En 2014 les ingénieries Renault et Nissan ne feront plus qu'une

Les deux partenaires franco-japonais Renault et Nissan annonceront dans les prochaines semaines la création d’une direction commune de la R&D au niveau de l’alliance, afin de renforcer les synergies.

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En 2014 les ingénieries Renault et Nissan ne feront plus qu'une

Quinze ans après sa création, l’Alliance Renault-Nissan entrera dans une nouvelle dynamique en 2014. Les deux partenaires doivent en effet acter dans les prochaines semaines la mise en commun de plusieurs directions afin de réaliser de nouvelles économies dans leurs activités. Premiers départements concernés : la R&D et le manufacturing.

Directeur unique

Aujourd’hui pilotés en interne chez chaque constructeur, ces départements seront demain dirigés par un directeur unique au niveau de l’Alliance. Le quotidien japonais Nikkei rapporte vendredi 24 janvier que les deux dirigeants pourraient être nommés en avril. Les actuels postes de directeurs R&D et manufacturing vont-ils disparaitre ? Seront-ils directement rattachés aux nouveaux directeurs Alliance ? Rien n’a filtré pour le moment sur le détail de cette nouvelle organisation, mais en interne, chez Renault, les bruits se sont multipliés ces dernières semaines.

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Fabrication commune

Ces nominations traduisent dans l’organigramme de l’entreprise un rapprochement déjà effectif dans les usines depuis l’année dernière. Pour la première fois depuis la création de l’Alliance en 1999, des modèles Nissan comme Renault ont été fabriqués sur les mêmes lignes. En Corée du Sud, Samsung, propriété du groupe Renault, produit dans son usine de Busan des modèles Renault (Koleos et Fluence entre autres) et Nissan (Sunny, Almera). Ce site fabriquera aussi cette année le Nissan Rogue, à destination des Etats-Unis, grâce à des mesures d’économie mises en place l’an dernier.

Un mouvement qui touche aussi la France. L’usine de Flins (Yvelines) fabriquera dès 2016 quelque 80 000 exemplaires de la Micra, une tendance qui est appelée à se diffuser largement au sein de l’Alliance. A terme, le site de Douai (Nord) pourrait produire le Nissan Qashqai. La mise en production de véhicules avec la nouvelle plateforme modulaire CMF, sur lequel justement est bâti le Qashqai, est aussi à l’origine de ces bouleversements. Le but : économiser plusieurs milliards d’euros. Le quotidien Nikkei évoque 2,8 milliards d’euros d’économies.

R&D et manufacturing

Aujourd’hui, les principales synergies de l’Alliance se trouvent dans les achats, via la coentreprise RNPO, le partage de moteurs et de boîtes de vitesse ainsi que de nombreux composants. En 2012, l’Alliance a ici réalisé 2,69 milliards d’euros d’économies. L’utilisation de la plateforme CMF doit permettre selon Nissan et Renault une baisse de 30 à 40% du coût d’un véhicule et de nouveaux gains sur les achats de composants.

Si la R&D et le manufacturing sont les premières directions concernées, les ventes ou le marketing seront aussi mis en commun dans les mois qui viennent. Carlos Ghosn a par exemple déjà demandé aux deux constructeurs d’unifier leur outil et fournisseur informatiques.

Sous l’impulsion de Carlos Ghosn

C’est en effet le président des deux groupes et de l’Alliance qui est à l’origine de cette réorganisation. Carlos Ghosn a lancé le mouvement il y a environ six mois, avec pour objectif d’annoncer son projet au printemps, au moment où il briguera un nouveau mandat à la tête de Renault. Vendredi 31 janvier se tiendra la convention annuelle des directeurs de l’Alliance, où les premières annonces pourraient être faites. "On s’attend à des choses percutantes", évoque une source en interne. Les syndicats de Renault devraient eux être informés de la création d’une direction unique pour le manufacturing dès le CCE qui se tiendra jeudi 30 janvier. Carlos Ghosn doit également faire un point sur sa stratégie lors de la présentation des résultats annuels du Groupe Renault, le 13 février.

Mieux anticiper la charge des usines

La création de la direction manufacturing modifiera la manière dont Nissan et Renault conçoivent leurs plans produits. Dès les premières phases de réflexion sur un nouveau modèle, les deux constructeurs seront autour de la même table, alors qu’aujourd’hui chaque marque travaille de son côté, pour décider bien plus tard qui réalisera le modèle.

Avec la nouvelle configuration, le constructeur qui fabriquera le nouveau modèle sera rapidement désigné, comme les sites qui le produiront. "La réflexion sur l’affectation du véhicule se fera plus en amont, la charge des usines se verra plus tôt et il donc sera plus facile d’équilibrer la charge entre les différents sites du groupe", se félicite un représentant syndical.

Réorganisation interne

En attendant, les ingénieurs du constructeur français se posent beaucoup de questions sur cette future organisation, car depuis plusieurs mois, Renault bouleverse déjà la manière dont fonctionne son ingénierie. "Le Technocentre bouillonne", raconte un représentant syndical. Depuis le printemps dernier, Jean-Michel Billig, directeur Engineering, qualité et informatique du Groupe Renault, mène une refonte de l’ingénierie. Trois grandes divisions ont été créées et la direction souhaite recentrer les ingénieurs Renault sur des cœurs de métiers, tout en externalisant une partie des tâches accomplies jusqu’à présent en interne.

Les représentants syndicaux craignent la juxtaposition de deux processus de réorganisation. "Ce sera plus compliqué que pour le manufacturing, explique un syndicaliste. Renault et Nissan ont des centres de R&D décentralisés en Inde, en Chine… Comment créer le liant entre les équipes ? De plus, si l'on attribue un programme de recherche à un constructeur, par exemple le développement d’un moteur, les équipes de l’autre n’auront plus rien à faire. Jusqu’à présent, les équipes des deux côtés pouvaient travailler sur les mêmes sujets, cela aura forcément des conséquences sur le nombre de salariés". Fin 2012, Renault comptait plus de 17 000 ingénieurs.

Pauline Ducamp

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