En 2022, 30 millions de Français pourront trier leurs emballages légers alu et acier

La deuxième phase du Projet Métal a débuté jeudi 22 novembre après la signature de la charte visant à développer la filière de recyclage pour les emballages légers en aluminium et acier.

 

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En 2022, 30 millions de Français pourront trier leurs emballages légers alu et acier
Jean Hornain, Directeur général de Citeo, Gérard Miquel, Co-Président du CELAA, André Flajolet, Vice-Président de l’Association des Maires de France, Président de la commission Environnement et Développement Durable, Marc Teyssier d’Orfeuil, délégué général du CELAA, Arnaud Deschamps, directeur général de Nespresso, et président du fonds de dotation pour le recyclage des petits aluminiums, François Demeure dit Latte, directeur général d’Adelphe ont signé la prolongation du Projet Métal de 2018 à 2022.

Reconduit jusqu’en 2022, le projet métal passe la vitesse supérieure. Initié en 2014 par le Club de l’Emballage Léger en Aluminium et en Acier (CELAA), Citeo (ex eco-emballage), l’association des maires de France et des présidents d’intercommunalité ainsi que le Fonds de dotation pour le recyclage des petits aluminiums créé par Nespresso, le projet doit donner à 30 millions de Français la possibilité de trier leurs emballages légers à l’horizon 2022, soit 21 millions de personnes de plus par rapport à aujourd’hui. Une belle perspective sachant qu’ils n’étaient que 3,5 millions il y a 4 ans.

Une filière qui monte en puissance

En 2016, 338 tonnes d’emballage en aluminium de moins de 6,5 cm ont été recyclées, soit 65 % de plus qu’en 2015. Pour Marc Teyssier d’Orfeuil, délégué général du CELAA : "C’est le matériau d’emballage qui a connu la plus forte progression. Son taux de recyclage est passé de 32 % à 43 % en moins de 10 ans". Entouré des instigateurs, ce dernier a insisté sur l’importance de cette filière qui vise à développer le tri et le recyclage des emballages acier et aluminium légers afin de créer les conditions d’une économie circulaire conformément aux souhaits gouvernementaux et de l’Union européenne. Aujourd’hui, ces contenants représentent 60 % du gisement total des emballages de ce type en France correspondant environ à 60 000 tonnes. Une mine d’or potentielle sachant que le coût de recyclage de l’aluminium représente 5 % du celui de l’extraction. 100% recyclables, ces métaux peuvent aussi connaître une infinité de réutilisations sans perte de poids ou de performances. L’impact environnemental lié à la réintégration de ces métaux constitue aussi un sérieux argument. Jean Hornain, directeur général de Citéo indique que chaque tonne d’aluminium recyclée économise 95% de l’énergie nécessaire à la fabrication de l’aluminium primaire. Ce chiffre est de 70 % concernant l’acier.

Plus de courant de Foucault dans les centres de tri

Longtemps négligés, les sachets et poches de compote, capsules de bouteilles, emballages de fromages frais, opercules et couvercles ou bien encore les dosettes de café, ont représenté une part importante des refus des chaînes de tri. Les solutions d’incinération ou d’enfouissement ont donc longtemps été privilégiées pour faire disparaître ces "fines". Une réalité que Arnaud Deschamps, directeur général de Nespresso compte bien changer. "Nous voulons collecter et recycler 100 % de nos capsules", a assuré l’industriel qui indique : "20 % de nos dosettes reviennent dans notre réseau à l’initiative du consommateur". Aujourd'hui, la marque du groupe Nestlé utilise 2000 tonnes d’aluminium dans l’hexagone. Elle investit aussi 3,5 millions d’euros pour son recyclage. La création du fonds de dotation est destiné à apporter des aides à l’investissement aux collectivités. Ainsi, les centres de tri ayant acquis de nouveaux équipements obtiendront 300 euros par tonne d’aluminium de la part de l’industriel. L’absence d’équipement ad hoc représente l’un des principaux freins au développement des gisements. Mais cela devrait changer. Le projet métal en fait une priorité au même titre que la sensibilisation des consommateurs. Des investissements entre 100 000 et 200 000 euros par centre de tri sont prévus. L’installation des machines à courants de Foucault pour séparer l’aluminium ou des overbands utilisés pour l’acier doivent se généraliser ces prochaines années. Le taux de récupération de l’aluminium pourrait ainsi passer de 12 à 100 % comme cela a été vérifié lors d’expérimentations menées en 2012 dans des centres pilotes. Si 19 sites ont été équipés depuis 2014, un objectif de 60 centres est escompté pour 2022, selon le dirigeant de l’écorganisme.

Le recyclage par pyrolyse en France à partir de 30 000 tonnes

Les gisements d'emballages légers en aluminium devraient donc, en toute logique, prendre du poids, étoffant d’autant la filière. Rien n’empêcherait alors le recyclage des "fines" d’entrer dans une nouvelle dynamique grâce au procédé de pyrolyse. Cette technique porte les emballages à une température entre 500 et 550°C dans une atmosphère pauvre en oxygène. Les produits organiques plastiques, vernis, laques, papiers sont alors brûlés tout en laissant l'aluminium intact. Les granulats, poudres ou fragments d'emballages qui en résultent peuvent ensuite être réutilisés. Située en Allemagne, Alunova recycling utilise cette solution pour valoriser la totalité de nos petits emballages en aluminium. Un de ses concurrents, Pyral pourrait quant à lui bien investir dans l’Hexagone une fois le seuil des 30 000 tonnes d’aluminium atteint.

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