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L'Usine Aéro

[En coulisses] Hélicoptères de France, l’entreprise derrière les images aériennes du Tour de France

Sybille Aoudjhane , , , ,

Publié le , mis à jour le 09/07/2018 À 12H31

Reportage Le Tour de France est déjà lancé depuis quelques étapes et les images des cyclistes attirent déjà le regard de millions de spectateurs. Derrières ces prises de vues aériennes, se trouve l’entreprise Hélicoptères de France qui filme et retransmet le tournage. Reportage dans l’un des hélicoptères du Tour qui ont fait les essais quelques jours avant le départ de Noirmoutier le 7 juillet. 

[En coulisses] Hélicoptères de France, l’entreprise derrière les images aériennes du Tour de France
Hélicoptères de France affrète huit hélicoptères pour suivre au plus près le Tour de France.
© Sybille Aoudjhane

Souvenir d’enfance ou d’été, peloton groupé sur des plaines, maillot jaune essoufflé en montagne... Les vidéos du Tour de France sont retransmises dans le monde entier et marquent les esprits. Mais derrière ces cyclistes en sueur, une véritable organisation rigoureuse et technique permet d’avoir une image de qualité, montée comme un film hollywoodien. Cinq motos autour du peloton, trois hélicoptères à différentes altitudes, deux avions en haute altitude, un car-régie en ligne d’arrivée, et deux points relais autour du parcours... il y a du monde dans les coulisses du Tour.

Deux hélicoptères-caméras et un hélicoptère relais

16h25 - Deux jours avant le 7 juillet et à quelques kilomètres de la ligne de départ, les hélicoptères de l’entreprise Hélicoptères de France (une centaine de salariés pour un chiffre d'affaires de 32 millions d'euros) arrivent un à un sur le tarmac de l’aérodrome de La-Roche-sur-Yon, en Vendée. L’ambiance est encore détendue, tous les pilotes se saluent et s’entraident pour se réalimenter en carburant. "La Flèche ! On va bientôt partir pour les essais". Philippe Fléchard, surnommé "La Flèche", en est à son septième Tour de France. Il est pilote de l’hélicoptère relais qui permet de retransmettre les images au car de la régie en partenariat avec Euromedia. Il vole à 1 200 mètres, au-dessus des motos et des hélicoptères-caméras. "Je retransmets surtout les images de la moto n°1, explique-t-il, mais l’important, c’est de rester dans la zone au-dessus des motos pour retransmettre une image de bonne qualité. Il faut imaginer un cône assez étroit et vertical dans lequel il faudrait rester".

L’hélicoptère relais est aisément reconnaissable. Il traine derrière lui de nombreuses antennes et porte quelques kilos de câbles, fils et écrans pour assurer la retransmission. A la droite du pilote se trouve un petit écran qui lui permet de voir quelles images sont envoyées à la régie, mais surtout de vérifier qu’il se trouve toujours dans ce cône de qualité d’image. Sur l’écran, l’hélicoptère est symbolisé par un avion et le cône de qualité d’image par un cercle rouge. Philippe Fléchard doit s’assurer de rester dans ce cercle. 

A l'intérieur de l'hélicoptère relais, se trouvent bon nombre de câbles © Sybille Aoudjhane

Les antennes, à l'arrière de l'hélicoptère relais © Sybille Aoudjhane

Les deux hélicoptères-caméras sont aussi présents sur le tarmac de La-Roche-sur-Yon. Ils disposent de deux optiques accrochées au niveau des patins. "Ce sont des optiques externes aux caméras qui se trouvent à l’intérieur de l’hélicoptère, explique Manuel Benitoux, pilote chez Hélicoptères de France. Celle à l’avant permet d’avoir une image grand angle du peloton, celle sur le côté d'obtenir un zoom très précis", ajoute-t-il.

En temps normal, ces hélicoptères doivent se situer à 50 mètres minimum au-dessus du sol. Mais des autorisations spéciales ont été obtenues pour le Tour. "En prenant les précautions nécessaires, nous pouvons filmer et descendre jusqu’au sol", assure Manuel Benitoux. Pour des raisons de sécurité, ce sont les modèles AS 355 Ecureuils biturbines des hélicoptères-caméras qui sont habilités à survoler les villes, si jamais moteur cassait. En revanche, l’hélicoptère relais est un AS 350 Ecureuil monoturbine.

Un des deux hélicoptères-caméras de l'entreprise © Sybille Aoudjhane

Deux jours avant, les essais

17h50 - Départ pour les essais. Les motos, hélicoptères-caméras et l’hélicoptère relais se retrouvent au-dessus de Saint-Hilaire de Talmont (Vendée) pour vérifier la bonne transmission des images. Soufiane Berrichi, opérateur sur l’hélicoptère relais, travaille depuis plusieurs années avec Philippe Fléchard sur l’évènement. Pour les essais, ils prennent le cap 214 et montent à 2 500 pieds, tandis que les deux hélicoptères-caméras sont à basse altitude. Au-dessus de Saint-Hilaire de Talmont, l’hélicoptère relais fait des tours pour atteindre 4 000 pieds (1 200mètres) à 90 km/h.

