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[En images] Parpaings, barrières en aluminium... Quand la RATP simule une crue majeure de la Seine

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Reportage Sur le parvis de la station de métro Balard (ligne 8), dans le XVème arrondissement de Paris, une trentaine d'agents de la RATP s'entraînent à intervenir comme si la crue de 1910 se reproduisait. Mardi 11 décembre, L'Usine Nouvelle a assisté à la mise en place des protections de points d'infiltration d'eau. 

[En images] Parpaings, barrières en aluminium... Quand la RATP simule une crue majeure de la Seine
En cas de montée importante des eaux, la RATP aurait plus de 400 points d'infiltration à protéger.
© Prune Hallery

Péniches à hauteur des quais, routes inondées, voitures sous l’eau… Les images de la crue de la Seine en Île-de-France en 2016 et 2018 ont marqué les esprits. Entre la fermeture de certaines stations et la protection de points d’infiltration d’eau, le dispositif de la RATP est vaste pour faire face à ce risque naturel.

A côté de la station Balard, sur la ligne 8 du métro parisien, plusieurs hommes en gilets oranges et casques blancs s’activent dans une zone encerclée de barrières : la RATP entraine ses équipes à la simulation d’une forte crue de la Seine. Nom de code au sein de l’entreprise publique : "le plan Sequana". Mardi 11 décembre, une trentaine de personnes montent des protections pour protéger une grille d’aération et un poste éclairage force (PEF) permettant l’alimentation de l’éclairage du métro. La RATP estime qu‘il y a près de 400 points d’infiltration d’eau comme ceux-ci en Île-de-France. Une centaine de stations de métro sont concernées.

Les opérateurs agissent comme si une crue centennale telle que la crue de 1910 touchait la ville. Ils attendent une montée des eaux de près de 90 centimètres. Quelques cinq millions de personnes seraient impactées si une telle crue survenait. L’OCDE estime les dégâts matériels entre trois et trente milliards d’euros en Île de France lors de ce genre d’évènement.

Aluminium et parpaings

"Le XVème arrondissement est particulièrement touché en cas de crue. Nous réalisons donc cet exercice à cette station de la ligne 8 en coopération avec la Mairie du XVème", explique David Courteille, coordinateur général - plan de protection contre le risque d’inondation.Objectifs? "Que la ligne puisse fonctionner en sécurité le plus longtemps possible, que les infrastructures soient protégées et que l’eau soit écartée de la zone", précise-t-il.

Des barrières étanches en aluminium ont été montées autour du PEF en deux heures grâce à une équipe de cinq personnes. Pour une surface à protéger de deux mètres carrés, une surface de 36 mètres carrés est nécessaire pour accueillir la structure de protection. Cette installation, plutôt légère, demande peu de temps de mise en place mais nécessite une superficie importante.

PEF entouré de ses protections amovibles en aluminium. © Sybille Aoudjhane

Les agents RATP installent les dernières pièces pour que la structure protège d'une crue de plus de 90 centimètres de haut. © Prune Hallery

De l’autre côté de la route, se trouvent plusieurs équipements tandis qu'une bétonnière tourne en continu. Les opérateurs s’attellent au second exercice : protéger une bouche d’aération à l’aide d’une structure en parpaings de 1,20 mètre de haut. Les gilets oranges sont tous des agents de maintenance ayant reçu une formation obligatoire et sont habilités à manier ce type de matériel.

Réaliser une protection à l'aide de parpaings nécessite plus d'infrastructures. © Sybille Aoudjhane

La protection consiste à ériger une structure en bois autour de la zone à protéger. Puis, il faut l’entourer de deux rangées de parpaings écartés de dix centimètres et faire couler du ciment entre les deux pour assurer l’imperméabilité. "Cette solution permet d’avoir une protection à la dimension que nous souhaitons", souligne Alexandre Ambroise, responsable de l’équipe de maintenance sur place. En revanche, elle est plus lourde et nécessite plus de logistique. Il faut huit heures pour tout mettre en place avec une équipe de huit personnes. "Tout dépend de la vitesse de la montée des eaux. Généralement nous avons entre trois et quatre jours pour tout sécuriser", précise David Courteille.

Une ossature en bois permet de structurer la protection. © Prune Hallery

La protection en parpaings peut être dimentionnée en fonction de la zone à protéger, comme ces grilles d'aération. © Sybille Aoudjhane

Moins de personnes, moins de temps

La RATP réalise tous les ans des exercices en interne pour entrainer ses équipes. D’autres entrainements, qui sollicitent plus d’infrastructures et des opérateurs extérieurs comme celui-ci, sont réalisés moins régulièrement. La dernière grande opération Sequana a eu lieu en 2016.

En première phase d’annonce d’inondation, 1 000 personnes sont déployées par la RATP pour monter différents systèmes de protection. "Chaque agent est affecté selon son habitation", précise Jean-Baptiste, un agent RATP venu réaliser l’exercice. Le matériel est déposé sur les lieux de mise en place depuis les zones de stockage situées en Île-de-France (le lieu n’a pas été communiqué pour des raisons de sécurité). "Il faut encore progresser sur le déploiement des personnes et sur l’efficacité du matériel pour que cela demande moins d’opérateurs sur place", note David Courteille. "Grâce à cet exercice nous pourrons aussi savoir combien de temps nous mettons pour tout monter afin de ne pas lancer les opérations trop tôt lors des véritables crues". La RATP travaille sur du nouveau matériel en aluminium plus léger pour mobiliser moins de personnes et monter le plus tard possible.

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