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En forte croissance, le volailler Dindy investit dans son usine de Casablanca et vise l'Afrique sub-saharienne

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Filiale du groupe Zalagh, Banchereau Maroc, connu pour sa marque Dindy, lance le projet d’extension de son usine de charcuterie de volaille à Nouaceur, près de Casablanca pour 2,7 millions d'euros. De quoi suivre une croissance de 30% pour le challenger du leader marocain de la volaille Koutoubia.

En forte croissance, le volailler Dindy investit dans son usine de Casablanca et vise l'Afrique sub-saharienne © Dindy

Six mois après l’annonce de son projet d'investissement industriel, Banchereau, fabriquant de la marque de charcuterie Dindy s’active pour la réalisation de ce programme qui devrait s'étendre sur environ trois ans.

"Nous avons prévu d'y investir au total 30 millions de dirhams (2,7 millions d'euros NDR)", affirme à L'Usine Nouvelle, le directeur général de Banchereau Maroc, Miguel Guerreiro.

D’après lui, ces travaux devraient démarrer prochainement, l’objectif étant d’augmenter la capacité de production de l’unité de charcuterie de volaille située sur la zone industrielle de Nouaceur, près de l'aéroport de Casablanca.

MISE EN PLACE DU PROGICIEL SAP

"Les travaux de réaménagement à l’intérieur de l’usine sont déjà en cours et l’extension débutera bientôt", selon lui. Dans ce cadre, la société procède "régulièrement" à l’achat de nouveaux matériels de production. "En terme de machine, les principaux investissements ont été fait dans le poussage et dans l’emballage", confie le directeur de Banchereau Maroc dont l'usine de Nouaceur emploie environ 100 salariés pour un chiffre d'affaires d'environ 100 millions de dirhams (8,9 millions d'euros).

Parallèlement, la société travaille au renforcement de ses systèmes de gestion et de maintenance. "Depuis six mois, nous préparons l’implémentation d’un nouvel progiciel de gestion ERP (SAP). Dès ce 1er septembre 2013, nous basculerons vers le nouveau système, annonce Miguel Guerreiro. Le logiciel SAP nous permettra d’avoir une intégration en temps réel entre tous les départements  de l’entreprise".

LA PRODUCTION POURRAIT QUASIMENT DOUBLER À L’HORIZON 2016

Mais, le but premier de ces investissements, pour cette filiale du groupe volailler Zalagh Holding, est d’augmenter sa production. Celle-ci pourrait atteindre 60 tonnes de charcuterie de volaille par jour à l’horizon 2016, contre 35 tonnes actuellement, selon le DG. Au final, l’industriel veut pouvoir grignoter des parts de marché supplémentaires, dans un secteur dominé par son concurrent Koutoubia.

Dindy est au Maroc la deuxième marque marocaine de charcuterie industrielle après Koutoubia.

Le niveau d'activité de l’année 2013, en hausse d'environ 30% en moyenne par rapport à 2012, renforce la position de challenger de l'entreprise face à ce leader.

"Qualitativement, le focus, cette année, est l’amélioration du service client et la restructuration de notre département Supply Chain qui nous permet d’être plus performants en approvisionnement, gestions des stocks et livraisons. Une bonne gestion des flux internes nous permet de raccourcir les délais et d’être plus proche de nos clients", précise Miguel Guerreiro.

Basé à Casablanca, le groupe Zalagh, détenu par la famille Chaouni, intègre l'ensemble de la filière avicole (nutrition animale, couvoir, élevage, abattage, transformation). Outre l'usine de Nouaceur, le groupe dispose d'un site d'abattage de volaille et de transformation de viande dénommé Eldin lui aussi près de Casablanca.

L’implantation, en 2006, de l’usine Banchereau de Nouaceur avait nécessité une enveloppe de 45 millions de dirhams. Une fois l’extension terminée, l’unité aura, au total, absorbé plus de 75 millions de dirhams d’investissement.

Zalagh Holding est par ailleurs engagé dans un vaste plan de développement de son amont agricole. Dans ce cadre, la SFI, filiale de la Banque Mondiale vouée au secteur privé s'apprête à injecter 24 millions de dollars dans le groupe.

L'AFRIQUE EN VUE, LES PORTES DE L'EUROPE BLOQUEES

L’autre ambition de Dindy est le développement à l’international. "L’export est en phase de concrétisation", selon Miguel Guerreiro

La société estime que la certification Halal dont elle dispose appuiera sa stratégie à l’export. Le principal marché qui s’ouvre à Banchereau est celui de l’Afrique subsaharienne. "Nous sommes en train de finaliser plusieurs partenariats avec des distributeurs locaux. Mais la concrétisation d'un travail d'export prend du temps", confie Miguel Guerreiro.

Là encore, la marque devra faire un effort  car "les habitudes de consommation dans cette partie du continent sont différentes du Maroc", relève-t-il, soulignant que le produit Dindy devra être "tropicalisé" pour certains marchés, citant  par exemple l'adaptation des packaging, compte tenu de la déficience des circuits logistiques en Afrique sub-saharienne.

L'Union européenne étant fermée aux produits charcutiers "Made in Morocco", faute d'agrément sanitaire entre Rabat et Bruxelles, Banchereau Maroc étudie enfin la possibilité d'un déploiement dans d'autres pays en Europe non communautaire.

Ristel N. Edimomènè, à Casablanca


 

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