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En 2013, un Stéphane Richard décomplexé défend la stratégie d’Orange

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Plus mauvaise performance du CAC 40 en 2012. Voilà un titre dont Orange se serait bien passé et qui a piqué au vif le patron de l’opérateur. A l’occasion de ses vœux à la presse, Stéphane Richard a affirmé sa stratégie sans détours ni complexes.

En 2013, un Stéphane Richard décomplexé défend la stratégie d’Orange © D.R.

Une certaine décontraction, un langage décomplexé, des réponses sans tabou. C’est un Stéphane Richard 2013 en contraste évident avec la version 2012 qui a présenté ses vœux à la presse. Piqué au vif par un cours de son action, qualifiée de plus mauvaise performance 2012 du CAC 40 (-31%), il a tenu à mettre les points sur quelques i et à éclaircir sans détours certains éléments de sa stratégie. Une séance d’entrainement avant la tournée des investisseurs et analystes financiers que le PDG d’Orange s’apprête à entamer avec son directeur général, délégué en charge des finances, Gervais Pelissier. Histoire de clarifier la situation auprès de ceux qui font la valeur de l’action. "Je suis vraiment préoccupé par la performance du titre", a avoué le PDG d’Orange, avant d’ajouter qu’il consultait très souvent le cours de son action.

Une réconciliation avec Google

Terminés, par exemple, les éternels et larmoyants discours à propos des géants américains du Net qui occupent le réseau avec leurs encombrants contenus sans payer un denier de l’infrastructure. Un changement d’attitude sans doute fort à propos, après la négociation récente entre Orange et Google justement. Les deux auraient conclu un accord dont on ne connait pas les termes, mais au travers duquel le Californien rémunèrerait l’opérateur pour le passage de ses contenus (a priori, aucun autre opérateur français n’est dans le même cas mais Deutsche Telekom a fait de même.)

"Aujourd’hui, il y a des flux financiers entre Google et Orange, a laconiquement lâché Stéphane Richard. Mais je suis plus attentif à l’équité de la concurrence sur Internet qu’à la monétisation des flux de data. Et je suis davantage choqué par le fait que Google ne paie pas ses impôts en France." Ajoutant même : "Il faut être honnête et lucide. Google a créé des services populaires dont les gens ne peuvent plus se passer, et qui ont permis aux opérateurs de vendre des accès…" Discours sans doute opportuniste, mais qui laisse penser qu’Orange préfère désormais aller de l’avant que se plaindre sans agir.

Le PDG d’Orange se dit ainsi en accord sur le fond avec la demande de Free d’une rémunération de ses réseaux par Google. Mais en désaccord sur la forme, évoquant la coupure pub imposée par l’opérateur de Xavier Niel le 3 janvier dernier. Il se pose ainsi en défenseur de l’écosystème numérique qui vit de la publicité : "si vous tirez une balle sur l’éléphant Google et que vous tuez tous les petits animaux autour, ce n’est pas une bonne réponse."

Une itinérance Free totalement assumée

A propos de Free aussi Stéphane Richard l’a joué décomplexé. En commençant par appeler son concurrent tout aussi souvent par son nom que par le qualificatif de "quatrième opérateur mobile" comme c’était souvent le cas l’an dernier. Pour lui, l’arrivée de Free Mobile reste bel et bien pour 2012 la plus grosse rupture en matière de "déstabilisation du modèle économique du groupe et un défi assez redoutable." Même si l’opérateur historique a perdu des abonnés mobiles l’an dernier, il en a cependant gagné d’autres, arrivant finalement à un nombre stable de clients fin 2012.

Intransigeant vis-à-vis du nouvel entrant, il le reste aussi en expliquant que tout le monde verrait mal une certaine mansuétude vis-à-vis d’un éventuel non-respect du déploiement du réseau de Free. Pour autant, Stéphane Richard assume complètement son accord d’itinérance avec le petit nouveau, accord souvent controversé. "Nous ne sommes pas assez idiots pour leur avoir fait un cadeau. […] Nous n’avons pas bradé notre réseau. On aurait pu laisser SFR faire l’itinérance, mais j’ai décidé qu’il valait mieux que ce soit nous qui ayons ces revenus ! […] Et oui, nous nous en mettons plein les poches !", a affirmé le PDG d’Orange, décidément très décomplexé. "Nous sommes une entreprise commerciale qui prend des décisions d’abord dans l’intérêt de ses actionnaires. Nous ne sommes pas la direction générale des télécommunications."

Une posture d’opérateur au-dessus de la mêlée

C’est peut-être finalement une posture d’opérateur au-dessus de la mêlée, aux ambitions internationales, qu’a décidé d’adopter Orange. Stéphane Richard n’a ainsi pas manqué d’évoquer sa nouvelle stratégie d’innovation. "Cela restait une machine lourde héritée du service public, raconte-t-il. Depuis un an, j’ai fait en sorte de rapprocher ceux qui font et ceux qui vendent cette innovation." Le PDG a annoncé la reconduction chaque année de l’événement du 21 novembre dernier. L’innovation fait partie des priorités 2013 de l’opérateur qui présentera sa nouvelle box le 7 février prochain, bien après ses concurrents. Mais ce n’est pas la seule: il veut aussi accélérer dans le très haut débit fixe et mobile, faire remonter son cours de bourse, et renforcer son marché hors des frontières (avec un accent particulier sur la Pologne, l’Espagne mais aussi l’Afrique et le Moyen-Orient.)

Le patron d’Orange a également évoqué un possible investissement dans ASN (Alcatel-Lucent submarine networks). "Nous sommes le principal client européen d’Alcatel-Lucent. Et nous avons été responsables, solidaires en signant avec eux récemment un contrat en Côte d’Ivoire. Il y a un aspect dont on discute avec eux depuis longtemps, et c’est leur filiale ASN. Nous avons une flotte de quatre navires câbliers et nous sommes régulièrement en concurrence avec eux. Nous regardions déjà comment mieux opérer avec eux. Depuis [l’annonce du gage possible de cet actif], nous avons formalisé notre intérêt de principe. Ce n’est pas allé plus loin. Parce que d’autres s’y intéressent, et que nous, nous pouvons vivre sans ASN."

Interrogé sur le risque de voir partir les 29000 brevets d’Alcatel-Lucent dans le giron de deux banques américaines, le patron d’Orange a préféré confier sa grande inquiétude face à la difficulté de comprendre la stratégie industrielle de l’équipementier français. Stéphane Richard a aussi évoqué clairement son attitude dans le dossier Maroc Télécoms dont Vivendi cherche à se désengager : "Je ne vois pas pourquoi on devrait s’interdire de regarder si c’est une opportunité." Et d’ajouter, en version Stéphane Richard 2013 : "Et merde à ceux que ça dérange !" Orange a changé, qu’on se le dise…

Emmanuelle Delsol

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1 commentaire

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15/01/2013 - 21h32 -

Eh bien Stéphane, 2013 année du réveil de l'ours?? C'est bien. Maintenant, ça suffit, y'en a qui conçoivent et qui payent, d'autres qui profitent; et bien STOP!
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