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L'Usine Aéro

[En images] Comment Airbus initie une conduite plus manuelle dans les avions

Sybille Aoudjhane , ,

Publié le

Vidéo Airbus travaille sur l'évolution de l'outil de pilotage appelé Primary flight display (PFD) pour rendre le cockpit moins automatisé. Il planche sur une version harmonisée avec d'autres constructeurs favorisant la conduite manuelle. Leur peur : que les pilotes perdent certains réflexes. 

Comment Airbus initie une conduite plus manuelle dans les avions
Le PFD est un outil de pilotage permettant d'avoir à disposition tous les instruments d'aide à la conduite. Airbus travaille sur une version plus harmonisée.
© Airbus

Depuis quelques années, il a le vent en poupe. Son nom: PFD, ou Primary flight display, un outil de pilotage développé afin de rassembler tous les instruments de pilotage au sein du cockpit. Le PFD est "un écran numérique de haute technologie qui combine un grand nombre de cadrans et de jauges d'antan", explique Airbus. "C'est un moyen de présenter l'information au pilote de manière synthétique", complète Maxime Nomico, pilote d'A330 pour Air France interrogé par L'Usine Nouvelle. 

"Avant, l'industrie aéronautique était très tournée vers l'automatisation. Mais les constructeurs font machine arrière car ils ont remarqué un manque de compétences de pilotage manuel, estime-t-il. Le PFD remet le pilote au centre du cockpit et favorise les aides pour une conduite manuelle". Les pilotes peuvent alors disposer d'outils particulièrement bien affichés pour avoir une meilleure gestion des instruments et ne pas se tourner systématiquement vers le pilote automatique. Ils volent ainsi à vue et se focalisent plus vers l'extérieur. 

Exemple de PFD affiché sur les cockpits des avions Airbus. © CC WIkimedia/Trainler

Airbus favorise donc les aides au pilotage manuel. Le HUD (collimateur à tête haute) en est un moyen : le PFD affiché au niveau des écrans sur le cockpit est aussi projeté au niveau du parebrise de l'avion, permettant au pilote de regarder à la fois l'extérieur et ses instruments de conduite. "En 2015, nous avons commencé à travailler sur un projet de recherche et de technologie qui rompt avec la tradition, afin d'exploiter tout le potentiel de la technologie d'écran moderne, donnant aux pilotes leurs données superposées sur une représentation visuelle presque réelle de leur conduite", explique Fabrice Bousquet, expert en systèmes de vision d'Airbus, dans un communiqué du groupe aéronautique français.

Exemple de HUD dans un avion.  © CC WIkimedia/Rama

L'hPFD, la version harmonisée

Mais ce que vise le constructeur aéronautique français, c'est une version harmonisée du PFD, le hPFD. "Les équipementiers qui construisent le HUD ne sont pas forcément les mêmes que ceux qui construisent le PFD, indique le pilote Maxime Nomico. Problème, les symboles n'étaient donc pas toujours les mêmes, alors que le HUD est censé reproduire ce qu'indique le PFD". L'objectif serait donc de parvenir à une norme dans l'information. "Les compagnies et leurs pilotes aimeraient avoir des cockpits avec cette technologie, et ils apprécient la conscience de la situation ajoutée qu’elle procure", ajoute Alexis Frenot, leader de différents projets Airbus.

Le hPFD affiche plusieurs avantages au niveau de la normalisation de la gestion du décollage, de la trajectoire de vol, et de l’ergonomie de la conduite. Elle assure une meilleure transition entre les écrans tête haute et tête basse. Le hPFD sera disponible en 2018 pour les A350 et A320, puis en 2019 pour les A330 et A380.

"Grâce au hPFD, nous sommes en mesure d’améliorer des paramètres nouveaux que sont la trajectoire et l’énergie, et ces paramètres rendent le pilotage plus simple, plus naturel", indique Jean-Michel Roy, pilote d’essai interviewé par Aerobuzz. Les écrans automatiques incitent "le pilote à perdre l’habitude du pilotage manuel", déplore-t-il.

 



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2 commentaires

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06/06/2018 - 12h15 -

La philosophie change chez Airbus, c’est pas trop tôt. Accepter que le pilote soit la « valeur ajoutée » au système plutôt que le « maillon faible » est fondamental, c’est d’ailleurs ce que propose déjà Boeing...
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27/05/2018 - 10h51 -

Bonjour, tous ces équipements, ces logiciels, sont des excellents outils qui contribuent à rendre le pilotage plus sûr et il est vraiment capital de les promouvoir. Ils seront d'autant mieux intégrés dans l'environnement des pilotes qu'en amont, existera une véritable politique de formation de ces pilotes, axée sur les compétences et les réflexes du pilotage manuel avec l'aide de tous ces outils. Il reste cependant énormément à faire en terme de standardisation de ceux-ci, afin de les rendres aisément assimilables par tous. Il faut également que leur utilisation soit identique sur tous les avions de lignes, ceux-là même qu' un pilote aura à rencontrer dans sa carrière. Merci à AIRBUS, pour cette nouvelle contribution, qui permettra au pilote de "reprendre la main", de manière sûre, chaque fois que nécessaire.
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06/06/2018 - 12h19 -

Oui pour la standardisation et la communauté de représentation graphique avec le Pfd, à condition que l’élaboration prenne appui sur l’intérêt qu’y voient les pilotes. Leur imposer un nouveau joujou inexploitable est peut être bon pour l’industrie mais pas pour la sécurité...
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