé le 4 novembre Orion 2, la nouvelle version de son drone filaire. Avec cette technologie atypique, la start-up française entend conquérir des clients dans le secteur de la défense.

[En images] Un drone made in France relié au sol par un fil... pour le secteur de la défense
À la différence des drones classiques, Orion 2 est relié par un fil à une station d’alimentation au sol.
© Elistair

Un drone capable de voler plus de 24 heures d’affilée, cela existe. Basée à Dardilly (Rhône), la start-up Elistair a dévoilé mercredi 4 novembre son nouveau produit : le drone filaire Orion 2. L’entreprise destine cet outil aux acteurs de la défense et de la sécurité publique. La Direction générale de l’armement (DGA) s’est déjà intéressée à la technologie de l’entreprise par le passé.

“Des redondances à tous les niveaux”

À la différence des drones classiques, Orion 2 est relié à une station d’alimentation au sol. Un micro-fil de 100 mètres permet à l’appareil de s’élever dans les airs en lui fournissant de l’énergie en continu. Le drone filaire embarque tout de même une batterie de secours capable de se recharger en vol. En cas de panne de courant, le petit aéronef peut donc se reposer en douceur. Si ces différents systèmes font défaut, le drone intègre un parachute pour éviter un atterrissage trop brutal.

(La police française, l'armée britannique et le gouvernement singapourien font partie des clients d'Elistair. Crédit : Elistair)

Certes, cette liaison filaire limite le champ d’action du drone. De son côté, Elistair insiste sur les avantages. “Les quadricoptères et autres multirotors sans pilote sont très utiles pour des missions de reconnaissance aérienne ponctuelles, mais ils ont aussi une autonomie très limitée", fait remarquer dans un communiqué Timothée Penet, directeur technique et co-fondateur d’Elistair.

Puisqu’il intègre de la fibre optique, le micro-fil sécurise aussi le transfert des données entre le drone et le sol face à d’éventuelles tentatives de brouillage. L’entreprise promet aussi des améliorations sur la durée de vie des composants, des moteurs et sur le système de positionnement. “Nous avons développé des redondances à tous les niveaux pour permettre à l'Orion 2 de rester en vol aussi longtemps", affirme Pierre-Moana Levesque, directeur R&D chez Elistair.

(Même s'il est retenu par un fil, le drone peut offrir une couverture aérienne sur certains événements. Crédit : Elistair)

Un appareil assemblé en France

Elistair s’appuie sur un réseau de sous-traitants français pour assembler le drone dans un atelier situé en périphérie de Lyon, à Dardilly (Rhône). L’entreprise ne communique pas sur le prix mais elle précise plusieurs caractéristiques.

L’appareil peut porter deux kilos de charge utile et sa caméra dispose d’une portée de détection de 10 kilomètres. La fibre optique dans son micro-fil lui permet de déployer des noeuds de communication 4G/5G par liaison de données. Un bouton sur la station d’alimentation sert à déployer rapidement le drone avec un système de décollage et d’atterrisage automatisés. De quoi simplifier le pilotage de l’aéronef.

Plusieurs clients déjà séduits dans la défense

Côté applications, Elistair détaille des cas d’usage dans le secteur de la défense, de l’événementiel et de la sécurité publique : soutien aérien pour la gestion de crises, lutte anti-incendies, vidéoprotection pour les grands événements, sécurisation de périmètres dans les aéroports.... Autant de situations où une surveillance aérienne sur plusieurs heures, de jour comme de nuit, peut effectivement s’avérer utile. La DGA avait d’ailleurs subventionné les travaux de la start-up en 2017.

Fondée en 2014, l'entreprise compte aujourd'hui une quarantaine de salariés en France et aux États-Unis. L’Orion 2 a déjà trouvé des clients même si Elistair préfère préserver leur anonymat. “Une première série a déjà été produite et livrée à des clients défense à l’international. Et une seconde série va être produite également pour des clients défense pour la fin de l’année 2020”, indique l’entreprise à L’Usine Nouvelle.

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