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L'Usine Maroc

"En Afrique du nord, Proparco est là pour compléter l’offre de financement, pas pour concurrencer les opérateurs locaux"

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Proparco, l’institution de financement  de l’AFD pour le secteur privé se tourne vers des investissements plus risqués. Olivier Luc, représentant de Proparco pour l’Afrique du Nord, détaille cette nouvelle stratégie appliquée au Maroc.

En Afrique du nord, Proparco est là pour compléter l’offre de financement, pas pour concurrencer les opérateurs locaux © proparco

L'Usine Nouvelle : quelle est la nouvelle stratégie de Proparco ?

Olivier Luc : Nous avons lancé en 2014-2015, une nouvelle stratégie où nous faisons relativement plus d’opérations en haut de bilan, en fonds propres et quasi-fonds propres (dette subordonnée et obligations convertibles, etc) que par le passé. L’objectif est de passer d’un financement constaté de 12% dans ces opérations à 30% de nos fonds pour toute l’activité de Proparco dans le monde. Pour autant, même si les montants engagés sous forme de dette restent inchangés, le total augmente. Nous allons augmenter nos encours dans les fonds d’investissement, dans des participations directes, souvent en binôme avec un partenaire et dans des opérations en quasi-fonds propres.

Pourquoi ce changement de stratégie ?

En tant que bailleur de fonds dont un tiers des actionnaires n’est pas l’AFD, on a un souci d’additionnalité locale : Proparco est là pour compléter l’offre de financement, pas pour concurrencer les opérateurs locaux comme des banques ou des fonds d’investissement. Nous nous sommes aperçus que dans les pays en développement, les banques ont désormais la capacité de prêter beaucoup sur de longues périodes et c’est le cas du Maroc. Notre valeur ajoutée se situe donc désormais sur des produits financiers plus risqués où se situent les besoins.

Combien Proparco accorde-t-il de financement au Maroc ?

L’an dernier, en 2015, nous avons engagé 20 millions d’euros au Maroc en deux opérations en devise. En moyenne, nos engagements tournent autour de 30 à 40 millions d’euros par an. La première opération était une garantie accordée sur un projet industriel et la seconde une ligne de crédit accordée à l’institution de microfinance Al Baraka. Notre ticket minimum est de 3 à 5 millions d'euros. Il exclut donc d'office les PME. Par contre, nous ciblons les TPE et le secteur informel par le biais de la microfinance.

Ces chiffres excluent nos interventions auprès des filiales de la BMCE en Afrique – Bank of Africa – dont nous sommes actionnaires, comme nous le sommes d’Attijariwafa Bank en Mauritanie. Nous sommes aussi actifs, indirectement, en tant que bailleurs de fonds pour trois fonds d’investissement marocains : PME Croissance, Capital Invest et InfraInvest, et plusieurs fonds d’investissement régionaux ; AfricInvest, Swicorp, Abraaj, Mediterrania, Euromena.

Dans quels secteurs intervenez-vous ?

Notre mandat d’intervention en Afrique est assez large : en soutien à une croissance inclusive et durable. Classiquement, nous sommes absents de secteurs comme l’alcool, le jeu et l’armement. Nous refusons de financer le charbon, car nous avons une stratégie climat qui promeut une croissance sobre en carbone. Nous pouvons, par exemple, financer la transformation d’une centrale thermique simple en une centrale à cycle combiné à bilan carbone identique. On regarde plus particulièrement des secteurs des biens de consommation, des services, dont l’électricité, l’éducation, la santé, l’agro-alimentaire ainsi que les énergies renouvelables. Dans l’immobilier, nous avons pu intervenir, uniquement quand un projet apportait une autre valeur, comme le désenclavement d’une région, avec un hôtel, ou l’accès aux biens de consommation dans le secteur de la distribution.

Comment expliquer qu’aujourd’hui, les banques prêtent si peu aux entreprises ?

Il y a effectivement une demande de liquidité de la part des entreprises qui ne rencontre pas forcément les fortes liquidités des banques. Aujourd’hui, les banques collectent plus de dépôts qu’elles ne prêtent. Leur taux de réemploie diminue. C’est une question de gestion du risque, mais c’est aussi, je pense, par manque d’opportunités. Les projets d’investissements ne sont pas à la hauteur requise. La stratégie industrielle du gouvernement pourrait notamment changer les choses avec le développement de l’écosystème Renault, l’installation de PSA, le développement du secteur aéronautique ...

Les révolutions arabes ont-elles provoqué un report de vos opérations sur le Maroc ?

La part du Maroc dans nos engagements annuels en Afrique du nord avait augmenté relativement à celle de la Tunisie ou de l’Egypte au moment de la crise des printemps arabes car il n’y avait plus d’opportunités ; mais ces engagements n’avaientt pas augmenté en valeur absolue. Depuis 2014, c’est plutôt le contraire qui se produit. Sur 110 millions d'euros accordés à l’Afrique du Nord en 2015, seuls 20 millions d'euros sont allés au Maroc. En Tunisie, nous soutenons le secteur bancaire, et en Egypte, il y a de véritables programmes d’investissements. Au total, nous faisons 6 à 10 opérations par an sur la zone.

 

Propos recueillis par Julie Chaudier à Casablanca

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