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En France, on n'attaque pas le Doliprane !

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Non inscrit dans le répertoire des génériques, le Doliprane caracole en tête des ventes de médicaments en France. Une exception française qui agace les fabricants de paracétamol.

> Avec 170 millions de boîtes achetées en 2008, le Doliprane est le premier médicament prescrit en France. > 140 millions d'euros de chiffre d'affaires en France. > Production du principe actif par des sous-traitants (monde entier), galénique et conditionnement en France et en Allemagne par Sanofi-Aventis. > 17 génériques existent. Pour qu'un pharmacien puisse substituer un générique à un médicament prescrit par un médecin, il faut qu'il soit dans le répertoire des génériques, la liste officielle de l'Afssaps. Or le paracétamol est si ancien qu'il n'y a pas de définition du produit d'origine, indispensable à l'inscription au répertoire. Le pharmacien n'a donc pas le droit de proposer un générique lorsque « Doliprane » est écrit sur l'ordonnance, alors qu'il existe des génériques depuis onze ans en France. Mais si, à la place de la marque, il est mentionné la DCI (dénomination commune internationale) - paracétamol - ou si la personne demande du Doliprane sans avoir d'ordonnance, le pharmacien peut proposer des génériques. En France, environ un tiers des boîtes de paracétamol vendues sont des génériques.

Les entreprises citées

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Près de 45 ans après sa commercialisation, le Doliprane est encore choyé par Sanofi-Aventis. Le laboratoire pharmaceutique français vient d'investir 10 millions d'euros sur son site de Lisieux (Calvados), dédié à la production du paracétamol sous forme de comprimés, gélules, sachets ou suppositoires. Le groupe veut moderniser et abaisser les coûts des lignes de production qui transforment chaque année 1 000 tonnes de paracétamol en 145 millions de boîtes, destinées presque exclusivement au marché français. « L'étape de granulation a été intégrée afin d'obtenir un granulé de très bonne qualité et de réduire les temps de fabrication », précise Amer Khoury, le directeur du site de Lisieux. Pour Sanofi-Aventis, 93 % du chiffre d'affaires du Doliprane est en France. La petite boîte jaune et bleue accapare la première place au classement des médicaments les plus prescrits en unités, et maintient son empire face à ses 17 génériques. La raison ? Le Doliprane n'est tout simplement pas inscrit au répertoire des génériques. Les pharmaciens n'ont donc pas le droit de proposer un paracétamol générique lorsque « Doliprane » est écrit sur l'ordonnance. Une impossibilité contre laquelle se battent les fabricants des « copies ». « Le facteur clé de croissance pour le marché des génériques est l'élargissement du répertoire en gommant les exceptions françaises telles que le Doliprane et le Ginkor Fort, le veinotonique du français Ipsen », indique Didier Barrett, le directeur général Europe de Mylan, le groupe américain leader des ventes de génériques en France. Pourtant, en dépit des assauts répétés de ces fabricants, rien ne bouge.

Car ce problème administratif en cache un autre, de taille : le Doliprane représente près de 5 % des ventes françaises de Sanofi-Aventis, et plus encore en termes de contribution au bénéfice. Pour lui, pas question de s'en séparer. Et pour parer à toute velléité de changement, le laboratoire brandit une menace sensible : les emplois. Si les génériques gagnent du terrain et si les prix baissent encore, l'usine de Lisieux (175 salariés) ne pourrait certainement pas tenir. Difficile de balayer l'argument en ce moment. En contrepartie, les autorités de santé ont exigé une baisse de prix du Doliprane. « Mais pas du même ordre que les baisses de prix observées - entre 60 et 70 % - au Royaume-Uni avec la libre concurrence des génériques », souligne Claude Le Pen, économiste de la santé à l'université Paris-Dauphine. Entre diminuer les dépenses de santé ou privilégier l'aménagement du territoire, il faut choisir.

UN STATUT MENACÉ PAR L'ÉPIDÉMIE DE GRIPPE A ?

Cet hiver, l'épidémie de grippe A(H1N1), ajoutée à celle de la grippe saisonnière, pourrait rebattre les cartes. Les ventes du Doliprane et autres paracétamols devraient bondir puisque c'est le traitement de choix pour les malades sans complications. Le gouvernement a d'ailleurs demandé aux fabricants d'avoir un stock suffisant à disposition. Cette molécule n'est pas dans la ligne de mire des déremboursements, mais peut-être serait-ce le bon moment pour l'intégrer au répertoire des génériques.

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