EN EUROPE L'ACIER SE FAIT PLUS CHER QUE RARE

Les problèmes rencontrés par Nissan ne devraient pas toucher les constructeurs européens.

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La décision prise par Nissan de fermer temporairement trois de ses quatre usines japonaises d'assemblage pour cinq jours souligne les tensions qui règnent sur le marché de l'acier, notamment sur les tôles fines laminées à froid, qui, embouties, forment les éléments de la carrosserie. Les grands européens de l'automobile, PSA Peugeot Citroën, BMW, Renault, Volvo, Fiat, Ford, ont aussitôt assuré de concert que pour eux le problème ne se situait pas au niveau de l'approvisionnement, mais des prix. En Europe en effet, le prix de l'acier s'est envolé de 72 % en un an, contre seulement 23 % au Japon, mais les sidérurgistes affirment pouvoir fournir leurs clients sans difficulté.
Des tensions existent
Contrairement au Japon, ils ont modernisé leur outil de production en Europe pour répondre à la demande. Tout en annonçant de prochaines hausses de tarif, Arcelor s'est par exemple engagé à augmenter de 5 % sa production pour l'automobile en 2005.
En outre, alors que la production automobile s'emballe en Asie, en Europe sa progression se fait à un rythme plus paisible, n'induisant qu'une hausse modérée de sa consommation d'acier.
Toutefois, les quotas d'exportations des pays de l'Est (Russie et Ukraine) n'ont pas été remplis. « Je m'interroge sur la capacité à répondre aux besoins en produits longs l'an prochain », lâche un sidérurgiste européen. De même, des tensions existent sur certains aciers spéciaux, le succès rencontré par les moteurs diesel PSA a accru les besoins de ces types d'acier forgé.
Au final, ce sont bien les hausses de prix (de 20 à 50 %) qui inquiètent les constructeurs car, dans un marché européen atone, ils auront du mal à les répercuter. Selon son P-DG, Jean Martin Foltz, les augmentations des prix de l'acier, du plastique et du caoutchouc amputeront de 80 millions d'euros les profits de PSA en 2004. Difficile de parier sur une détente l'an prochain. D'autant que les tarifs très élevés du fret maritime, qui contribuent aux difficultés des marchés de l'acier et de ses intrants, ne baisseront pas.
DANIEL KRAJKA
L'Usine Nouvelle N° 2942 02/12/2004

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