En 2016, pas d’acquisition mais le chimiste Solvay n’exclut pas des cessions

Gaëlle Fleitour

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Après s’être chèrement offert Cytec, un spécialiste des composites pour l’aéronautique, le chimiste Solvay fait une pause. Mais envisage toujours de se séparer d’activités moins stratégiques, après être sorti du recyclage des terres rares et du PVC.  

Basé à Bruxelles mais fortement implanté en France depuis le rachat de Rhodia, le groupe chimique Solvay poursuit son recentrage sur la chimie de spécialités. Il s’est récemment emparé de Cytec, un groupe américain chèrement payé pour près de 5 milliards d'euros, mais qui lui permet de s’offrir la place de numéro deux sur le marché des composites pour l’aéronautique.

"Son intégration se passe bien, assure Jean-Pierre Clamadieu, le PDG de Solvay, à l’occasion de la présentation des résultats annuels du groupe. En terme de synergies, nous sommes en avance par rapport à nos attentes, avec déjà 20 millions d’euros d’économies de coûts réalisées depuis le closing." En combinant les technologies de Cytec avec les siennes, Solvay espère aussi innover dans les prometteurs composites thermo-plastiques ou de nouvelles formulations, notamment pour l’activité minière.

Trop tôt pour citer des activités

Pour ce groupe qui ambitionne d’abandonner progressivement la chimie de base, moins rentable face à la concurrence asiatique, moyen-orientale et américaine, faut-il s’attendre à de nouvelles cessions d’activités ? "Nous allons poursuivre l’amélioration de la qualité du portefeuille, confirme Jean-Pierre Clamadieu. En 2015, c’était avec l’acquisition de Cytec et la sortie du PVC en Europe." Pour cette année, la priorité n’est plus à la croissance externe, mais des questions se poseront pour céder éventuellement certains actifs, reconnaît-il… refusant d’en dire plus.

Solvay a récemment annoncé qu’il stoppait son activité de recyclage des terres rares, dont le tarif s’était effondré. A ses yeux, elle ne présentait plus d’intérêt économique, était confrontée à des difficultés réglementaires - difficile de déplacer les déchets d’un bout à l’autre de la planète -, et techniques. Deux sites français sont impactés par cette décision.  Mais le chimiste poursuit son activité de formulation, en achetant des terres rares non séparées en Chine, qu’il traite ensuite à La Rochelle.

Des résultats solides en 2015

Et se montre confiant pour 2016, espérant une croissance de son résultat d'exploitation, indicateur très regardé par le marché, comprise entre 5 et 10% en incluant Cytec. Après l’avoir vu progresser de 9,6% à 1,955 milliard d'euros l’an dernier, tandis que le bénéfice net passait de 156 millions d'euros en 2014 à 477 millions. Son chiffre d’affaire a grimpé de 3,6% à 10,578 milliards d'euros l’an dernier, malgré un dernier trimestre plombé par des difficultés persistantes dans les activités de pétrole et de gaz, et une petite forme dans la fourniture de technologies au secteur des smart devices, les tablettes et smartphones.

Gaëlle Fleitour

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