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L'Usine de l'Energie

En Corée, la joint-venture Samsung Total Petrochemicals fête ses dix ans

Ludovic Dupin , , , ,

Publié le

La plus grande plateforme pétrochimique de Total en Asie se situe en Corée du Sud. Elle est opérée par la joint-venture Samsung Total Petrochemicals. Une association qui fête ses dix ans avec un investissement de 1,8 milliard de dollars.

En Corée, la joint-venture Samsung Total Petrochemicals fête ses dix ans © D.R.

En 1991, le géant coréen Samsung créait Samsung Petrochemicals, dédié à la pétrochimie, sur  le vaste site de Daesan. En 1997, la crise asiatique met cette activité quasiment à genoux. A la recherche d’un second souffle, Samsung trouve en 2003 un partenaire avec Total. Leur joint-venture à 50/50 fête en grande pompe ses dix ans, ce vendredi 15 novembre. C’est aussi l’occasion pour Total de célébrer la réussite de ce pari à 750 millions de dollars pour prendre 50 % du site, qui compte aujourd’hui  pour 10 % des résultats de la branche raffinage-chimie du pétrolier français.

Le site pétrochimique de Daesan, la grande montagne en coréen, à deux heures de route au sud-ouest de Séoul, est un vaste complexe industriel de 14,2 kilomètres carrés. Il regroupe six entreprises. Cette zone a été en grande partie gagnée sur la mer par des assèchements artificiels. Le site de Samsung-Total occupe 3,3 kilomètres carrés à l‘ouest de l‘immense complexe. Il compte en particulier un immense vapocraqueur d’une capacité annuelle de 1 million de tonnes d’éthylène annuel, ainsi qu’une unité d’aromatiques.

Installations rutilantes

L’observateur européen est surpris par le côté "neuf" de l’installation, malgré ses 23 ans. La comparaison est très clairement en défaveur des sites pétrochimiques européens ou américains. Pas un bac de récupération de fuite, pas un papier qui traîne, très peu de traces d'oxydation malgré la proximité de la mer Jaune… L’excellence de la maintenance du site, signée Samsung, se ressent dans les chiffres. La disponibilité des installations est de 98 % en moyenne avec des pointes annuelles à 99,8%. En Europe, le secteur flirte avec les 94-95 %. "L’installation est tellement rutilante qu’on la dirait à l’arrêt", s’amuse Francis Raatz, le tout nouveau directeur général de la coentreprise.

Pour parvenir à cette excellence, 1,5 milliard de dollars ont été investis sur le site entre 2003 et 2012. Face à une pétrochimie mondiale de plus en plus compétitive, l’heure est venue de passer la vitesse supérieure. Entre 2012 et 2014, 1,8 milliard de dollars seront investis. Entre autres nouvelles installations, le site se dote d’une unité de traitements des condensats, un splitter dans le jargon. L’usine fonctionne aujourd’hui à partir de naphta, un produit raffiné. Désormais, elle va pouvoir s’alimenter en condensats, une huile légère coproduite avec les champs de gaz au Qatar, en Russie, en Malaisie, en Australie… "L’idée est de diversifier notre approvisionnement en matières premières pour la payer moins cher", résume Patrick Pouyanné, directeur général Raffinage-Chimie chez Total. Le gain de 2 à 3 dollars par baril se traduit à la fin de l’année en centaine de milliers de dollars.

Lutter contre la concurrence américaine

Ces améliorations sont indispensables pour pouvoir lutter contre l’agressive pétrochimie américaine, qui, dopée par les gaz de schiste, bénéficie de gigantesques gains de compétitivité. "Avec ces changements, la JV est plus capable de s’adapter aux cours des produits entrants, mais aussi capable de diversifier sa production pour accroître sa réactivité aux conditions de marché", explique Marc Van Der Elst, l’ancien directeur général de la JV et un des organisateurs de cet investissement.

En 2012, le site Total-Samsung de Daesan affichait un chiffre d’affaires de 5 milliards d’euros. A partir de 2015, 11 milliards d’euros sont attendus. Les dirigeants coréens s’emballent même avec un objectif de 30 milliards en 2030, un chiffre que les français envisagent avec prudence. Tout est cependant possible, car l’installation industrielle est à un jet de pierre de la Chine, où s’écoule 40 % de la production du site. Pour Total, Daesan fait partie de ses 6 plateformes principales, avec Gonfreville en Normandie, Anvers en Belgique, Port Arthur aux Etats-Unis, Ras Laffan au Qatar et Jubail en Arabie Saoudite. A elles toutes, elles doivent représenter 70 % des résultats du raffinage-chimie de Total en 2015.

Ludovic Dupin

L’esprit de groupe à la coréenne


Sur le site pétrochimique Samsung-Total à Daesan opèrent 1450 salariés, essentiellement coréens. Tous sont invités à travers un site web à soumettre leurs bonnes idées à la direction en matière d’efficacité énergétique, d’efficacité des process, de sécurité, de sûreté… La direction s’engage pour sa part à donner un retour aux propositions et à appliquer les meilleures. Résultats, en 2012, le gros millier de salariés a soumis 121 274 propositions !!! Le record date de 2008 avec 173 491 suggestions, soit près de 120 idées par an et par personne. Testé en France sur un site, le système a atteint une moyenne d’un peu moins d’une idée par an et par personne.

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