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L'Usine Matières premières

En France, Bayer investit pour l'avenir

Publié le

Les fabricants de pesticides, qui exploitent de nombreuses usines en France, doivent s’adapter à un marché mature. Visite chez Bayer Cropscience, près de Lyon.

En France, Bayer investit pour l'avenir © Bayer

Aux portes de Lyon, le site de La Dargoire surplombe la ville. Il y a une quinzaine d’années, il abritait Rhône-Poulenc Agro, le leader mondial de l’agrochimie. Depuis, les lieux sont passés sous pavillon allemand. Le repreneur, la division CropScience du chimiste Bayer, est devenu le numéro un hexagonal des pesticides et figure dans le top 3 mondial. Avec ses 210 chercheurs, La Dargoire est le principal centre de R & D privé travaillant sur la protection des plantes en France.

Les robots, omniprésents dans les laboratoires de biologie et de chimie, testent 30 000 molécules chimiques chaque année, afin de mettre au point des fongicides s’attaquant aux champignons. Face à la méfiance croissante suscitée par les pesticides, les industriels s’intéressent à d’autres solutions moins toxiques. Chez le numéro un mondial de la chimie, la recherche sur le biocontrôle est effectuée plutôt outre-Atlantique, depuis le rachat en 2012 du spécialiste américain AgraQuest. À La Dargoire sont testés des produits naturels ou de synthèse permettant de renforcer les défenses immunitaires des plantes. 

Ici, on s’efforce de désamorcer, technologies et recherches à l’appui, les inquiétudes suscitées par l’emploi des pesticides. « Nous investissons environ 200 millions d’euros pour la recherche et le développement d’un produit, explique Frank Garnier, le président de Bayer pour la France. S’il a des effets négatifs, nous préférons le savoir dès le début de son développement et le stopper avant qu’il ne se fasse recaler ! » À La Dargoire, un laboratoire d’analyses de résidus est chargé de reconstituer l’assiette du consommateur. Dans les fermes expérimentales du groupe, les pesticides sont testés sur des cultures à partir desquelles les chercheurs nourriront des animaux et fabriqueront des aliments, pour les soumettre ensuite à des analyses. Ces résultats permettent d’évaluer la toxicité et l’exposition du pesticide. À partir de méthodes analytiques, les équipes du chimiste allemand définissent la « limite maximale de résidus », qui servira de standard dans la consommation.
 

Des mélanges aux effets méconnus

Bayer insiste sur la distinction entre détection et contamination. « Les nouvelles technologies permettent de détecter des quantités beaucoup plus faibles de résidus, explique Laurent Viallard, le directeur de ce laboratoire. Mais cela ne veut pas dire qu’ils sont présents à des doses toxiques ! Pour tester nos produits, nous nous préparons au pire en les appliquant à des doses qu’on ne retrouvera jamais dans la réalité. » Les chercheurs reconnaissent néanmoins la difficulté d’évaluer les fameux effets cocktails liés au mélange des produits chimiques…

L’homologation du Fluopyram, une gamme de fongicides protégeant la vigne contre la maladie du mildiou, a nécessité douze ans de R & D. Bayer voulait proposer un produit moins toxique, au mode d’action plus ciblé, avec une faible empreinte environnementale. Avec, à l’appui, les indispensables études mesurant son impact sur les milieux et la santé. Le produit sera commercialisé dans une trentaine de pays, dont la France. Il sera fabriqué à Villefranche-sur-Saône (Rhône) sur un site de 250 hectares, entouré de maraîchers, où travaillent 360 personnes.

La France reste le premier pays consommateur de pesticides en Europe et le quatrième dans le monde, derrière le Brésil, les États-Unis et le Japon. Quelque 7 500 spécialités contenant 500 substances actives seraient commercialisées dans l’Hexagone pour lutter contre les résistances et les nouvelles maladies dans les vignes, les vergers, les grandes cultures… Les géants de l’agrochimie comptent 5 500 salariés dans 16 usines. Les 21 adhérents de l’Union des industries de la protection des plantes (UIPP) détiennent 96 % du marché des pesticides à usage agricole, le plus gros de leurs ventes. Chez BASF, la division agricole n’assure que 9 % des ventes mondiales, mais réalise 40 % du chiffre d’affaires du chimiste en France ! L’allemand possède trois usines dans l’Hexagone, qui exportent 70 % de leur production.
 

Des embauches à la clé

En dépit des études concluant au danger de certaines substances pour la santé humaine, les ventes de pesticides s’élevaient en France à 2 milliards d’euros en 2012, affichant une croissance de 5,3 % (la tendance serait similaire en 2013). La demande des agriculteurs, toutefois, se stabilise. Ce qui oblige les industriels à investir pour transformer leurs sites en centres d’excellence pour le monde entier et répondre ainsi à un marché européen affichant une croissance de 10 % et une progression mondiale de 15 %. 

En 2013, à Villefranche-sur-Saône, Bayer a investi 18 millions d’euros dans des chaînes de formulation et de conditionnement pour fabriquer le fongicide Fox. Prévu pour protéger le soja, il est destiné au marché brésilien, où l’usine locale ne parvenait plus à répondre à la demande. L’équivalent d’une piscine olympique de suspensions concentrées, des liquides pulvérisables par l’agriculteur, est fabriqué chaque mois par deux lignes automatisées. L’arrivée du fongicide a permis d’embaucher 40 personnes sur ce site « reconnu pour son savoir-faire et sa flexibilité », explique une porte-parole. L’an passé, Villefranche, qui a détrôné les sites allemands, est même devenue la plus grande usine de formulation de Bayer CropScience. Un tournant historique… 

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