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EMTEC CONSUMER PRODUCTION PLOMBÉ PAR SA MAISON MÈRE

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Electronique. L'usine alsacienne de cassettes audio-vidéo doit faire face à un marché en déclin et aux déboires de son actionnaire allemand.

Le dernier fabricant européen de cassettes audio et vidéo va-t-il survivre ? Le doute est permis. Le 5 mai, Emtec Consumer Production, basé à Obenheim (Bas-Rhin), a dû déposer le bilan. « Nous ne pouvions plus attendre. Il fallait réagir », explique son P-DG, Jacques Brua. Placée en redressement judiciaire, la filiale française du spécialiste allemand de l'audio-vidéo Emtec n'a que trois mois de période d'observation pour trouver une solution. « Ce n'est qu'une durée indicative que l'on devrait pouvoir prolonger », espère Claude Maxime Weil, l'un des deux administrateurs en charge du dossier.

Pas très rassurant, toutefois, pour les salariés. Selon une source CFDT, la moitié de l'effectif (260 salariés) va être supprimée dans les prochaines semaines. « Ce n'est qu'un ordre de grandeur », souligne Jacques Brua. Un « ordre de grandeur » qui pourrait être revu à la hausse. D'après un bon connaisseur du dossier, « l'effectif souhaitable se situe entre 90 et 100 employés ».

Les déboires de cette usine, qui a changé trois fois de propriétaire depuis 1997 (BASF, le coréen Koahap, un fonds d'investissement anglais et les dirigeants allemands du groupe) remontent à l'année dernière. En 2002, 80 millions de cassettes ont été produites alors que le site peut en fabriquer près de 140 millions. Le chiffre d'affaires annuel a alors chuté de plus de 10 %, à 20 millions d'euros. Un mauvais résultat qui promet de s'aggraver cette année. « Les commandes pour 2003 ont encore diminué de 50 % par rapport à 2002 », explique Jacques Brua. Les dettes, elles, se sont creusées et atteignent près de 3 millions d'euros, répartis entre l'Urssaf, les Assedic et les fournisseurs, selon un syndicaliste.

Problèmes conjoncturels et structurels

Comment expliquer un tel délabrement de l'activité ? D'abord par la faiblesse du marché. Concurrencées par les médias numériques (CD et DVD), les cassettes audio et vidéo traditionnelles se vendent moins bien chaque année. En 2002, d'après le CNC, les ventes en France de DVD ont explosé de 92 % en volume alors que celles de cassettes VHS ont reculé de plus de 10 %. Cette érosion est toutefois connue des dirigeants de l'usine d'Obenheim. « Nous avons intégré dans nos budgets une baisse de 10 à 15 % de la demande », souligne Jacques Brua.

En fait, plus encore que d'un marché en fin de vie, Emtec Consumer Production souffre des difficultés de sa maison mère qui peine à écouler la production. « Le groupe nous fait tomber », estime une source syndicale. Fournisseur et client exclusif d'Emtec, le site alsacien ne peut que subir les déboires de son donneur d'ordres. En août, le groupe allemand a dû négocier avec ses fournisseurs qu'il n'arrivait plus à payer. Quatre mois plus tard, un plan de restructuration avec 600 suppressions de postes a été lancé. Et en janvier dernier, la branche Emtec Magnetics, qui possède deux usines en Allemagne, s'est retrouvée sous administration judiciaire. Or, c'est justement cette filiale qui fournissait en bandes magnétiques le site d'Obenheim. « Ils produisent quand ils ont les matières premières. Nous ne recevons plus les bandes qu'au compte-gouttes », explique Jacques Brua. Sous la menace d'une rupture de stocks, l'usine alsacienne s'est donc tournée vers d'autres fournisseurs. Mais ces derniers, inquiets des difficultés du groupe, ont d'abord refusé de la livrer. De source syndicale, une solution aurait été trouvée avec un fabricant japonais.

Aujourd'hui, le site français doit aussi trouver de nouveaux clients. « Nous avons des contacts avec des concurrents du groupe », souligne Jacques Brua. Mais pour convaincre une société telle Sony de lui acheter ses cassettes, l'usine doit se transformer en société quasi-indépendante avec un service achats, ventes, etc. Une mutation qui laisse d'autant plus sceptique que toute embauche est impossible. Seule solution : former, en interne, des employés. Six d'entre eux vont ainsi se charger prochainement de l'administration des ventes. Cette solution n'est pas rejetée par l'administrateur. « Cela permettrait de vieillir tranquillement sur un marché où aucun nouveau venu ne va s'installer », explique Claude- Maxime Weil. « S'il n'en reste qu'un, ce sera nous », espère Jacques Brua.

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