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L'Usine de l'Energie

En Arabie Saoudite, une autre transition énergétique

Ludovic Dupin , , , ,

Publié le

Reportage La transition énergétique du royaume Wahhabite est avant tout d’ordre économique. Elle doit permettre de conserver la manne pétrolière intacte pour le pays et la famille royale.

En Arabie Saoudite, une autre transition énergétique © Total

La transition énergétique est souvent évoquée comme un absolu universel, avec pour modèle l’Allemagne. Pourtant, il n’existe pas une seule transition énergétique, mais une multitude. Elle varie fortement selon le pays et l’objectif visé. Ainsi, cette notion de transition n’est pas la même au Royaume-Uni, aux Etats-Unis, au Japon et même en Arabie Saoudite.

Dans le Royaume wahhabite, la transition est essentiellement liée à des questions économiques. L’opulence de l’Arabie Saoudite s’est développée depuis 80 ans grâce au pétrole. Cette manne assure la richesse de la famille royale mais aussi sa pérennité en achetant la paix sociale. Un exemple récent : le printemps arabe.

Dès décembre 2010, des mouvements sont apparus à Ryad. Des observateurs y percevaient déjà une déstabilisation de la famille royale en faveur des religieux. Les 23 février et 18 mars 2011, le roi Abdallah annonce le déblocage de 130 milliards de dollars en aides diverses : création d’emplois, subventions pour l’accès au logement, augmentation du salaire des fonctionnaires, financement d’institutions religieuses…

5 dollars par baril

Cette souplesse financière est possible grâce au pétrole. Problème : cette marge de manœuvre s’amenuise. Certes, l’Arabie Saoudite déborde d’or noir - le premier champ découvert en 1938 produit encore - et découvre toujours de belles formations géologiques tout en imaginant déjà des ressources non conventionnelles (gaz de schiste par exemple). L’amincissement de ce matelas pétrolier est lié à la loi. Saudi Aramco, le pétrolier national doit vendre son pétrole à 5 dollars par baril pour les usages domestiques : carburant et production d’électricité. Et la consommation augmente.

Sur la production journalière de plus de 10 millions de barils, 3 millions sont consommés dans le pays. S’ils étaient vendus sur les marchés, ils le seraient aux cours internationaux à plus de 100 dollars par baril. Soit une perte théorique de 285 millions de dollars par jour,… plus de 100 milliards de dollars par an. Ce chiffre croît rapidement car il y a une très forte démographie, une utilisation accrue de la climatisation et donc de l’électricité, et une forte consommation d’eau produite par des usines de dessalement très énergivores.

Nucléaire et photovoltaïque

La situation n’est pas tenable pour Saudi Aramco car la société a besoin de financer ses investissements et elle inquiète la famille royale. Tout l’enjeu pour le pays est de diminuer son autoconsommation, en particulier pour la production d’électricité. Le pays mise donc sur deux technologies. Le nucléaire avec un plan de 100 milliards de dollars pour construire 16 réacteurs nucléaires d’ici 2030. Et l’énergie solaire avec 100 autres milliards pour construire 41 GW  de panneaux photovoltaïques, l’équivalent de 25 gros réacteurs nucléaires.

L’environnement n’est toutefois pas complétement absent de l’équation même si sa part reste minime. Des recherches et un début de sensibilisation sont réalisés en matière d’économies d’énergie et d’eau. Apparaissent des initiatives comme la Dhahran Techno Valley, à deux pas du siège social de Saudi Aramco, pour attirer des sociétés étrangères spécialistes de technologies innovantes. A l’entrée de la zone, on trouve même un panneau : "Save Water to Save Life" (Economiser l’eau pour sauver des vies).

Ludovic Dupin, en Arabie Saoudite

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