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Emplois, temps de travail, investissements… Le point sur l’accord social en vue chez Renault

Julie Thoin-Bousquié , , ,

Publié le

Syndicats et direction se sont réunis une dernière fois mardi 15 décembre pour échanger sur le futur accord d'entreprise. A la clef, 3 600 embauches et une flexibilité accrue. 

Emplois, temps de travail, investissements… Le point sur l’accord social en vue chez Renault
L'accord prévoit une flexibilité accrue mais doit encore être signé par les syndicats.
© Jacky Naegelen / Reuters

Dernier round de négociations chez Renault. Les syndicats et la direction de la marque au losange se sont réunis en principe pour la neuvième et dernière fois mardi 13 décembre pour échanger sur le futur accord de compétitivité couvrant la période 2017-2019.

Pour le groupe, ces discussions interviennent dans un contexte radicalement différent de celles du précédent accord. En 2013, les syndicats avaient consenti à une augmentation du temps de travail et un gel des salaires en contrepartie du maintien de l’ensemble des sites en France et de l’augmentation de leur taux de charge. Trois ans plus tard, les résultats sont là. Aucun site n’a fermé, le taux de charge moyen des usines est passé de 55 à 73%. L’objectif de 710 00 véhicules produits en France sera quant à lui dépassé cette année.

Pas de fermeture de sites sur la période

Ce nouvel accord vise donc désormais, non pas à sauver l’avenir du groupe dans l’Hexagone, mais à pérenniser les changements qui ont eu lieu dans le paysage industriel français de Renault. "Nous ne sommes pas dans un accord de même nature qu'en 2013, où l'on essayait d'abord d'apporter des solutions au problème du chômage partiel", confirme Mariette Rih, négociatrice pour Force ouvrière, à Reuters.

"Cette fois, il s'agit de répondre à une nouvelle donne, avec des usines à l'activité très chargée", estime la représentante FO. A l’image de 2013, la direction s’est toutefois engagée à ne pas fermer de site sur la période 2017-2019. Elle a également inscrit dans l’accord l’industrialisation d’une nouvelle boîte de vitesses automatique sur le site STA de Ruitz, dans le Pas-de-Calais, à partir de l’année prochaine. Une affectation qui a fait l’objet de négociations en dehors de l’accord de compétitivité.

3 600 embauches d’ici 2019

Sur le plan de l’emploi, la direction s’est finalement engagée à recruter 3 600 personnes en CDI d'ici 2019, contre 3 000 initialement. Une concession qui ne convainc qu’à moitié la CGT. "Selon nos calculs, 4 500 personnes auront quitté l’entreprise sur la période, ce qui donne en bout de course 1 000 postes non-remplacés", déplore Fabien Gâche, délégué central CGT à Renault. Dans le même temps, la direction du groupe s’est engagée à réduire de moitié le nombre d’intérimaires sur les sites, soit 4 500 emplois en moins, d’ici l’expiration de l’accord.

En parallèle, Renault espère maintenir "pour toute la durée de l’accord (…) un volume annuel moyen de véhicules au moins égal à celui de 2016". Toujours sur le plan de l’activité, le constructeur doit également augmenter de 45% la performance de ses usines d’ici 2019, avec un objectif de 90 véhicules par personne et par an sur la période, contre une moyenne de 62 à l’heure actuelle. Pour répondre à ces ambitions, le groupe a l’intention d’investir 500 millions d’euros destinés à la modernisation des sites, et 220 millions dans la formation.

Des concessions en matière de flexibilité

Le groupe mise enfin sur la flexibilité de l’organisation du travail pour réaliser ses objectifs. Un sujet qui a cristallisé le mécontentement de plusieurs syndicats. La direction a finalement réduit ses exigences en la matière au cours des négociations. Elle avait dans un premier temps proposé une évolution du dispositif d’aménagement du temps de travail via la mise en place d’une modulation annuelle. Celle-ci consistait à créer une "période de haute activité" plafonnée à six mois, qui permettait d’allonger la durée de travail jusqu’à 1h30 ou de travailler un samedi.

Un système de modulation finalement abandonné, tout comme la possibilité de travailler le samedi qui devrait rester basée sur le volontariat. La direction avait également abaissé les débordements à 1h15. Un dépassement toujours jugé inacceptable par les syndicats, qui ont obtenu gain de cause mardi. Dans sa dernière version, l’accord prévoit un débord limité à une seule heure, avec un maximum de huit séances maximum par personne et par mois.

Reste désormais pour Renault à obtenir la signature dès l’année prochaine de trois des quatre syndicats majoritaires chez Renault – CFE-CGC, CGT, CFDT et FO. Lors du précédent accord, la CGT s’était opposée, les trois autres organisations ayant voté pour. 

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