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En Allemagne, les communes cherchent des solutions pour assainir leur air

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Après Hambourg et Stuttgart, Berlin devra interdire les véhicules diesel de normes inférieures à Euro 6 à partir de 2019. Mais la mesure s’avère difficilement applicable. C’est pourquoi d’autres initiatives sont testées pour éviter les restrictions de circulation.

En Allemagne, les communes cherchent des solutions pour assainir leur air
En Allemagne l’association environnementale DUH entend mettre au pas toutes les mairies qui ne respectent pas leurs engagements en matière de qualité de l’air.
© Stateofplace - Flickr - C.C.

Le tribunal administratif a tranché mardi 9 octobre : Berlin devra à son tour interdire les vieux diesels dans ses rues à partir de l’été 2019. Après Hambourg, Stuttgart et Francfort, la capitale allemande est donc la quatrième grande ville à être contrainte de prendre cette mesure. L’objectif des juges est ainsi de ramener les émissions d’oxyde d’azote (NOx) en dessous de la barre réglementaire des 40 mg/m³ annuels, contre 49 mg mesurés actuellement.

Concrètement, huit artères principales, majoritairement à quatre voies, seront donc interdites sur un total de 15 km aux véhicules de normes Euro 0 à 5, soit ceux vendus il y a encore quatre ou cinq ans. Cela pourrait concerner jusqu’à 200 000 automobilistes, bien que des exceptions pour les professionnels aient été prévues.

Plaintes de l'association environnementale DUH

Comme dans les autres villes, la plainte émanait de l’association environnementale DUH, qui entend mettre au pas toutes les mairies qui ne respectent pas leurs engagements en matière de qualité de l’air. Au total, elles étaient 65 en 2017, parmi lesquelles 28 sont visées par une plainte de DUH. Dans les deux mois prochains, les tribunaux locaux devraient d’ailleurs statuer sur de nouvelles interdictions à Mayence, Bonn ou encore Cologne. Mais reste à savoir si celles-ci sont réellement efficaces.

A en croire l’exemple de la pionnière, Hambourg, elles sont surtout difficiles à faire appliquer. Depuis le 1er mai 2017, deux boulevards, représentant 2,2 km, sont interdits aux voitures des normes 0 à 5. Pour le signaler, plus d’une centaine de panneaux "interdit aux Diesel jusqu’à Euro 5" ont été installés sur le périmètre. Les conducteurs qui ne s’y conforment pas risquent une amende allant de 20 à 75 euros, en fonction de la catégorie de leur véhicule. En théorie du moins.

Car dans la pratique, les contrôles sont peu nombreux et compliqués à effectuer, en raison du manque d’identification des véhicules concernés. De nombreux politiques et associations réclament donc l’instauration généralisée d’une vignette bleue, afin de reconnaître ceux étant autorisés à accéder aux zones restreintes. "Sans ce signe distinctif, les contrôles ne peuvent être efficaces", assure Regine Günther, sénatrice pour l’environnement et le transport à Berlin. Mais au niveau fédéral, le gouvernement n’a pas encore tranché sur la question. En outre, toujours à Berlin, la police a déjà fait savoir qu’elle manquait d’effectifs pour accomplir cette tâche supplémentaire.

Un ticket de transport annuel à 365 euros

Pour Greenpeace, les restrictions de circulation ne vont en outre pas assez loin et ne permettent pas d’abaisser significativement les niveaux d’émissions. "Il s’agit surtout d’un symbole politique, critiquait l’association en mai 2018. Pour que les automobiles renoncent réellement à leurs véhicules, les villes doivent investir dans une offre attractive de transports en commun et dans un réseau dense de pistes cyclables". Un peu partout dans le pays, des initiatives allant dans ce sens sont testées.

Par exemple, cinq villes pilotes (dont Bonn et Essen) veulent lancer un ticket de transport annuel à 365 euros (un euro par jour) et la fréquence des bus et des trams doit être augmentée, pour ne pas dépasser 10 minutes de temps d’attente. Le car-sharing doit également être encouragé. Pour mettre en place ces mesures, ces communes demandent au total 130 millions d’euros d’aides de l’État. Tout récemment, le ministre-président de la Bavière, Markus Söder, a également annoncé la création d’un ticket unique à 365 euros par an dans cinq grandes villes du Land. Cependant, il n’a pas encore présenté son plan de financement.

Pour autant, au pays de la voiture reine, demander aux particuliers de la laisser au garage n’est pas toujours une mesure populaire. C’est pourquoi de nombreuses initiatives visent à réduire l’impact de la voiture, sans pour autant l’interdire. De nombreuses communes, dont Berlin, ont ainsi délimité des zones où la vitesse est limitée à 30 km/h. Mais en l’absence de radars, elle reste encore peu respectée.

Le 2 octobre, la coalition gouvernementale a également présenté un plan de sortie de crise du diesel donnant aux propriétaires de vieux diesels la possibilité de faire modifier leur voiture aux frais du constructeur, ou de l'échanger contre un véhicule neuf ou d'occasion de norme Euro 6 avec une prime à la reprise, allant jusqu’à 10 000 euros, également payée par les groupes automobiles. Ce dispositif sera surtout encouragé dans les 14 villes où les taux d’émissions sont les plus élevés. L’essentiel étant "d’éviter de nouvelles interdictions de circulation", comme l’a réaffirmé le ministre des Transports, Andreas Scheuer.

Préserver 800 000 emplois

Le gouvernement se retrouve en effet face à une équation impossible : rassurer les propriétaires de voitures, se conformer aux normes d’émissions et préserver son industrie automobile, qui ne représente pas moins de 800 000 emplois. Car déjà, les signes d’un désintérêt pour le diesel se font sentir. La part de marché de cette motorisation est ainsi passée de 48 % en 2015 à 39 % en 2017. Au premier trimestre 2018, 31,4 % des nouvelles immatriculations concernaient des diesel, contre 45 % un an auparavant. Enfin, sur les 5,65 millions de voitures produites l’an dernier, 2,35 millions étaient des moteurs diesel, soit une baisse de 12 % en un an.

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