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[En images] Derrière l'opérateur téléphonique Orange, un réseau mondial de câbles sous-marins

Sybille Aoudjhane , ,

Publié le

Reportage L'Usine Nouvelle a assisté à l'atterrissement du câble sous-marin de fibre optique Kanawa déployé par Orange en Guyane française. Outre son activité d'opérateur téléphonique, le géant des télécoms s'attelle à développer un réseau international de câbles internet et envoie ses propres équipes sur place. Reportage, de la cellule de contrôle à la pose du câble. 

[En images] Derrière l'opérateur téléphonique Orange, un réseau mondial de câbles sous-marins
Ella F, le bateau affrété par Orange Marine, permet d'enfouir le câble sur les derniers kilomètres.
© Sybille Aoudjhane

Près du bord de mer en Guyane française, les marins s’activent sur le pont du remorqueur Ella F. Si leur activité se fait bien sur l’océan, ces matelots travaillent... pour la société de télécom Orange. Sa filiale Orange Marine s’occupe de poser en mer tous les câbles de fibre optique responsables de la connexion internet intercontinentale. Bien au-delà du réseau téléphonique français, Orange est propriétaire, co-propriétaire ou locataire de 450 000 kilomètres de câbles dans le monde.

Samedi 27 octobre, Orange Marine, a raccordé le câble sous-marin Kanawa au réseau terrestre de la Guyane française. Un câble de 1 746 kilomètres qui relie la Martinique à Kourou pour améliorer le réseau internet de cette région d’outre-mer. "Deux câbles permettent déjà à la Guyane d’avoir la fibre : Americas 2 qui remonte jusqu’à la Floride et SG-SCS, qui passe par le Suriname", indique Jean-Luc Vuillemin, directeur général d’Orange international networks. "Suite à des accidents sur ces câbles et en prévention de la hausse du trafic, nous avons décidé de réaliser Kanawa, d’une capacité de 10 térabits par seconde", explique-t-il. Ce câble a été déployé par les fonds propres d’Orange, un investissement compris entre 35 et 40 millions d’euros.

Un grand canyon après le plateau

Chaque câble est fait sur mesure en fonction du terrain. "Sur 24 kilomètres à partir du bord de mer, il n’y a que de la vase, nous avons dû enfouir le câble pour le protéger des pêcheurs, décrit Sébastien Tesio, responsable du projet. A partir de 100 kilomètres, nous avons aussi enterré le câble à cause des courants marins. Enfin à la fin du plateau se situe un grand canyon, nous avons dû faire passer le câble dedans pour éviter les risques de casse". Kanawa doit pouvoir être opérationnel à partir de janvier 2019, et ce pendant 25 ans.

Un des six navires câbliers d’Orange, le Pierre de Fermat, a réalisé toutes les opérations de pose dans l’océan et l’ensouillage du câble. Le plateau de faible profondeur près des côtes de Guyane a imposé l’affrètement d’un autre bateau au tirant d’eau inférieur : Ella F. Ce navire déploie le câble au-dessus de l’eau et des plongeurs mettront près de 25 jours pour l’enfouir. Il le sera ensuite sur les 70 mètres suivants de terre ferme et sera relié au réseau terrestre dans une chambre plage.

(Matériel disposé sur Ella F pour mettre le câble à l'eau)

Quelques millimètres de fibre

Enfouir les câbles sous terre semble être la seule protection à un dispositif assez vulnérable. Le fil fibre de verre au centre, responsable de la transmission du réseau, mesure seulement quelques millimètres de diamètre. Pour le protéger, un tube d’acier et un anneau de cuivre l’entourent. Enfin du polyéthylène permet de l’isoler de l’eau. Des armures en plus peuvent protéger la fibre mais le câble ne dépasse jamais les cinq centimètres de diamètre. Si le tracé du câble essaye d’éviter les zones de pêche, les ancres de bateaux peuvent facilement couper la fibre. Les tremblements de terre sont aussi des dangers.

(Section du câble sous-marin avec la fibre au centre)

Orange Marine ne dispose pas de système de protection particulier mais possède un centre de gestion des câbles internationaux en métropole. L’agencement de la salle de contrôle, digne d’un James Bond, affiche sur un écran géant tous les câbles présents dans le monde entier. Certaines sections en rouge indiquent une zone défaillante. Orange Marine peut déployer ses équipes pour les réparations nécessaires.

Et après ?

Début novembre, la même opération sera réalisée côté Martinique. Kanawa sera ensuite prêt pour les tests de sécurité et de connexion. "Si nous comparons avec le réseau routier, c’est une autoroute que nous venons de construire", souligne Chantal Maurice, déléguée régionale d’Orange en Guyane. "Le travail doit continuer au niveau du territoire et au niveau des partenariats publics-privés". Avec sa double casquette d’opérateur mobile et réseau international, Orange s’est engagé auprès de l’Etat à ce que tous les foyers de Cayenne et Remire-Montjoly, deux villes sur la rive, soient raccordables à un réseau très haut débit d’ici à 2020 (soit 30 Mégabits par seconde). En 2014, 23 % des foyers n’étaient pas encore desservis par des réseaux ADSL.

Dans cette optique de numérisation de la Guyane, le maire de Kourou, François Ringuet, s’enthousiasme de l’arrivée de Kanawa dans sa ville. "Nous avons lancé un appel d’offre en septembre 2018 pour y créer un pôle numérique, avec un fablab, une école pour adulte, ... " Un investissement de 3 millions d’euros qui sera porté par l’arrivé du câble.  Et Jean-Luc Vuillemin d’ajouter : "un câble de fibre optique apporte beaucoup de dynamisme : il attire des compétences numériques et des données".

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