En créant un institut sur les nanotechnologies, la métrologie française veut fédérer un écosystème

Le Laboratoire national de métrologie et d’essais (LNE) a inauguré mardi 27 février un institut de métrologie dédié aux nanotechnologies dans ses locaux à Trappes. Sans investissement ni nouvelle embauche, cette entité vise à fédérer un écosystème et gagner en visibilité.

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En créant un institut sur les nanotechnologies, la métrologie française veut fédérer un écosystème
Delphine Gény-Stephan, secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Economie et des Finances, lors de l'inauguration du LNE Nanotech à Trappes, le 27 février 2018.

Alors que l’infiniment petit fascine autant qu’il effraie, la métrologie française veut se positionner comme un acteur de référence dans la caractérisation et la mesure des nanotechnologies. Pour ce faire, le Laboratoire national de métrologie et d’essais (LNE) a inauguré mardi 27 février le LNE Nanotech, un institut de métrologie dédié aux nanotechnologies. Cette entité, ouverte sans nouvel investissement ni embauche pour l’heure, est symbolisée par une plaque apposée dans les locaux du LNE à Trappes (Yvelines) et dévoilée lors de l’inauguration par Delphine Gény-Stephan, la secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Economie et des Finances.

"Avec la création de cet institut, nous avons pour objectif de mobiliser nos équipes autour d’une dynamique commune, de fédérer un écosystème dans la caractérisation des nanotechnologies et de gagner en visibilité auprès des industriels et sur la scène européenne et internationale, afin d’être reconnu comme un acteur de référence sur le sujet", a expliqué à L’Usine Nouvelle Georges Favre, directeur du LNE Nanotech.

Enjeu de santé publique que de compétitivité industrielle

L’enjeu est d’autant plus important que la caractérisation des nanotechnologies – qui comprennent les nanoparticules et les dispositifs intégrant ces particules infiniment petites – demande de maîtriser une dizaine de propriétés et qu’il existe aujourd’hui beaucoup de techniques pour réaliser cette caractérisation, mais qu’aucune n’a été accréditée comme méthode officielle. Face à des industriels qui peuvent donc être perdus, le LNE veut se poser comme un partenaire de référence.

Ces industriels peuvent venir de tous secteurs même si les nanotechnologies sont surtout utilisées dans les cosmétiques, la santé et l’agro-industrie. "Les nanomatériaux constituent sans doute l’un des principaux enjeux de notre siècle car ils sont à la fois source de progrès spectaculaires, dans les médicaments ou le stockage de l’énergie par exemple, et à la fois source d’inquiétude, leur taille permettant de franchir nombre de barrières biologiques", a déclaré lors de son discours Thomas Grenon, le directeur général du LNE.

Récemment l’UFC Que Choisir a porté plainte contre neuf industriels de l'alimentaire et de la cosmétique pour non-respect de l'obligation de signaler sur l'emballage la présence des nanoparticules, alors que les effets de ces composants sur la santé humaine sont encore méconnus. "Nous voulons donner aux industriels des outils précis et fiables pour aider à la production industrielle de nanomatériaux", a déclaré Thomas Grenon. Cela est autant un enjeu de santé publique que de compétitivité industrielle.

Marion Garreau Cheffe du service innovation et industrie du futur
Marion Garreau

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