Abonnez-vous Identifiez-vous

Identifiez-vous

Vos codes d'accès sont erronés, Veuillez les saisir à nouveau. Mot de passe oublié ?

En France, Dow Chemical cherche à investir

Olivier James , , ,

Publié le

Entretien A la tête de Dow France depuis un an, Ramon Melgarejo tente de développer l'activité du groupe sur le sol français. Convaincu du potentiel du pays, il regrette tout de même certains freins…

En France, Dow Chemical cherche à investir © D.R.

Opération séduction pour le président de Dow Chemical France ! Au vu de la nouvelle stratégie récemment mise en place par le groupe américain (numéro deux mondial de la chimie) qui vise à s'orienter vers la chimie de spécialités, Ramon Melgarejo espère trouver de nouveaux clients industriels en France. Et il souhaite se faire davantage entendre des pouvoirs publics.

Ramon Melgarejo, 56 ans, a été nommé président de Dow Chemical France durant l'été 2011. Il était jusque-là directeur commercial de Dow AgroSciences pour l'Europe du Sud. Auparavant, il a occupé de nombreux postes au sein du groupe, en Espagne, en Amérique Latine, en Italie et aux Etats-Unis. Sa mission : faire de la France un pays phare pour le groupe. Dow Chemical y emploie près de 1400 personnes réparties sur neuf sites et réalise un chiffre d'affaires d'un milliard d'euros.

L'Usine Nouvelle - A l'heure où l'on parle beaucoup de la désindustrialisation en France, que pensez-vous de la compétitivité du pays ?
Ramon Melgarejo - La France a un gros potentiel de développement industriel mais n'a pas la place qu'elle devrait occuper. Je pense notamment à l'excellent niveau d'éducation, à la qualité des écoles d'ingénieurs, aux dispositifs à même d'attirer la recherche sur le territoire, ou encore au faible coût de l'électricité.

Contrairement aux idées reçues, le coût du travail n'est pas le plus élevé d'Europe. La France a des atouts considérables pour développer son industrie! La perception actuelle de ce pays à l'étranger ne correspond pas à la réalité des faits. L'importance des grèves, en particulier, est souvent exagérée. Je reconnais néanmoins qu'il faudrait encourager la mentalité d'entrepreneur, et que l'entreprise et l'industrie pourraient être davantage valorisées.

Quelle est la stratégie mise en place par le groupe Dow Chemical ?
Historiquement, le groupe est tourné vers des produits de commodités, mais ceux-ci sont très sensibles aux effets de cycles. Pour réduire ce phénomène, nous nous sommes résolument tournés vers les produits de spécialités, plus proches des consommateurs finaux, et à plus haute valeur ajoutée. L'achat de Rohm and Haas en 2009 allait dans ce sens. Cette transformation nous amène à changer de culture au sein de la société.

Nous nous entourons de personnes qui connaissent directement les marchés finaux. En France, nous travaillons ainsi avec les grands acteurs de la construction d'infrastructures, de l'agroalimentaire, de la cosmétique ou de l'automobile. Ce sont désormais les besoins de nos partenaires et les fonctions de l'application finale qui président au développement de nouvelles solutions.

Comment comptez-vous assurer le développement du groupe en France ?
Avec cinq sites de production et un centre de recherche, nous sommes un acteur industriel majeur en France. Et nous souhaitons être identifiés comme tel. La perception du pays doit évoluer au sein des directions des grands groupes étrangers tels que Dow, et j'y participe à mon niveau ! Nous souhaitons faire venir de l'investissement en France. Pour cela, nous avons besoin de partenaires industriels avec lesquels développer des synergies. Nous sommes par exemple capables de fournir les matériaux pour les grandes pales d'éoliennes mais nous cherchons des industriels capables de les mettre en forme et de les assembler…

Dow est le numéro deux mondial de la chimie et nous fournissons aujourd'hui un effort important en France, mais les portes s'ouvrent lentement. C'est troublant. Les pouvoirs publics pourraient sans doute jouer un rôle important pour rapprocher les partenaires industriels autour de grands projets dans l'hexagone.

Réagir à cet article

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte
Suivez-nous Suivre Usine Nouvelle sur Facebook Suivre Usine Nouvelle sur Twitter RSS Usine Nouvelle