En Hongrie, l’affaire des boues rouges prend une tournure politique

Une semaine après la catastrophe qui a frappé le sud-ouest du pays, certains hongrois ont le sentiment que l’accident chimique a tourné à l’affaire politique.

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En Hongrie, l’affaire des boues rouges prend une tournure politique

Chaque jour, les journaux hongrois égrènent les rebondissements de la catastrophe qui a frappé, le 4 octobre, le petit village de Kolontar. Près d’un million de m3 de boues rouges, déchets de la production d’alumine, se sont échappées d’une raffinerie d’alumine de la société Magyar Aluminium Zrt (MAL). Des boues chargées en métaux lourds et soude qui se sont déversées dans plusieurs affluents du Danube, menaçant le plus grand fleuve d’Europe.

Pourtant une semaine après l’accident chimique, le flou demeure sur les circonstances et les responsabilités entourant le drame dans lequel 9 personnes ont perdu la vie. « Le gouvernement hongrois a interdit toute déclaration publique sur le sujet », avance un expert indépendant. Le gouvernement se charge désormais de la communication. Ainsi, le comité scientifique de l’académie des sciences chargé de l’enquête aux premières heures de la catastrophe, n’est plus autorisé, pour l’instant, à faire part de ses conclusions (sur la teneur en métaux lourds des boues ou l’ampleur des dégâts). De fait, les hongrois rencontrés à Budapest, à 160 kilomètres au sud-ouest du lieu de la catastrophe, ont le sentiment d’être au cœur d’une affaire écologique mais qui prend un tournant très politique. D’autant que le pays sort à peine d’élections : le parti conservateur hongrois, au pouvoir depuis avril dernier, a remporté très largement les élections municipales début octobre.

« La seule chose dont nous sommes sûrs c’est que le bassin de rétention des boues s’est brisé. Pourquoi ? Personne ne le sait », poursuit l’expert. Barrage n’ayant pas résisté aux mouvements du sol, installations vieillissantes mal entretenues, inspections laxistes n’ayant pas permis de réagir à temps… toutes les hypothèses circulent. En attendant de déterminer les responsabilités, la communauté européenne vient de dépêcher sur place cinq experts. Ils devront évaluer dans les prochaines semaines les dégâts sur les terres contaminées mais aussi la faune et la flore marine. Ils seront également chargés d’élaborer des pistes de dépollution.

De Budapest, Camille Chandès

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