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L'Usine Agro

En France, Monsanto mise sur l’outil de manipulation génétique Crispr pour étoffer son offre

Marion Garreau , ,

Publié le

Le groupe Monsanto vient de conclure un accord de licence pour utiliser l’outil le plus puissant de manipulation génétique, Crispr. Cette technologie pourrait donner un sacré coup d’accélérateur au travail de sa filiale française, qui veut notamment développer des semences plus résistantes aux aléas climatiques et plus gustatives.

En France, Monsanto mise sur l’outil de manipulation génétique Crispr pour étoffer son offre © Flickr/Bill Oswald

Monsanto se renforce dans les nouvelles techniques de manipulation génétique (NPBT, New Plant Breeding Techniques). Le géant américain a annoncé en France, mardi 11 octobre, la signature d'un accord avec le Broad Institute, un centre de recherche du MIT (Massachusetts Institute of Technology) et de Harvard, pour l’utilisation non exclusive de la technologie de modification du génome Crispr-Cas, qui croise la technologie d'édition du génome Crispr avec différentes protéines dont la plus connue est Cas9. Crispr-Cas permet de modifier sans aucun transfert d’ADN le génome, soit par l’intégration ciblée d’un gène, soit en renforçant ou supprimant une caractéristique, Crispr-Cas est aujourd’hui considéré comme l’outil de manipulation génétique le plus puissant.

Cet accord de licence est le cinquième passé par le groupe au cours des six derniers mois pour l’utilisation des NPBT, qui suscitent autant d’inquiétudes de la part des anti-OGM que d’espoir chez les semenciers. "Notre stratégie aujourd’hui est de pouvoir offrir une diversité génétique accrue aux agriculteurs, explique Yann Fichet, directeur des affaires institutionnelles à Monsanto France. Or pour cela, les NPBT sont essentielles.".

"Les semenciers se battent avec les décideurs"

"Les NPBT représentent une nouvelle forme d’exploration génétique mais sont également essentielles car on arrive au bout des autres techniques dans certains domaines", estime Yann Fichet. L’enjeu est d’autant plus grand pour Monsanto France que la culture des OGM est interdite dans le pays. "On a inventé les OGM car on n’avait pas les moyens  de créer autrement certaines variétés, explique-t-il. Avec Crispr et les autres techniques nouvelles, on va pouvoir obtenir des propriétés qu’on ne pouvait pas avoir avant". Exemple avec le blé, qui a la particularité d’avoir trois génomes. En modifiant trois gènes au même endroit sur les trois génomes, Crispr-Cas a permis de créer une variété résistante à la pourriture blanche. "Sans Crispr c’était impossible ; c'est une première mondiale", insiste avec enthousiasme Yann Fichet.

Aujourd’hui, l’objectif de Monsanto France est essentiellement de proposer des variétés plus résistantes, notamment aux aléas climatiques et à la sécheresse, et plus gustatives pour répondre aux préoccupations des consommateurs. Mais la stratégie de l’entreprise de s’appuyer sur les NBT pour étoffer son offre pourrait être contrariée par Bruxelles. La Commission européenne doit bientôt se prononcer sur la classification des NPBT en OGM ou non. "Il faut qu’on puisse utiliser ces nouvelles techniques dans les cinq années à venir, insiste Yann Fichet. Les semenciers se battent avec les décideurs pour pouvoir utiliser ces techniques sans fardeau règlementaire insurmontable." Eux estiment que ces techniques ne sont pas des OGM car aucun ADN étranger n’est introduit dans le génome de la plante. Mais les scientifiques sont divisés et plusieurs ONG voient dans ces techniques la possibilité pour les semenciers de tromper les consommateurs. La décision de Bruxelles pourrait donc mettre un terme à la bataille industrielle qui se profile. Ou la déclarer officiellement.

Marion Garreau

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