En avant-première, le bilan de Christine Lagarde

Elle est compétente, n’a pas commis d’erreur mais elle manque de vision. L’industrie mériterait ainsi une réforme profonde des prélèvements, qui ferait la part belle aux créations d’emplois.

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En avant-première, le bilan de Christine Lagarde

C’était il y a longtemps, un mois à peine après la prise de fonction du nouveau Président. Jean-Louis Borloo venait de libérer une place, suite à la défaite aux législatives d’Alain Juppé. Ce 19 juin 2007, une ancienne avocate, encore peu connue du public quoiqu’ayant appartenu aux gouvernements Raffarin et Villepin, était nommée ministre de l’Économie, des Finances et de l’Industrie. Ce poste, Christine Largarde l’occupe ainsi depuis quatre ans, une longévité record. Avant elle, treize ministres avaient défilé à Bercy en quinze ans, soit une moyenne d’un an et deux mois! Il faut louer cette continuité, condition certes insuffisante, mais nécessaire à la conduite d’une politique économique efficace.

Sauf surprise, la période de stabilité touche à sa fin. Les candidatures au poste de directeur général du FMI seront closes ce vendredi 10 juin et il semble bien que celle de Christine Lagarde, poussée par la France et soutenue par les pays les plus influents, dont les États-Unis et le Japon, sera retenue. L’heure du bilan approche, prenons de l’avance. Premier constat : la ministre des Finances n’a pas commis d’erreur. Compte tenu de la gravité de la crise de 2008-2009, piloter sans déraper relevait du tour de force. Bien sûr, au cours des quatre années écoulées, Nicolas Sarkozy ne lui a pas laissé beaucoup d’espace et, de G8 en G20, n’a jamais lâché la barre. Mais les relations directes de la ministre avec ses homologues étrangers, comme sa personnalité apaisante, ont joué un rôle positif. Deuxième constat: elle a tenté de protéger la production. En évitant notamment d’imposer de nouvelles contraintes aux entreprises ou en allégeant certains fardeaux. Le renforcement du crédit impôt recherche restera sans doute comme un marqueur du quinquennat. Les états généraux de l’industrie, s’ils n’ont pas tenu toutes leurs promesses, ont au moins rendu aux industriels leur fierté. Et puis, comme l’affirment les admirateurs de Christine Lagarde, elle comprend bien la vie des affaires.

Troisième constat, plus ennuyeux: elle n’a pas insufflé de vision économique (ses détracteurs vont jusqu’à réduire ses qualités à son talent de négociatrice et à son anglais courant). La dette s’accumule. Les Français sont en colère et sont convaincus que les inégalités s’aggravent. Quant à l’industrie, elle mériterait une réforme profonde des prélèvements obligatoires, qui ferait la part belle aux créations d’emplois. Un chantier trop lourd pour être inscrit au menu de la dernière année du quinquennat.

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