EMPLOICIE: LES INDUSTRIELS GARDENT LES PIEDS SUR TERREAccueil poli dans les entreprises pour la première mesure anti-chômage d'Alain Juppé.

Partager

EMPLOI

CIE: LES INDUSTRIELS GARDENT LES PIEDS SUR TERRE

Accueil poli dans les entreprises pour la première mesure anti-chômage d'Alain Juppé.



Le CIE? Les industriels n'ont rien contre. Seulement à une condition qu'il corresponde à un vrai besoin dans l'entreprise. "On ne recrute pas en fonction de la formule, mais du besoin. Cela dit, si on peut concilier les deux, on ne s'en privera pas", résume Patrick Pierron, le directeur des ressources humaines de SME (Société mosellane de mécanique). Une opinion qui reflète bien l'état d'esprit général des entreprises face au futur Contrat initiative emploi, qui, de promesse électorale, est passé au stade de projet gouvernemental. Ce contrat, qui prévoit une exonération totale des charges sociales patronales et une prime mensuelle de 2000francs pendant deux ans pour toute embauche d'un chômeur de longue durée, devrait d'ailleurs faire l'objet de "contrôle sur le terrain de la part des comités départementaux pour l'emploi", a précisé le 28mai Alain Juppé. Le Premier ministre entend concerner 100000chômeurs de longue durée avec son CIE et contribuer à l'objectif qu'il s'est fixé: créer un million d'emplois en trois ans. Mais au moment où le gouvernement va soumettre au Parlement le projet de loi instituant le CIE, les chefs d'entreprise y voient plus une mesure de lutte contre l'exclusion qu'une véritable aide à la création d'emploi. Chez Citroèn, qui projette de recruter quelque 1000personnes d'ici à la fin de l'année en région parisienne, l'instauration du CIE n'aura qu'une "incidence très marginale" sur les volumes d'embauches, selon Jean-Pierre Gouteyron, le directeur des relations sociales. Pour la bonne raison "qu'on ne recrutera pas quelqu'un qui n'a pas le profil ad hoc sous le prétexte qu'on bénéficiera d'une prime de 2000francs", précise-t-il. Idem chez Pechiney Electrométallurgie: "L'entreprise cherche à embaucher des compétences avant tout. On ne va pas prendre un quota de chômeurs de longue durée sans savoir ce qu'on va en faire", indique Renaud de Villelongue, le directeur des relations humaines. En multipliant les aides à l'embauche, le gouvernement prend le risque de brouiller les pistes de l'emploi dans l'esprit des recruteurs. Déjà, les chefs d'entreprise y perdent leur latin entre deux dispositifs quasi semblables: le Contrat de retour à l'emploi (CRE) de Martine Aubry et le CIE. "L'un des problèmes de l'emploi vient du fait que les initiatives, aussi bonnes soient-elles, restent désordonnées. Le guichet unique, dont a parlé Alain Juppé, serait un grand pas. Il permettrait à l'entreprise de trouver le bon profil tout en permettant l'embauche de certaines catégories de demandeurs d'emploi", estime Roger Dutoit, ancien président de l'Anei (Agence nationale des entreprises pour l'insertion) et aujourd'hui directeur de Darty Rhône-Alpes. Sophie Peters van Deinse







USINE NOUVELLE N°2505

Partager

LES ÉVÉNEMENTS L'USINE NOUVELLE

LES SERVICES DE L'USINE NOUVELLE

ARTICLES LES PLUS LUS