Transports

22 blessés dans le déraillement d’un TGV près de Saverne

Simon Chodorge , , , ,

Publié le , mis à jour le 05/03/2020 À 14H30

[ACTUALISÉ] Un TGV SNCF a déraillé le 5 mars dans le Bas-Rhin, près de Saverne. L'accident a fait 22 blessés selon un premier bilan des autorités locales.

22 blessés dans le déraillement d’un TGV près de Saverne
La motrice et quatre wagons du train sont sorties des voies.
© Préfecture du Bas-Rhin / Twitter

La SNCF a annoncé jeudi 5 mars le déraillement d’un train TGV dans le Bas-Rhin, près de Vendenheim. L’accident a fait 21 blessés, dont un grave selon un premier bilan des autorités. La SNCF a également rapporté des perturbations sur le trafic ferroviaire de la ligne LGV Est européenne.

Le conducteur du train blessé "en urgence absolue"

Le train transportait 348 passagers. Un second bilan provisoire de la préfecture du Bas-Rhin publié à 10h30 fait état de 21 blessés pris en charge en urgence relative et d’un blessé en urgence absolue qui est le conducteur du train. Ce dernier a été évacué par hélicoptère mais son pronostic vital n'est pas engagé selon la SNCF. Le chef de bord fait également partie des personnes blessées avec un traumatisme dorsal.

"Les dispositifs de sécurité nécessaires afin d’assurer la sécurité des 300 voyageurs qui étaient à bord ont parfaitement fonctionné", assure le groupe ferroviaire. Sur les réseaux sociaux, un passager du train décrit avoir ressenti "un gros choc" au moment de l'accident. Plusieurs images prises depuis l'intérieur de la rame montrent des vitres fissurées.

Le déraillement a aussi entraîné des perturbations sur les circulations ferroviaires entre Paris et Strasbourg. Le trafic n'est pas interrompu mais certains trains ont été détournés sur les lignes classiques du réseau.

Accident provoqué par un affaissement de terrain

Le TGV 2350 est parti de Colmar (Haut-Rhin) à 6h38 et devait rejoindre la gare de l’Est à Paris à 9h05 en passant par Sélestat et Strasbourg. La motrice et quatre wagons du train sont sorties des voies “à la suite d’un affaissement de terrain entre Strasbourg et Vendenheim”, a expliqué la SNCF (voir photo ci-dessous).

(Un glissement de terrain "très important" a provoqué une sortie de voie du train. Crédit : SNCF / Twitter)

L'entreprise a ajouté que le train était resté debout malgré ce déraillement. La conception des TGV français doit effectivement permettre d'éviter un effet "accordéon" en cas de déraillement. Les boggies du train, c'est-à-dire les chariots sur lesquels sont fixés les roues, sont situés entre les voitures et non pas à l'extrémité des wagons de façon à améliorer la stabilité de l'ensemble (voir schéma ci-dessous). Dans un communiqué, le syndicat CFDT Cheminots a également mis en valeur "le professionnalisme remarquable" du conducteur qui a initialisé "malgré ses blessures la procédure d'urgence" de freinage pour mettre en sécurité les passagers.

 

(Les bogies des TGV, comme sur le modèle du haut, sont situés entre les voitures pour améliorer sa stabilité. Crédit : Partim / Domaine public)

99 sapeurs pompiers, 102 gendarmes, 47 engins et un hélicoptère du détachement aérien de la gendarmerie de Colmar-Meyenheim ont été mobilisés sur les lieux pour évacuer les passagers selon la gendarmerie du Bas-Rhin. La préfecture a activé le plan nombreuses victimes (NOVI) et conseille à la population d'éviter le secteur de la RD 667 pour laisser la priorité aux véhicules de secours. Une vidéo publiée par les Dernières nouvelles d'Alsace montrent les opérations de secours.

Une enquête interne ouverte

La SNCF a annoncé l'ouverture d'un enquête interne tandis que le parquet de Strasbourg a également ouvert une enquête. L’Établissement public de sécurité ferroviaire (EPSF) a aussi été saisi. Les nouveaux dirigeants de la SNCF - le PDG du groupe Jean-Pierre Farandou et le PDG de SNCF Réseau Luc Lallemand - doivent aussi se rendre sur les lieux.

Le gouvernement a également commenté l'événement. "Le bureau d'enquêtes et d'analyses vient d'être mandaté pour que toute la lumière soit faite sur le déraillement du TGV Colmar-Paris", a annoncé Jean-Baptiste Djebbari, secrétaire d’État aux Transports.

"Cet accident doit interroger notre groupe sur les moyens permettant de sécuriser les ouvrages en terre particulièrement sensibles aux aléas climatiques et de contrôler l’état de la voie en temps réel", a estimé la CFDT Cheminots.

L'accident du 5 mars serait le premier du genre à provoquer des blessés en circulation commerciale, même si ce n'est pas la première fois qu'un TGV déraille en France. En 2015, un TGV était sorti de sa voie dans la gare de Lyon à Paris sans faire de blessés. La même année, le déraillement d'un TGV d'essai à Eckwersheim (Bas-Rhin) avait entraîné la mort de 11 personnes. Plus récemment, en août 2018, un TGV avait déraillé près de la gare de Marseille-Saint-Charles (Bouches-du-Rhône) sans faire de victimes.

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