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[En images] Dans l’Hérault, la start-up Zephalto veut emmener des touristes en ballon dans la stratosphère

Simon Chodorge , , , ,

Publié le

Images Basée au Pouget (Hérault), l’entreprise Zephalto a fait voler pour la première fois en août un prototype de ballon. Grâce à plusieurs innovations, la start-up souhaite proposer des vols touristiques dans la stratosphère.

[En images] Le français Zephalto veut emmener des touristes en ballon dans la stratosphère
Le premier vol du ballon prototype Odyssée 8 000 s'est déroulé le 21 août à partir de 4 heures du matin.
© Zephalto / Camille Poirot

D’un village de l’Hérault… à la stratosphère. La start-up française Zephalto pourrait accomplir ce grand écart. En août, elle a fait décoller pour la première fois son prototype de ballon innovant Odyssée 8 000. D’autres vols sont prévus pendant l’automne 2020. À terme, l’entreprise souhaite proposer des vols touristiques à 25 kilomètres d’altitude.

(Le prototype de Zephalto comporte en fait deux ballons : une poche d'air à volume fixe à gauche, et un ballon qui n'est pas encore gonflé sur la photo. Crédit : Zephalto / Guillaume A)

Après deux ans de perfectionnement, le prototype Odyssée 8 000 a décollé du Pouget (Hérault), où est basé Zephalto. En l’espace de quatre heures, le ballon a parcouru 300 kilomètres jusqu’à 1 500 mètres d’altitude pour atterrir à Sauviat (Puy-de-Dôme). Il embarquait deux personnes : le fondateur de Zephalto, Vincent Farret d’Astiès et le président de la Fédération française d’aérostation Benoît Pelard. La mission a permis de tester les procédures de décollage, d’atterrissage et d’intégration dans le trafic aérien.

(Une fois gonflé, le prototype mesure 70 mètres de hauteur. Crédits : Camille Poirot / Zephalto)

Un régulateur d’altitude breveté pour voler sans limite de temps

Ancien contrôleur aérien et ingénieur, Vincent Farret d'Astiès a fondé Zephalto en 2016. Le pilote rêve alors d’un vol en très haute altitude et sans limite de temps. “À bord d’un ballon à gaz classique, il faut jeter du sable pour monter et évacuer du gaz pour descendre, rappelle le fondateur, interrogé par L’Usine Nouvelle. Nous, nous avons remplacé ce système par une grande poche d’air à volume fixe sous le ballon dans laquelle nous comprimons l’air.” 

Zephalto a breveté ce régulateur d’altitude. En compressant l’air, l’invention permet d’augmenter la masse du ballon et donc de lui faire perdre de la hauteur. À l’inverse, décomprimer l’air permet de le faire monter. Cette technique peut fonctionner de façon perpétuelle grâce à des panneaux solaires ultra-légers. L’entreprise défend donc une solution écologique en plus de ses avantages techniques.

(Zephalto utilise des panneaux solaires souples pour alimenter son régulateur d'altitude. Crédits : Camille Poirot / Zephalto)

Des travaux sur une enveloppe réutilisable

À la différence des ballons-sondes qui volent déjà en très haute altitude pour des missions météorologiques, Zephalto travaille également sur une enveloppe réutilisable. “Pour descendre de la stratosphère actuellement, l’enveloppe du ballon est déchirée et il descend sous parachute. L’enveloppe n’est jamais réutilisée”, souligne Vincent Farret d'Astiès.

La start-up cherche donc à développer une structure multi-couches en polymère qui offre un compromis entre légèreté et résistance aux basses températures. “Le matériau doit rester souple même à -80°C alors que beaucoup de plastiques deviennent cassants à basse température”, insiste le dirigeant.

(Le prototype Odyssée 8 000 peut embarquer jusqu'à trois personnes. Crédits : Camille Poirot / Zephalto)

Pour peaufiner ses projets, Zephalto a déjà bénéficié de l’expertise des chercheurs du Centre national d’études spatiales (Cnes). L’Union européenne et la région Occitanie ont apporté quant à eux des financements. L’entreprise prépare une deuxième levée de fonds de plusieurs millions d’euros.

Un vol à 25 kilomètres d’altitude en 2024

Le prototype Odyssée 8 000 peut déjà atteindre 12 kilomètres d’altitude, là où débute la stratosphère. Zephalto travaille également sur Céleste, un ballon plus grand capable d’embarquer deux à six personnes à 25 kilomètres d’altitude dans une nacelle pressurisée. Les passagers pourront alors observer la courbure de la Terre ou encore “faire l'expérience de la modification du sens du goût en dégustant des plats préparés par des chefs étoilés”, indique Zephalto dans un communiqué.

Zephalto travaille avec Thales Alenia Space pour concevoir cette nacelle. Vincent Farret d’Astiès mentionne également des collaborations avec ECA Group (spécialiste des systèmes robotisés pour les milieux hostiles) et Comat (expert en transformation du métal).

(Le ballon Céleste représenté en images de synthèse. Crédit : Zephalto)

Le dirigeant estime que le projet coûtera au moins 20 millions d’euros. Pour les passagers, le ticket pour un vol stratosphérique devrait être vendu à plusieurs dizaines de milliers d’euros. Il reste quelques années pour économiser : le ballon Céleste devrait entrer en service en 2024.

Des services proposés aux entreprises dès 2021

D’ici là, Zephalto mise sur d’autres applications. L’entreprise souhaite proposer des vols scientifiques et expérimentaux dans la stratosphère dès 2021. Les possibilités ne manquent pas en-dehors du tourisme : télécommunications, détection, prises de vue aériennes…

(Une mission scientifique avec le ballon stratosphérique de Zephalto, représenté en images de synthèse. Crédit: Zephalto)

Pendant l’automne 2020, le prototype Odyssée 8 000 va également poursuivre ses vols d’essai. Ceux-ci permettront “de collecter des données scientifiques inédites et de réaliser des analyses atmosphériques sur une durée jusqu'alors inconnue. Sur le plan physiologique également, les réactions des pilotes (oxymétrie, électrocardiogramme, évaluations cognitives...) sont régulièrement enregistrées”, affirme Zephalto.

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