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En Allemagne, Siemens réfléchit déjà à l’après Alstom

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Suite au veto de la Commission européenne, le groupe allemand Siemens dit envisager toutes les options pour le futur de sa division Siemens Mobility. L’une des plus probables reste une introduction en Bourse.   

En Allemagne, Siemens réfléchit déjà à l’après Alstom © Siemens

"Nous prenons note de la décision de la Commission, qui met un point final à un projet phare européen", a regretté mercredi 6 février Joe Kaeser, le président de Siemens, à l’annonce de la décision de la commissaire à la concurrence Margrethe Vestager. Pour autant, si le conglomérat allemand affiche une déception de circonstance, les médias allemands font déjà le deuil de ce mariage avorté. "Ce veto est un coup plus dur pour Alstom que pour Siemens, juge ainsi le quotidien économique Handelsblatt. La division ferroviaire de ce dernier est suffisamment solide pour continuer sa course seule". Une opinion partagée par le journal Manager Magazin. "Ce revers constitue pour Kaeser son premier véritable échec, mais l’entreprise pourra largement le surmonter, écrit le magazine. Avec 10 % de marge bénéficiaire et près de 11 milliards d’euros d’entrées de commandes l’année dernière, Siemens Mobility est l’une des plus solides de son domaine. Le groupe peut donc examiner tranquillement toutes les possibilités qui se présentent à lui".

Ces dernières semaines, la plus évoquée par les milieux économiques reste celle d’une introduction en Bourse. "Siemens peut également chercher des synergies dans ses divisions (électrification, automatisation, numérisation...)", poursuit le Manager Magazin. A l’inverse, une reprise des discussions après les élections européennes avec le Français ou avec le Canadien Bombardier semble exclue. 

Les syndicats "vigilants"

Si aucun plan B n’a encore été confirmé par Siemens, le groupe a indiqué dans un communiqué "prendre désormais le temps d’examiner toutes les options pour le futur de Siemens Mobility et de choisir la meilleure pour ses clients, ses salariés et ses actionnaires". De son côté, quelle que soit l’orientation prise, le syndicat IG Metall dit rester vigilant. "Que la fusion avec Alstom ne se fasse pas n’est pas une catastrophe du point de vue des employés, tranche Jürgen Kerner, à la fois membre du conseil de surveillance de Siemens et du comité exécutif d’IG Metall. Cependant, pour nous, les conditions restent inchangées : nous voulons que Siemens Mobility conserve des perspectives d’avenir acceptables et pérennes pour ses salariés sous l’étendard de la maison-mère". L’un des accords passés avec la direction portait en effet sur le maintien des emplois sur une période de 4 ans. "Dans ce contexte, nous avons un besoin d’autant plus urgent de développer des concepts pour les sites de production, afin de stabiliser leur bonne santé économique actuelle", revendique le syndicat.

Une initiative politique pour "protéger les fleurons allemands"

Finalement, alors que la plupart des économistes saluent également la volonté de la Commission de ne pas avoir transigé sur les règles de position dominante, la classe politique est la seule à critiquer haut et fort le "non" européen. Au point de vouloir en tirer des conséquences. "Nous sommes convaincus que nous devons repenser et moderniser les règles de la concurrence pour assurer la compétitivité des entreprises européennes dans un marché mondialisé", a déclaré le ministre de l’économie et de l’énergie Peter Altmaier (CDU), en annonçant "la préparation d'une initiative germano-française" en la matière. Dès l’automne, des propositions devraient être faites. La veille, le ministre avait par ailleurs présenté un plan baptisé "Stratégie industrielle nationale 2030" visant à protéger les fleurons industriels allemands, toujours très convoités par les investisseurs chinois. Celui-ci permettrait alors des prises de participation temporaires par l’État grâce à la création d’un fonds investissement public. "La survie de sociétés telles que Thyssenkrupp, Siemens, Deutsche Bank ou des constructeurs automobiles allemands est une cause d'intérêt national", a-t-il justifié. En espérant peut-être avoir été entendu par le géant chinois du rail, China Railway Rolling Stock Corporation (CRRC).

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