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Emploi : les entreprises vont devoir mouiller la chemise

Cécile Maillard , , ,

Publié le

Les branches devront faire connaître leurs besoins en recrutements région par région, les entreprises sont priées de signer plus de contrats de génération et d’accueillir plus d’apprentis.

Emploi : les entreprises vont devoir mouiller la chemise © Olivier Clément

La "mobilisation générale immédiate pour l’emploi" décrétée par le gouvernement à l’issue de la conférence sociale, vendredi 21 juin, n’a pas vraiment convaincu les partenaires sociaux. La CFE-CGC s’est dite "déçue" par des annonces manquant d’envergure, la CGT a parlé de "plan de communication" et la CFDT de "manque d’élan". Seul le Medef s’est abstenu de critiquer les annonces sur l’emploi, gardant ses réserves les plus virulentes pour la future réforme des retraites.

Laurence Parisot s’est même réjouie que le gouvernement s’attaque enfin aux "emplois non pourvus", ces postes que les entreprises proposent et qui ne trouvent pas preneur. Selon une récente enquête du Medef, au premier trimestre 2013, 136 000 recrutements ont été abandonnés, dont 58 000 pour des difficultés de recrutement. François Hollande, dans son discours d’ouverture de la conférence sociale, a évoqué un chiffre de 200 000 à 300 000, mais en réalité, a confirmé Michel Sapin, ministre du Travail, personne ne possède cette donnée difficile à évaluer.

Des formations pour répondre aux offres d’emploi

Dès le 2 juillet, lors d’une rencontre avec les préfets de région, Michel Sapin, leur demandera de coordonner un recensement, sur leur territoire, de ces "opportunités d’emploi", secteur par secteur, métier par métier. Les branches seront donc appelées à faire connaître leurs besoins, région par région, très rapidement. Besoins urgents, mais aussi besoins pour les métiers repérés comme étant des métiers d’avenir par la table ronde qui leur était consacrée.

Objectif : que les réunions Etat, régions, partenaires sociaux, Pôle emploi, organismes de formation, qui seront organisées en juillet, débouchent dès septembre sur des propositions très concrètes de formation aux demandeurs d’emploi. 30 000 entrées en formation supplémentaires sont attendues entre octobre et décembre 2013, qui seront décidées au niveau des régions, en fonction des priorités régionales. Elles pourront être longues et qualifiantes. "Il s’agira parfois juste d’accroître le nombre de chômeurs bénéficiant de dispositifs déjà en place, donc cela peut aller vite", commente un proche du ministre du Travail.

Sont principalement concernés les métiers du BTP et de l’hôtellerie, mais aussi l’artisanat et l’industrie, puisque la métallurgie, notamment, peine à trouver les personnes qualifiées qu’elle recherche.

L’Etat, tout comme les partenaires sociaux par le biais du Fonds paritaire de sécurisation des parcours professionnels (FPSPP), ont accepté de participer financièrement à ces nouvelles formations, et la représentante des régions de France s’y est également montrée favorable. Reste à savoir si les 30 000 seront atteints, et surtout si la démarche sera pérennisée et permettra environ 100 000 formations de chômeurs supplémentaires en 2014... Côté patronal, on aimerait que la démarche soit contractualisée : "et si le demandeur d’emploi, à l’issue de sa formation, refuse le poste, on fait quoi ?", s’interrogeait dans les couloirs du palais d’Iéna un responsable de la métallurgie.

Les syndicats, eux, trouvent les volumes trop faibles, pas à la hauteur de l’enjeu. "Il suffisait de mobiliser les dispositifs existants, on n’avait pas besoin d’une conférence sociale pour ça", critique par exemple Marie-Françoise Leflon, de la CFE-CGC.

Toujours dans cette optique de fluidifier le marché du travail, Pôle emploi est appelé à développer ses outils numériques pour assurer une meilleure transparence du marché du travail, certaines offres d’emploi souffrant de ne pas être visibles. L’organisme sera aussi appelé à aider plus efficacement les recrutements des TPE/PME. Dans l’entourage de Michel Sapin, on précise que certaines offres d’emploi restent non pourvues pour d’autres raisons que le manque de personnes qualifiées, comme de mauvaises méthodes de recrutement des petites entreprises. Enfin, un demandeur d’emploi devant changer de région sera aidé financièrement.

Mobiliser les employeurs sur les contrats de génération

Deux autres pistes ont été évoquées par le gouvernement pour tenter d’inverser la courbe du chômage d’ici fin 2013 – si, si, l’objectif est maintenu ! Un recours renforcé aux contrats aidés, tout d’abord. Michel Sapin, dans une interview au Parisien, parle d’un objectif de 540 000 contrats aidés fin 2013.

Là aussi il est fait appel aux entreprises. Les contrats de génération ont bien démarré dans les petites entreprises, celles qui reçoivent une aide de 4 000 euros par an pour le recrutement d’un jeune et le maintien d’un senior. Il s’en signe 1 000 par semaine a indiqué le gouvernement. En revanche, ils patinent complètement dans celles de 50 à 300 salariés, où le sujet doit faire l’objet d’une négociation. Le gouvernement, comme les syndicats, en ont appelé à "la responsabilité patronale" pour que le dispositif soit plus utilisé.

Dans les couloirs de la conférence sociale, les représentants du patronat soulignaient surtout que seule la croissance et une action sur la compétitivité permettraient de relancer l’emploi… "Mais nous sommes OK pour booster les contrats de génération, parce qu’il faut tout faire pour se mobiliser", commentait Benoît Roger-Vasselin.

Face à la critique d’utiliser les contrats aidés, donc l’argent public,  Michel Sapin répond, dans Le Parisien, que "personne ne pense qu’on ne résoudra le chômage à long terme qu’avec des emplois aidés, mais pendant que la croissance est en panne, on fait quoi ?" Bref, ce sont des dispositifs d’urgence, qui ne remplacent pas des réformes structurelles reportées à plus tard.

Atteindre 500 000 apprentis dans trois ans

Enfin, troisième piste pour l’emploi, le gouvernement annonce pour septembre  une concertation avec les partenaires sociaux sur l’apprentissage, en vue d’une loi sur le sujet avant fin 2013. Objectif fixé par François Hollande : passer de 435 000 apprentis actuellement à 500 000 d’ici 3 ans. L’idée de proposer aux employeurs de pouvoir intervenir dans le contenu de la formation des apprentis, en échange de leur engagement à embaucher l’apprenti à l’issue de son contrat, sera examinée.

La CGT s’oppose farouchement à cette liberté donnée aux employeurs : "il faut maintenir les diplômes ou certifications reconnus à un niveau national, pour que le salarié puisse changer d’employeur", commentait une représentante de la centrale de Montreuil à la sortie de la table ronde consacrée à la formation. Côté Medef, on y est favorable, "à condition que cela n’ajoute pas de nouvelles charges", réagit Benoît Roger-Vasselin.

Ces trois pistes évoquées par le gouvernement devraient avoir des conséquences sur les statistiques du chômage cet automne. Une façon d’atteindre l’objectif d’inversion de la courbe du chômage d’ici la fin de l’année, maintenu malgré les prévisions inverses de l’INSEE.

Cécile Maillard

Feuille de route sociale issue de la grande conférence sociale pour l'emploi by L'Usine Nouvelle

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