Pendant les opérations, les nuages de la côte atlantique n’aident pas à la réception. Un des points relais au sol ne retransmet pas les images. L’équipe se rapproche du car de la régie en remontant vers le nord de huit km. "Essaye de monter le plus haut possible, puisqu’il y a une éclaircie dans les nuages, demande Soufiane Berrichi. Ok. Et maintenant fais un 360°". Après 1H20 de vol, les essais se terminent et les hélicoptères-caméras, qui manquent de carburant, doivent rentrer à Fontenay-le-Comte (Vendée). Il s’y trouve le car de la régie et y aura lieu le briefing.

Durant tout le vol d’essai, Soufiane Berrichi a fait le test de réception d’image avec les motos, alors que l’hélicoptère montait ou descendait. "C’est une configuration technique uniquement. Les essais artistiques seront faits demain", précise l’opérateur relais. Il explique qu’il peut recevoir trois images sur trois canaux différents: généralement les images de la moto n°1 et des deux hélicoptères. L’un se trouve très fréquemment au-dessus du peloton tandis que l’autre peut se décaler s’il y a un mouvement individuel par exemple. "L’hélicoptère relais est comme un mini-satellite flexible et maniable", sourit Soufiane Berrichi. "Les tests n’ont jamais été aussi longs", plaisantent les deux co-équipiers.

Pour attirer le regard des caméras des hélicoptères, beaucoup d'agriculteurs et habitants des régions réalisent des animations. © Sybille Aoudjhane

Sur une table en bois, ensoleillée par une lumière jaune de crépuscule, au bord de l’aérodrome de Fontenay-le-Comte, l’équipe est enfin arrivée. Les pilotes, les cameramen, les techniciens, et surtout le réalisateur, Jean-Maurice Ooghe, qui assure la direction artistique des images du Tour. Depuis le mois de janvier, ce dernier repère les lieux et choisit les plans, cadres, angles de vue qui seront tournés pendant l’évènement sportif. Tout est décidé en avance, rien n’est laissé au hasard. "Sans lui, tu n’as pas d’image", souligne Philippe Fléchard.

Le réalisateur distribue les "roadbooks", la "bible" du Tour. Dans ce gros livret à cerceaux, les étapes et prises de vues sont détaillées à la minute près. "A partir de l’étape d’Annecy, ce sont les hélicoptères monomoteurs qui filment en montagne, insiste Jean-Maurice Ooghe. Du coup, les arrivées en ville se font en bimoteurs". Il poursuit: "j’ai fait attention au kérosène pour l’autonomie en montagne. J’ai fait en sorte de faire des étapes de deux heures, faites aussi attention à votre autonomie et à votre stratégie", indique-t-il aux pilotes. "Sur ce, bon Tour de France !". Les voilà prêts à affronter le départ à Noirmoutier, samedi 7 juillet.

Les VIP, l’autre casquette d’Hélicoptères de France

Cinq Ecureuils monoturbines s’occupent aussi des invités VIP du Tour de France. La filiale voyage de l’entreprise organisatrice, Amaury Sport Organisation (ASO), réserve ces appareils pour permettre aux sponsors du Tour, comme Carrefour ou Nestlé, d’inviter quelques privilégiés. Jean-Marc Genechesi, PDG d’Hélicoptères de France, raconte que tous les matins, les hélicoptères attendent les VIP à l’aéroport le plus proche de l’étape. "Souvent, les VIP viennent en Falcon du Bourget, précise-t-il. On les emmène au plus proche de la zone de départ".

Un travail de longue haleine, car durant six semaines, un membre de l’équipe doit trouver des zones de posée près du parcours. Appelées Drop Zones, elles sont au nombre de six ou huit autour de l'étape, situées tous les 40 km. Le responsable doit ainsi trouver des champs, assez plats pour recevoir les cinq hélicoptères VIP et répondant aux mesures de sécurité. Il demande ensuite l’accord des propriétaires. Les hélicoptères font "des sauts de puces" entre ces zones pour emmener les différents invités visualiser la course à 300 mètres d’altitude.

 

UNE ORGANISATION EN BETON

4 500 entraineurs, coureurs, journalistes, organisateurs,... suivent la course itinérante dans toute la France. La Direction des compétitions s’occupe du tracé de la course. Après cela, ASO s’occupe de toute la gestion des sites : les réservations de terrain, la réglementation, la sécurité, l’hébergement... 12 à 14 millions de spectateurs viennent assister à l’évènement sur les trois semaines.

"La préparation s’effectue un an en avance", détaille Jean-Louis Pagès, ancien directeur des sites du Tour de France. Près de 24 000 policiers et gendarmes sont sollicités. "C’est l’évènement sportif annuel le plus vu au monde, et c’est comme si on déplaçait un stade à chaque étape du Tour pendant trois semaines", insiste-t-il. Cela demande donc beaucoup de préparation. On connait déjà le parcours de 2019 !"

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