Environnement

[En images] Comment Pellenc ST rend le tri intelligent

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Reportage La PME du Vaucluse Pellenc ST est le leader français du tri optique des déchets. Au-delà des machines, elle vend du service grâce à l’intelligence artificielle et à l’IoT.

[En images] Comment Pellenc ST rend le tri intelligent
Outre des équipements, Pellenc ST vend un service intelligent grâce à un logiciel d’aide à la performance conçu pour analyser le fonctionnement des trieurs optiques.

Ce 14 octobre, Bertrand Piccard vient dire son admiration aux 120 salariés de Pellenc ST, qu’il parraine, dans l’usine de Pertuis (Vaucluse). "Il est possible de soutenir l’économie circulaire à travers des solutions technologiques innovantes, vous en êtes la preuve", clame le visionnaire à l’origine de Solar Impulse, le premier avion zéro carburant. Pellenc Selective Technologies, ou Pellenc ST, est une spin-off du groupe Pellenc, leader européen de la robotique agricole. Créée en 2001, elle est spécialisée dans la fabrication de machines de tri optique des déchets.

Sa principale machine de tri, la Mistral+, s’appuie sur la spectrométrie infrarouge, qui analyse le spectre lumineux renvoyé par les déchets pour en déduire leur composition chimique et différencier le polyéthylène téréphtalate (PET), le PET opaque, le polypropylène, le polyéthylène haute densité, le papier, le carton, le bois… Un souffle d’air pulsé permet d’évacuer les déchets du flux dans différents compartiments selon leur matière. Pellenc ST assemble 173 machines de tri par an dans un atelier situé au centre de l’usine.

La PME a installé quelque 1 600 machines, reconnaissables à leurs couleurs bleu et jaune, dans 40 pays. Un équipement de tri optique coûte entre 150 000 et 300 000 euros. Sa durée de vie étant de dix ans, les enjeux sont sa capacité d’évolution (via une plate-forme logicielle), son ergonomie et sa robustesse. "Nous sommes en train de transformer l’outil industriel en outil intelligent et connecté", explique le président de Pellenc ST, Jean Henin. Une cinquantaine de personnes, sur un total de 180 salariés, travaillent au département R & D. Un espace de plus de 1 000 m2 est entièrement dédié au prototypage et à la validation de ses technologies pour tester ses équipements sur les différentes applications du marché.

Économie, écologie et technologie

Plus qu’une machine, Pellenc ST vend du service intelligent. "Le triptyque de l’entreprise est d’allier économie, écologie et technologie", revendique Jean Henin. Le dirigeant s’attaque ainsi au problème central de l’économie circulaire, celui de la compétitivité. "Le tri s’impose au niveau planétaire, mais il doit trouver une plus grande rentabilité." Le logiciel Smart and share de Pellenc ST, qui collecte les données des centres de tri grâce à l’intelligence artificielle et l’IoT, permet de générer du conseil et des prescriptions pour améliorer la rentabilité des opérateurs. L’analyse des données permet, entre autres, de programmer de façon optimale les arrêts pour maintenance et d’éviter de coûteuses pannes : jusqu’à 1 000 euros pour une heure d’arrêt non planifié.

Dans les pays occidentaux, le marché du tri et de la régénération des déchets est plus porteur encore depuis que la Chine, suivie par plusieurs pays d’Asie, a fermé ses frontières aux déchets en mélange ou présentant des taux d’impureté élevés. La France compte 200 centres de tri, mais trop peu de centres de régénération, notamment de plastiques, faute de rentabilité et de demande. Bien que facilitant un tri à la source, le projet d’instauration d’une consigne pour les bouteilles en plastique défendu par la secrétaire d’État à la Transition écologique, Brune Poirson, pourrait avoir un effet négatif sur le système de tri actuel : "Nous avons constaté la mise en attente d’appels à projets pour la modernisation de centres de tri", assure Jean Henin.

Pellenc ST a réalisé un chiffre d’affaires de 40 millions d’euros en 2018, dont 70 % à l’export. L’entreprise affiche de grandes ambitions : un chiffre d’affaires doublé à 85 millions d’euros et un effectif de 250 personnes d’ici à 2025. Avec deux filiales aux États-Unis et au Japon et des agences dans une dizaine de pays d’Europe, d’Asie et d’Amérique du Sud, la PME revendique 20 % de parts de marché dans le monde, face au norvégien Tomra, le leader du marché, qui en détient 60 %. Jean Henin en est persuadé : "Dans ce secteur, il n’y a pas de concurrence, plus on est nombreux, plus on fera avancer l’économie circulaire."

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